Toute la fin de ce paraKiaphe 2. Mattb.. xx
sera retranchée eu 1002, sauf le der- :î. I Cur.. vil, 31 .
nier trait, trauspi.rtt- un iieu plus 4. Ms. : C^ute enim. loin (f° 319).
SUR I, 'a:\ibition. 11
(lit saint Augustin \ c'est une sage providence : le partage des hommes mortels, c'est d'observer la justice ; la puissance leur sera donnée au séjour d'immortalité ^ : Tencant mortales iustltiam, potentia immortalibus dabitur.
Aspirons, Messieurs, à cette puissance : si nous sentons d'une foi vive que nous sommes étrangers sur la terre, nous ne désirerons pas avec ambition de gouverner où nous n'avons qu'un lieu de passage^, [p. 8] Songeons^ en quelle cité nos noms sont écrits; songeons qui est celui [à qui] nous demandons tous les jours ^ ciue son règne advienne^. C'est celui que nous appelons notre [Père] . Ne prétendons pas être tout-puissants avant que le règne de notre Père soit arrivé : ce serait un contretemps trop déraisonnable. Ainsi, pour aspirer à la ])uissance, attendons patiemment que son règne advienne, et contentons-]ious, en attendant, de lui demander (jue sa volonté soit faite. Si nous faisons sa volonté en nous laissant diriger par sa justice, le règne arrivera, où nous participerons à sa puissance.
Je crois que vous voyez maintenant. Messieurs, quelle sorte de ])uissance nous devons désirer durant cette vie : ])uissance pour régler nos mœurs, pour modérer nos l)assions, pour nous composer selon Dieu; puissance sur nous-mêmes, puissance contre nous-mêmes ; ou plutôt, dit saint Augustin, puissance pour nous-mêmes contre )ious-mêmes : Vclit homo prudenfi esse, velit fortis, velit iemperans... ; atque ut hsec veraciter possit, jyotentiam [plane] opiet, atque appetat ut potens sit in seîpso, et miro modo adversus seipsum pro seipso '' . O puissance peu enviée ! et toutefois c'est la véritable. Car on combat notre puissance en deux sortes : [p. 9] * ou bien en nous empêcliant dans l'exécution de nos entreprises', ou bien
1. De Trinit., XIII, xiii, 17. mandons tous les jours à Dieu...
2. Yar. : quand ils seront immor- G. Ms. : avienne. — De même plus tels. bas.
.'J. Yai-, : que le i^assage, — d'être 7. Ms. : imo vero pro seipuo adver-
lei maîtres où nous ne devons pas sws seipsuyn.
même être citoyens. 8. Ici, en marge : qui songe à
4. La lin du paragraphe a été sauver quelques soldats et laisse
barrée en 1662. prendre le roi prisonnier.
6. Yar. : Songeons que nous de- U. Vyr.: en empêchant l'exécution.
12 CARÊME DES CARMELITES.
en MOUS troublant dans le droit que nous avons de nous résoudre; on attaque^ dans ce dernier l'autorité môme du c'on)mandement, et c'est la véritable servitude. \ oyons l'exemple de l'un et de l'autre dans une même maison.
Joseph était esclave chez Putiphar, et la femme de ce seigneur d'Egypte^ y est la maîtresse. Celui-là, dans le joug de la servitude, n'est pas maître de ses actions ; et celle-ci, tyrannisée par sa passion, n'est pas même maîtresse de ses volontés. Voyez où l'a portée un amour infâme. Ha ! sans doute, à moins que d'avoir un front d'airain, elle avait honte en son cœur de cette bassesse ; mais sa passion furieuse lui commandait au dedans connue à un esclave : Appelle ce jeune homme, confesse ton faible, abaisse-toi devant lui, rend [s] -toi ridicule. Que lui pouvait conseiller de pis son plus cruel ennemi? C''est ce que sa passion lui commande. Qui ne voit que dans cette femme la puissance est liée bien plus fortement qu'elle n'est dans son propre esclave?
Cent tyrans de cette sorte captivent nos volontés, et nous ne soupirons pas ! Nous gémissons quand on lie nos mains, et nous portons sans peine ces fers invisibles dans lesquels nos cœurs sont enchaînés. Nous crions qu'on nous violente quand on enchaîne les ministres, les membres qui exécutent ; et nous ne soupirons pas quand on captive'' la maîtresse même, la raison et la volonté qui connnande. Ëveille-toi, j^auvre [p. 10] esclave, et reconnais enfin cette vérité, que, si c'est une grande puissance de pouvoir exécuter ses desseins, la grande et la véritable, c'est de régner sur ses volontés. Quiconque aura su goûter la douceur de cet empire, se souciera peu, Chrétiens, rlu crédit et de la puissance que peut donner la fortune. Et en voici la raison : c'est qu'il n'y a point de plus grand obstacle à se commander ainsi soi-même (|ue d'avoir autorité sur les autres. Car* considérez. Chrétiens, quelle est la condition des g^rands de la terre. Qu'est-ce qui grossit leur cour et qui fait la foule autour
l.Var. : on bien en nous ;ilt:i- fer>.
qnatif ilans l'autoriti- .. 4. Développement ?nppritn<'' l'an-