‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 523 sur 552 · Var. : donc. 6. Les autres surcharges de ce · texte numérisé non relu

Var. : donc. 6. Les autres surcharges de ce

3. Var. : et, se montre amie de la passage sont de 16l5>î. On les tron- \prtii en attannant son coutrairo. vera à cette date

1. CeÉdouxc dernières lignes sont 7. En 1668 : Non seulement elle

temps présent : [p. iv] « on le coupe, » on le déracine ; afin que nous concevions l'action plus présente et plus efficace.

Nous nous trompons \ Chrétiens, si nous croyons pouvoir subsister longtemps dans cet état misérable. Il est vrai que jusques ici, la miséricorde divine a suspendu la vengeance et arrêté le dernier coup de la main de Dieu ; mais nous n'aurons pas toujours un secours semblable, comme dit notre grand prophète. Le règne de Dieu approche ; et sous le règne de Dieu si saint, si puissant, si juste, il est impossible que l'iniquité denieui'e longtemps ini[)unie-

(( Le Seigneur a résné, dit le Roi-Prophète, que la terre s'en réjouisse, que les îles les plus éloignées en triomphent d'aise : Doininiis regnavit, exultet terra, livtcntur insulœ multse'. » Voilà un règne de douceur et de paix. Mais, ô Dieu ! qu'entends-je dans un autre psaume ? « Le Seigneur a régné, dit le même Prophète, que les peuples frémissent et s'en courroucent, et que la terre en soit ébranlée jusqu'aux fondements : Dominim regnavit, irascantur populi ; qui sedct super Cheruhim, moveatur tcrra^. m Voilà ce règne terrible, ce règne de fer et de rigueur, [p. y] qu'un autre prophète décrit en ces mots : « hi manu forti, et in brachio extcnto, et in furore effuso regnaho super vos ' : Je régnerai sur vous, dit le Seigneur, en vous frap])ant d'une main puissante, et en épuisant sur vous toute ma colère.»

Dieu ne règne sur les hommes qu'en ces deux manières. Il règne sur les pécheurs convertis, parce qu'ils se soimiettent à lui volontairement ; il règne sur les pécheurs condamnés, parce qu'il se les assujettit malgré eux. Là est un règne de i)aix et de urâce, ici un rèçïne de rigueur et de jiistice; mais partout un règne souverain de Dieu, parce que là on pratique ce nue Dieu commande'', ici on souffre le supplice que Dieu impose ".

tient toujours cette terrible cognée, 2. Ps. xcvi. 1.

mais elle en applique toujours le .^. Ibid., xcvill, 1.

tninchant funeste à la racine de 4. Ezech., xx, 3S.

l'arbre. ô. Yar. : on obéit à ce qu'il or-

1. Cette phrase et la suivante ont donne. — La surcharge et les

aussi été éliminées par un trait ; suivantes sont <lc date incertaine

mais nous pensons que c'est seule- (]fi<>5 ou 1(J68).

ment en 1668. 6. Var. : ce qu'il impose.

SUR LA NÉCESSllÉ DE LA l LMTENCE. 699

Dieu reçoit ^ les hommages de ceux-là, il fait justice des autres. Pécheur ", que Dieu appelle à la pénitence et qui résistez à sa voix, vous êtes entre les deux : ni vous ne faites ni vous n'endurez ce que Dieu veut. Vous méprisez la loi, et vous n'éprouvez pas la peine ''. Vous rejetez* l'attrait, et vous n'êtes point accablé par la colère. Vous bravez jusqu'à la bonté qui vous attire, jusqu'à la i:)atience qui vous attend. \'ous vivez maître absolu de vos volontés, indépendant de Dieu, sans [p. vi] rien ménager de votre part, sans rien souffrir de la sienne ; et il ne règne sur vous ni yjar votre obéissance volontaire, ni par votre sujétion forcée. C'est un état violent ; je vous le dis, Chrétiens, encore une fois '^, il ne peut pas subsister longtemps. Dieu est pressé de régner sur vous. Car voyez en effet combien il vous presse. Que de douces invitations ! que de menaces terribles ! que de secrets avertissements ! Que de nuages de loin ! que de tempêtes de près ! Regardez connue il rebute toutes vos excuses : il ne permet ni à celui-là de mettre fin à ses affaires®, ni à cet autre d'aller fermer les yeux à son père ^ : tout retardement l'importune, tant il est pressé de régner sur vous. S'il ne règne par sa bonté, bientôt et plus tôt que vous ne pensez, il voudra régner par sa justice. Car à lui appartient l'empire, et il se doit ** à lui-même et à sa propre grandeur fl 'établir promptement son règne. C'est pourquoi notre grand Baptiste crie dans le désert, et non seulement les l'ivages et les montagnes voisines, mais même tout l'univers'^ retentit de cette voix: Faites pénitence, faites jiénitence, riches [p. vu | et ])auvres, grands et petits, princes et sujets ; que chacun se retire de ses voies mauvaises, « car le lègnc de Dieu approche : Appropinqiiavii cnim regniun civJnrum '". »

Page 1