Toan., XIX, 28. 2. Joan., xix
tpijs,Ies membres de son corps niyslique, et c'est pour celpi que l'apôtre saint Paul dit qu'il accomplit en son cO|i:ps ce qui manque à la passion du Sauveur \ Et c'est qu'autant cjue Jésus-Christ a souffert en son corps naturel, il faut qu'il souffre autant dans son corps mystique. Cette vérité est excellemment établie dans le mystère de la Passion. Considérez qu'auparavant que. les bourreaux eussent mis leurs mains sacrilèges sur son corps innocent, une sueur générale l'avait déjà tout trempé de sang-, et c'est ainsi que toutes les parties de son corps mystique doivent être trempées dans le sang et souffrir. Ha ! que deviendra ici la délicatesse des hommes ? Qui est celui qui peut souffrir ? Non seulement nous ne voulons pas souffrir, mais on se pique même de ne pas souffrir. On étudie la délicatesse, et ne pouvoir souffrir la moindre chose, c'est une marque d'avoir été nourri dans la grandeur, c'est vivre du grand air de ne point souff'rir la moindre chose. Ha ! avons-nous l'esprit de personnes qui ont été baptisées dans le sang de Jésus- Christ ? Où est donc l'imitation que nous lui devons ? où est donc la mort et le martyre auquel nous sommes obligés par la profession de notre christianisme ? Vous me direz peut-être : Faut-il donc ressusciter les Plérodes, les Nérojis et les Domi tiens, et voulez-vous faire revivre ces bourreaux impitoyables qui sacrifiaient les chr-étiens à leur fureur ? A Dieu ne plaise que nous ayons ces pensées sous le règne du monarque le plus chrétien ! Mais, sans ressusciter ni les tyrans ni les bourreaux, nous avons assez de contrariétés, nous avons assez de faiblesses, d'infirmités et de mahidies. S'il plaît à la divine justice de mettre la mort dans votre famille, s'il lui plaît de vous ravir ce fils qui est toute votre espérance, ce frère qui, vous est si cher, cet ami qui vous console dans vos disgrâces, enfin quelque autre personne qui vous est chère sous quelque qualité que ce soit, ha! c'est la main de Dieu qui fait tout cela; ha! lorsqu'il retranche et qu'il diminue de vos biens; ha! si vous offrez à Dieu vos souffrances, vous imitez Jésus- Christ. Enfin, sans ramener ni les roues ni les chevalets