Hebr. n
SUR LKS SOIFFRANCES. 707
sont les imitateurs de Jésus-Christ. C'est ce que nous apprend le grand apôtre : « Imitatores mei estote sîcvt [ei] ego Christi ^, soyez mes imitateurs, parce que je suis imitateur de Jésus-Christ ». C'est donc une vérité inviolable que la loi des chrétiens est établie sur l'imitation de la vie du Sauveur. Et comme cette vérité est le fondement de ce discours, il est nécessaire que je fasse tous les efforts possibles pour la graver en vos cœurs.
Il faut donc nécessairement imiter Jésus-Christ. Mais vous rhe direz peut-être que cette entreprise est impossible ; vous me direz : Qui peut imiter un Dieu et qui peut égaler sa perfection ? Je ne dis pas, Messieurs, que vous deviez atteindre à sa perfection, mais je dis que vous en devez copier tous les traits. Il est impossible d'atteindre à la perfection de son original, mais on en doit imiter tous les traits parce que vous devez, en imitant le Sauveur, suivre la même règle qu'il a suivie en vous ressemblant. En vous ressemblant, il a pris toiites vos faiblesses, voilà pourquoi, pour lui ressembler, vous devez prendre toutes ses vertus ; en vous ressemblant, il s'est revêtu de toutes vos misères, et partant, en l'imitant, ne devez-vous pas vous revêtir de toute sa force ? Donc vous ne pouvez pas l'imiter si vous ne lui ressemblez.
Cette vérité est assez évidente. Si Jésus-Christ est votre maître, vous le devez donc imiter ; s'il est votre sauveur par ses souffrances, imitez-le donc dans ses souffrances. Hé ! quelle honte à un chrétien de vouloir vivre dans les plaisirs, dans la délicatesse et dans la volupté cependant que son sauveur vit dans les douleurs et dans les souffrances. Espérez-vous être sauvés sans porter les caractères de votre sauveur ? Quelle a été la conduite de la vie du Sauveur? « In lahoribus a juventute mea^ ; dès ma première jeunesse, je suis, dit-il, dans les travaux »* Il a, été nourri parmi les peines, il a toujours vécu dans les afflictions, et c'est pour cela qu'il est appelé a l'homme de douleur[s] et qui sait l'infirmité, virnm dolorum et scientem infir mitât em^ ». Voilà la conduite de la vie du Sauveur. 11 est réduit à la nécessité de ne