V;ir. : ordures. le seul exemple qui se rencontre
'2. Vrir. : équ'té. dans lci3 sermons de Bossuci. a. C t alinéa se compose d'un syl- 4. Var. : nous soni.
logisme en forme ; c'est peut-être
Premier Poiutv
[P. 1] Lu vérité est une reine qui habite en elle-même et dans sa propre lumière, laquelle par conséquent est elle-même son trône, elle-même sa grandeur, elle-même sa félicité. Toutefois, pour le bien des hommes, elle a voulu régner ^, et Jésus-Christ est venu au monde pour établir cet empire par la foi qu'il nous a prêchée. J'ai promis. Messieurs, de vous faire voir que la vérité de cette foi s'est établie en souveraine, et en souveraine toute-puissante ; et la marque assurée que je vous en donne, c'est que, sans se croire obligée d'alléguer aucune raison, et sans être jamais réduite à emprunter aucun secours, par sa propre autorité, par sa propre force elle a fait ce qu'elle a voulu et a régné dans le monde. C'est agir, si je ne me trompe pas, assez souverainement : mais il faut appuyer ce que j 'avance.
[P. 2] J'ai dit que la vérité chrétienne n'a point cherché son appui dans les raisonnements humains ; mais qu'assurée d'elle-même, de son autorité suprême et de son origine céleste", elle a dit, et a voulu être crue ; elle a prononcé ses oracles, et a exigé la sujétion.
Elle a prêché une Trinité, mystère inaccessible par sa hauteur ; elle a annoncé un Dieu-Homme, un Dieu anéanti jusques à la croix, abîme impénétrable par sa bassesse. Comment a-t-elle prouvé ? Elle a dit pour toute raison qu'il faut que la raison lui cède^, ot ' qu'elle est née sa [p. 3J sujette. Voici quel est son langage : « Hsec dicit Dominus : Le Seigneur a dit. » Et en un autre endroit : Il est ainsi, « parce que j'en ai dit la parole: Quia verhum ego lociitus smn, dicit Domimts^ .» Et en effet, Chrétiens, que peut ici opposer la raison humaine ? Dieu a le moyen de se faire entendre "^ ; il a aussi le droit de se faire croire. Il peut par sa lumière
1. Edit. : régner «i/r eu.r. — Deux inaius ; » il ue s'ensuit nullement mots effacés au manuscrit. qu'on ne puisse la prouver, puisque
2. Var. : de son autorité et de son c'est à quoi l'auteur travaille iuiorigine suprême, — céleste. même dans ce beait discours.
3. Ne nous méprenons pas sur la 4. Var. : parce, pensée de Bossuet : il prétend que ô. Jerem. , xxxiv, 5.
la religion chrétienne n'est point 6. Se faire enttndre: il s'agit de
\( fondée sur les raisonnements hu- l'intelligence, non des oreilles.
DIVINITÉ UE JtSLii-CHRIST. 657
Infinie nous uiontici-, ijuand il lui plaira, la sénLù à découvert ; il peut par son autorité souveraine nou>* obliger à nous y soumettre, sans nous en donner l'iiitelligence. Et il est digne de la grandeur, de la dignité^, de la majesté de ce premier Être, de régner sur tous les esprits, soit en les captivant par la foi, soit en les contentant par la claire vue.
Jésus-Christ a usé de ce droit' dans l'établissement de son Évangile ; et connue sa sainte doctrine ne s'est point fondée sur les raisonnements humains, pour ne point dégénérer d'elle-même, elle a aussi dédaigné le soutien ^ de l'éloquence. Il est vrai que les saints apôtres, qui ont été ses prédicateurs, ont abattu aux pieds de Jésus la majesté des faisceaux romains, et qu'ils ont fait trembler dans leurs tribunaux les juges devant lesquels ils étaient cités : Tremcfactns '^ Félix rcspondit : Qnod nunc attinct, vadc ; tcmiporc niitcm opportuno accersam te ^ : ce n'est plus l'accusé qui demande du délai à son juge, c'est le juge effrayé Cjui en demande à son criminel. Ainsi les saints apôtres ont renversé les idoles, ils ont converti les peuples ; enfin « ayant afi'ermi, dit saint Augustin, leur salutaire doctrine, ils ont laissé à leurs successeurs la terre éclairée par une lumière céleste : Confirmota sfduhcrrima dl'^cipUna, Uhtminataii ferras [p. 4] posterifs reViqiicrunt \)) .ATais ce n'est point j)ar l'art du bien dire, par l'arrangement des paroles, par des figures artificielles qu'ils ont opéré tous ces grands effets. Tout se fait par une secrète vertu qui persuade contre les règles, ou plutôt qui ne persuade pas tant qu'elle captive les entendements ; vertu qui, venant du ciel, sait se conserver toute entière dans la bassesse de leurs expressions et dans la simplicité d'un style vulgaire^, comme on voit un fleuve rapide qui retioni,
1. Bien qu'il ait retonclié cette daction. Piinn n'empêche de TintrorEiivre à deux reprise^?, Bosquet a duire dans le texte.en temnt compte laissé ici cette négiigence,.qu'il était du raccord autographe: Ahtfi les aisé de faire disparaître (en siip- saints apôtres. — Il n"en est pas de primant diçtie.) même des compléments ajoutés en
2. Anciennes éditions : de ce droit liJfîO. Voj/. h cette date la révision royal. Mot effacé. définitive.