Ps. XXI, 16. 2. />- J'i. XXI. ir
II est certain, et c'est un conseil du sage médecin qui nous gouverne, d'arracher la cause du mal. Tel a une vertu véritable qui n'a pas la souffrance, il se corrompt dans les biens périssables, et c'est ce qui nous arrive tous les jours; nous croyons être innocents quand nous n'aimons que les choses permises, et nous ne verrons pas qu'il se mêle quelque chose dans les intérêts de la chair et du sang. Ha ! il faut en cet état que si la vertu ne se corrompt pas, au moins elle se diminue, en telle sorte qu'elle a besoin d'être mise dans le feu des souffrances pour être épurée. Mais quelle sera cette épreuve, ciuel sera cet épurement, quel est ce raffinement, et comment se fait cette épreuve et ce raffinement ? Vous êtes attaché aux biens de la terre ; on vous vient dire que votre bien est perdu par la banqueroute de ce marchand. Le cœur soupire en secret et la douleur saisit ce cœur : Quantum hsec ainando peccavcrint , perdendo senserunt^. Donc, par cette douleur, nous devons demeurer du moins ■convaincus de la fragilité des biens de la terre, que nous ne savions pas auparavant. L'homme apprend par ce moyen à transporter ses biens dans les mains des pauvres, afin de les transporter dans le ciel. Il aura honte de lui-même, lorsqu'il verra qu'il se sera appuyé sur des biens qui lui semblaient si nécessaires; il aura honte d'avoir bâti sur un fondement si faible et qui n'a point de consistance. Ha! cela fera qu'il méritera que sa misère fasse rappeler en son cœur le souvenir de l'estime qu'il a eue pour les biens de la terre, et pour les lui faire oublier. Ainsi sa perte fera son épreuve ", sa vertu commencera à se raffiner, et, dans ce feu des afflictions, il prendra de bon cœur les tiouleurs que Dieu lui envoie.
Vous voyez donc combien les afflictions sont nécessaires ; vous voyez donc combien les afflictions sont utiles, puisqu'elles sont les^preuves de la vertu chrétienne. Le temps des afflictions, ce sont ses moments précieux. Vous avez étudié longtemps la vertu dans ^ la prospérité ; mais un peu de temps dans les souffrances vous fera
l.B. Aug., De Civit Dei, lib. T, plus haut, p. fiS. cap. X. — Ms. : Quantum dfhnquen- 2 M s. : son espéi'ance.
do, tantum perdendo nenserunt. Voir :î. Ms. : dans la verlu par...