‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 497 sur 552 · Scorp., 11. 1. factjs · texte numérisé non relu

Scorp., 11. 1. factjs

".'. En tétc de la p;ige, un texte qui ô. A'ar. : qui eu suut le foDrlçment;

sera employé uu peu plus loin : nécessaire.

«( Mavidt quilibel improhus... » •'>. Correction de 1G68 (?j : « * qu'il

3. Var. (effacée) : Mais, pour moi, n'a fait en redressant .. » j'ai toujours pensé que c'était très 7. Var. : au milieu de.

mal raisonner que de séparer ces s. \'ar. : de cette réformatiuu du

deux grâces. genre humain. — Édit.: du cette

4. Var.: nous sera envoyé de Dieu. rétormatiou salutaire au genre hu- — Les deux derniers mots sont ef- main.

l'homme ' la prcMiiière fois. Enfin c'e^t un ouvrage si grand, qne, si Dieu ne l'avait pas l'ait, lui-même l'envierait " à son auteur.

(1*. Il] Aussi la philosophie l'a-t-elle tenté vainement. Je sais qu'elle a conservé de belles règles et iprelle a sauvé de beaux restes du débris des connaissances humaines ; mais je perdrais un temps infini si je voulais raconter toutes ses erreurs. Allons donc rendre nos hoaimages à cette équité infaillible qui nous règle dans l'Évangile. J'y cours, suivez-moi, mes Frères; et afin que ie vous Jouisse présenter l'objet d'une adoration si légitime, l)ermettez que je vous trace une idée * de la morale chrétienne.

Elle commence par le principe. Elle rapporte à Dieu, auquel elle nous lie par un amour chaste, l'homme tout entier, et dans sa racine, et dans ses branches, et dans ses fruits ; c'est-à-dire dans sa nature, dans ses facultés, dans toutes ses opérations. Car, comme elle sait que le nom de Dieu est un nom de père, elle nous demande l'amour; mais, pour s'accommoder à notre faiblesse, elle nous y jnépare par la crainte. Ayant donc ainsi résolu de nous attacher à Dieu par toutes les voies possibles, elle nous apprend que nous devons en tout temps et en toutes choses révérer son autorité, croire à sa ])arole, dépendre de sa puissance, nous confier en sa bonté, craindre sa justice, nous abandonner à sa sagesse, espérer son éternité.

Pour lui rendre le culte raisonnal.'le que nous lui de vons, elle nous apprend, Chrétiens, que nous sommes nous-mêmes ses victimes: c'est pourquoi elle nous r)bligc à dompter nos passions emportées et à mortifier nos sens, trop subtils séducteu!s de notre raison. Elle a sur ce sujet des jirécautions inouïes ^. l'^lIe va éteindre dans le fond du cœur Fétincelle qui i)eut causer un embrasement " ; elle étouffe la colère, de i)eur qu'en

I.Tar. : qui Ta formé (le genre Î5. Anciennes édit. : et comme un

liumain). tableau raccourci. — Effacé.

2. Var. : ne l'a pas fait, (7 doit l'en- 4. Var. : merveilleuses.

vier... — Ces quatre mots sont bar- 5. Yar : Elle va éteindre jusqu'au

rés. et avec rai.«on, car ils auraient fond du cœur Tétincelle de la colère,

l'U faire prendre à la lettre uncsup- qui fourrait causer un embrasement, position impossible.

s'aigrissant, elle ne se tourne en haine implacable. Elle retient jusqu'aux ^eux, par une extrême jalousie qu'elle a pour garder le cœur \ Elle n'attend pas à ôter l'épée à l'enfant après qu'il se sera donné un coup mortel; elle la lui arrache des mains dès la première piqûre ^ ; enfin elle n'oublie rien pour soumettre le corps à l'esprit, et l'esprit tout entier à Dieu; et c'est là, Messieurs, notre sacrifice.

[P. m] Nous avons à considérer sous qui nous vivons et avec qui nous vivons. Nous vivons sous l'empire de Dieu ; nous vivons en société avec les hommes. Après donc cette première obligation d'aimer Dieu comme notre souverain, plus que nous-même[s], s'ensuit le second devoir, d'aimer l'iiomme notre prochain en esprit de société, comme nous-mêmes. î,à se voit ti'ès saintement établie, sous la protection de Dieu, la charité fraternelle, toujours sacrée et inviolable, malgré les injures et les intérêts ; là l'aumône, trésor de grâces ; là le pardon des injures, qui nous ménage celui ^ de Dieu ; là enfin la miséricorde préférée au sacrifice, et la réconciliation avec son frère, nécessaire préparation pour approcher de l'autel. Là, dans une sainte distril)ution des offices de la charité, on apprend à qui on doit le respect, à qui l'obéissance, à qui le service, à qui la protection, à qui le secours, à qui la condescendance, à qui de cliaritables avertissements; et on voit qu'on doit la justice à tous, et qu'on ne doit faire injure '^ à personne non plus qu'à soi-même.

Voulez-vous que nous passions à ce que «Tésus-Christ a institué pour ordonner les familles ^ ? Il ne s'est pas contenté de conserver [p. iv] au mariage son premier honneur ; il en a fait un sacrement de la religion et un signe mystique de sa chaste et immuable union avec son

I.Var : jalousie de garJer le 4. Seus du latin !H/"?i(7, tort, pré-

cœnr. judice.

2. Vnr. : et elle tâche d'ôter l'épée .'>. T,e Discoai-f sm- V Histoire unih l'enfant, même avant qu'il se soit rrrsclle suit le mêmeo'-rlre : «Sur ce ble?sé. fondement de la chiiriré, il perfec-

3. Var. : le pardon. — Peut-être tionne tons les: états d<; la vie hutoute cotte apposition a-t-elle été inrdne. C'est par là que le niaviajre .-liontée en lfifi>^. De même plusieurs est réduit A. sa fnrme primitive... > rée-imeé ajùutts d.nns la phrase sui- (11"^ partie, ch. xix.)

vante.

Église. En cette sorte, il a consacré l'origine ^ de notre naissance. Il en a retranché la polygamie, qu'il avait permise un temps en faveur de la multiplication" de son peuple^. Il ne permet plus que l'amour s'égare dans la multitude ; il le rétablit dans son naturel, en le faisant régner sur deux cœurs unis, pour faire découler de cette union une concorde inviolable dans la famille * et entre les frères. Après avoir ramené les choses à la première institution, il a voulu désormais que la plus sainte alliance du genre humain fût aussi la plus durable et la plus ferme, et que le na?ud conjugal fût indissoluble, tant par la première force de la foi donnée que par l'obligation naturelle d'élever les enfants connnuns'\ [P. v] Ainsi il a donné au mariage une forme auguste et vénérable, qui honore la nature, qui supporte " la faiblesse, qui garde la tempérance, qui bride la sensualité. Que dirai-je des saintes lois qui rendent les enfants soumis et les parents charitables, puissants instigateurs à la vertu, aimables censeurs des vices, qui répriment la licence « sans abattre le courage : Ut non pusillo anima fiant ^ ? » Que dirai-je de ces belles institutions par lesquelles et les maîtres sont équitables, et les serviteurs affectionnés. Dieu même, tant il est bon et tant il est père s'étant chargé de les récompenser de leurs seivices ^ ? Qui a mieux établi que Jésus-Christ l'autorité des magistrats ^ et des puissances légitimes ? Il fait un devoir de religion de l'obéissance qui leur est due. Ils régnent sur les corps par la force, et tout au plus sur les cœurs par l'inclination : il leur érige un trône dans

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