‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 80 sur 552 · Var. : <lans le Fils de Dieu 2. Pâ. xxr · texte numérisé non relu

Var. : <lans le Fils de Dieu 2. Pâ. xxr

s'étant abaissé infiniment davantage ^ qu'Adam ni tous ses enfants n'ont été rebelles, il a réparé toutes les injures par lesquelles ils déshonoraient la bonté de Dieu. La justice divine s'est enfin rendue, et a ouvert toutes les portes de son sanctuaire.

Ayant donc^ cette confiance de pouvoir entrer dans le sanctuaire, ayant cette voie nouvelle que le Fils de Dieu nous a ouverte, je veux dire sa sainte chair, qui est la propitiation de nos crimes, suivons^, mes Frères, après Jésus-Christ; mais il faut combattre aussi bien cjue lui contre la justice. Mais n'est-ce pas assez qu'il Fait désarmée et qu'il ait porté en lui-même tout le fardeau de ses vengeances? Ne croyez pas qu'il ait tant souffert pour nous faire aller au ciel à notre aise. [p. s] Il a soutenu tout le grand effort pour payer nos dettes ; il nous a laissé de moindres éjireuves, mais néanmoins nécessaires jiour entrer en conformité de son esprit, et être honorés de sa ressemblance.

Approchons du sacrement de la pénitence avec un esprit généreux, résolus de satisfaire à la justice divine par une pénitence ferme et vigoureuse. Le concile de Trente*: [La] satisfaction nous doit rendre confor- )nes à Jésus crucifié. Mon Sauveur, quand je vois votre tête couronnée d'épines, votre chair tout[e] couverte de plaies ^, votre âme percée de tant de douleurs, je dis aussitôt en moi-même : Quoi donc ! une courte prière, ou quelque légère aumône, ou quelque effort médiocre sont-ils capables de me crucifier avec vous? Ne faut-il point d'autres clous [p. t] pour percer mes pieds, cjui tant de fois ont couru aux «crimes, et mes mains qui se sont souillées par tant d'injustices? Que si notre délicatesse ne peut ]:»lus supporter les peines du corps que l'Église imposait autrefois par une discipline si salutaire, récompensons-nous sur les cœurs : ne sortons point

' 1. Bossnet préfère cette forme k .". Var. : Ayant donc cette voie

infînimenf plus, qu'il efïace. Duverte, suivoiip.

2. Le latin en note marginale : 4. Se?';. XIV. c. viir. Cette fin

Ilahcntes... fiduciam m introït xi fan- n"est qu'esc|ui?=ée.

ctorum in sanguine Christi, quam 5. Var. : Votre chair déchirée de

initiavit nobis riam nnvain et viren- plaies. — En face de ce passage,

tem per velamen, id est, carnem l'autenr note l'intention .de repren-

suam... ncceâamus cinn rero cnrde in dre dans le \^' point (p. 13) la des-

pleniiudiiir fidei. (Hebr., X, 19-20. cription de Jé«i!s en croix.

10(S CAIir.MK DKS CAH.MF.I.I IKS.

les yeux secs de ce J4raiid spectacle du Calvaire. « 'rou.> ceux (lui assistaient, dit saint Luc, s'en retournaient frappant leurs poitrines : Percutientcs pectora .sua reveriebanfiir \ ^y Jésus-Christ mourant avait répandu un certain esprit de componction ci fie pénitence"... Qu'il ne soit pas dit, Chrétiens, que nous soyons plus durs que les Juifs. Faisons retentir tout le Calvaire de nos cris et de nos sanii;lots ; pleurons amèrement nos iniquités, irritons-nous saintement contre nous-mêmes ; rompons tous ces indignes commerces ; quittons cette vie mondaine et licencieuse ; mourons enfin au péché avec Jésus-Christ : c'est lui-même qui nous le demande. Écoutez ce grand cri ' qu'il fait en mourant, qui étonne le centenier qui le garde, qui arrête tous les yeux des spectateurs, qui étonne toute la nature, et cjue le ciel et la terre écoute[nt] par un silence respectueux. Jésus, qui n'a jamais cessé d'exhorter les homines à se repentir de leurs crimes, jusf|u'à l'extrénn'té de son agonie, ramasse ses forces épuisées : il fait un dernier effort, lui dont le cri a été ouï d\i Lazare jusqu'au tombeau : Audicnt vocem FUii Del; et q»^ au- (iierint, vivent *. C'est qu'il vous invite à la pénitence : il vous avertit de sa mort prochaine, afin que vous mouriez avec lui. Il va mourir, il baisse la tête, ses yeux se fixent, il passe, il exi)ire ; [p. u] c'en est fait: il a rendu l'âme. Eh bien! sommes-nous morts avec lui? Allons-nous commencer une vie nouvelle par la conversion de nos mœurs? Puis-je l'espérer, Chrétiens? Quelle marque m'en donnerez-vous? Ha! ce n'est pas à moi qu'il la faut donner ; donnez-la au Sauveur Jésus, (|ui vous la demande. Ne sortez point de ce temple sans lui confesser vos péchés dans l'amertume de vos coovu's ; entrez dans les sentiments de sa mort par les rlouleurs de la pénitence, et vous participerez bientôt au bonheur de sa résurrection glorieuse. Amen.

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