‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 3)Chapitre 143 sur 532 · Gen., xviii · texte numérisé non relu

Gen., xviii

ô. Première rédaction, eft'acée, par un semblable sentiment de respect pour la lettre du texte sacré : si cette clameur qui s'est élevée contre eux estf bien fondée. — En marge, le latin, comme pièce justificative : Clamor Sodomorum et Gomorrhœ multipli' catus est. et peccatum eorum aggravatum t'.s'^ nimis : descendam et videhontrum clainorem qui venit ad me opère compleverint, an non est ita., ut sciam' (Gen., XVIII. 20, 21).

6. Ce Père grec est nommé aussi,, et plus exactement, Isidore de Pé- ■ luse.

7. Ancien-ne^édit. : et après lui. — Deux mots retranchés au manuscrit.

8. Isid., Epist. lib. I, ep. cccxi ~ S. Grreg., Moral., lib. XIX. cap. xxv.

SUR LA JUSTICt- 173

mandée pour nous informer des choses au milieu de nos ignorances, puisque celui qui sait tout fait une si soigneuse perquisition et vient en personne pour voir. C'est, M[essieurs], en cette sorte que le Très-Haut se rabaisse pour nous enseigner ; et il donne par ces paroles deux instructions importantes à ceux qui sont en autorité. Premièrement en disant: Le cri est venu à moi, il leur montre que leur oreille doit être toujours ouverte, toujours attentive à tout. Mais, en ajoutant après: Je descendrai et je verrai, il leur apprend qu'à la vérité ils doivent tout écouter, mais qu'ils doivent rendre <ce respect ^ à l'autorité que Dieu a attachée à leur jugement, de ne l'arrêter jamais qu'après une exacte information et un sérieux examen.

Ajoutons, s'il vous plaît, M[essieurs], qu'encore ne suffit-il pas de recevoir ce qui se présente ; il faut chercher de soi-même et aller au-devant de la vérité, si nous voulons la connaître et la découvrir. Car les hommes et surtout les grands ne sont pas si heureux que la vérité aille à eux d'elle-même, ni de droit fil, ni d'un seul endroit. Il ne faut pas c^u'ils se persuadent c^u'elle perce tous les obstacles qui les environnent pour pénétrer ^ à cette hauteur où ils sont placés ; mais plutôt il faut qu'ils descendent pour la chercher elle-même. C'est pourquoi le Seigneur a dit : Je descendrai et je verrai; c'est à dire qu'il faut que les grands du monde descendent en quelque façon de ce haut faîte où rien n'approche qu'avec crainte, pour reconnaître les choses de près et recueillir deçà et delà les traces dispersées de la vérité ; et c'est en cela que consiste la véritable prudence^. C'est pourquoi il [p. 19] est écrit du roi Salo-

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