Var. : éloignée
Saint Benoît a écouté cette voix à Rome, parmi la jeunesse licencieuse. Aussitôt qu'il l'ut arrivé à cet âge ardent où je ne sais CfBoi commence à ^e remuer clans le cœur, que la contagion des mauvais exemples et sa propre inquiétude fp. 5] précipite, à toute sorte d'excès, aussitôt il se sentit obligé à prêter l'oreille attentive à celui qui lui disait : « Egredere : Sors. »
J'aurais besoin d'emprunter ici les couleurs de la poésie, pour vous représenter vivement cette affreuse solitude, ce désert horrible et effroyable dans lequel il se retira. Un silence affreux et terrible, qui n'était interrompu que par les cris des bêtes sauvages ; et comme si ce désert épouvantable n'eût pas été suffisant pour sa retraite, au milieu de ces vallons inhabités et de ces roches escarpées, il se choisit encore un trou profond, dont les bêtes mêmes n'auraient pu qu'à peine faire leur tanière. C'est là que se cache ce saint jeune homme, ou plutôt c'est là qu'il s'enterre tout vivant, pour y faire mourir tous les sens, jusqu'aux affections les plus naturelles.
Sa vie. T.e religieux Romain le nourrit du reste de son jeûne (Voy. sermon de saint BenoU^). Ha! dans les superfluités et dans Fabondance, nous ne trouvons rien pour les pauvres ; et celui-ci, dans sa pauvreté, après que la pénitence avait soigneusement retranché tout ce qu'elle pouvait, ne laisse pas de trouver encore de quoi nourrir saint Benoît ; et tous deux vivent ensemble, non tant d'un même repas que d'un même jeûne.
C'est, mes Pères, dans cette retraite et parmi ces austérités qu'il méditait ces belles règles de sobriété qu'il vous a données : 1" d'ôter à la nature tout le superflu ; 2° pour l'empêcher de prendre du goût en prenant le nécessaire, rappeler l'esprit au dedans par la lecture et [la] méditation : Ut non fam cœnam cœnent, qiuim disciplinum " -, 3° d'être sans inquiétude à l'égard de ce nécessaire ; ne donner pas cet appui aux sens, que l'aliment nécessaire leur est assuré par^ aucune^ prévoyance humaine ; abandon à la Providence, [ne] pas
1. Ce premier panégyrique de :5. Préposition omise dans^ les édisaint Benoît est perdu. tions.