‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 3)Chapitre 144 sur 532 · Ms. : respec. Les hommes, et surtout les grands · texte numérisé non relu

Ms. : respec. Les hommes, et surtout les grands

2. Yar. : monter. (Texte des au- ne sont pas si heureux que la vérité ■cîennes éditions.) aille à eux d'elle-même, ni d'un seul

3. M. Brunetière alDandonne ici endroit, ni qu'elle perce tous les résolument le texte du sermon, pour obstacles qui les environnent. Trop y substituer (il en avertit) celui de de gens ont intérêt qu'ils ne sachent la Politique. Le passage était inté- pas la vérité toute entière, et souvent ressaut à donner, mais en regard de ceux qui les environnent s'éparcelui que Bossuet a prêché en 1666. gnent les uns les autres, pour ainsi Toici C8 passage : « Ajoutons qu'il dire à la pareille. Souvent même on ne sviffit pas de recevoir ce qui se craint de leur découvrir des vérités présente : il faut chercher de soi- importunes, qu'ils ne veulent pas même, et aller au-devant de la vé- savoir. Ceux qui sont toujours avec TÎté, si nous voulons la découvrir.,. eux se croient souvent obligés de les

mon c( qu'il avait le cœur étendu connue le sable de la nier : Dédit Deus Salomoni Jatitudinem cordis quasi arenam quœ est in littore maris ^ ; c'est-à-dire qu'il était capable d'entrer dans un détail infini, de ramasser avec soin les moindres particularités, de peser les circonstances les plus menues, pour former un jugement droit et éviter les surprises ".

Il est certain, Chrétiens, que les personnes publiques chargent terriblement leurs consciences et se rendent responsables devant Dieu de tous les désordres du monde, s'ils "^ n'ont cette attention pour s'instruire exactement de la vérité. Et c'est pourquoi le roi David pénétré ^ de cette pensée et de cette pesante obligation, sentant apj^rocher son heure dernière, fait venir "" son fils et son successeur ; et parmi plusieurs graves avertissements, il lui donne celui-ci très considérable : « Prenez garde, lui dit-il, mon Fils, que vous entendiez tout ce que vous faites et de quel côté vous vous tournerez : Ut intelligas universa quœ facis et quocumque te verteris ^. » De même que s'il eût dit : Mon Fils, que nul ne soit si osé que de vouloir tourner votre esprit ' ni

ménager, ou par prudence, ou par proche qu'avec crainte, pour voiries

artifice. Il faut qu'ils descendent de choses de près. Et c'est pourquoi il

ce haut faîte de grandeur, d'où, rien est écrit... d'entrer dans un détail

n'approche qu'en tremblant, et qu'ils infini, de recueillir deçà et delà

se mêlent en quelque façon parmi le toutes les marques dispersées de la

peuple, pour reconnaître les choses vérité, et de ramasser avec soin

de près et recueillir deçà et delà les toutes les moindres particularités et

traces dispersées de la vérité, n les circonstances les plus menues,

{Polit., livre YIII, art. iv, prop. iv). pour... » — (Vo}'. cette Proposition entière.) 3. Syllepse usitée. Voyez tome VII,

1. ni Reg., IV, 29. — Ms. : Dédit les Pemarques .mv la grammaire et ei Deus latitudinem cordis sicut .. le vocabulaire. Ici,, une première ré-

2. Ce paragraphe tout entier se daction portait : « si elles sont fidélisait d'abord vers la fin du second les à ces deux pratiques, d'écouter point. Il a été ensuite ajouté ici, à et de s'informer. »

la marge du manuscrit. Le texte 4. Var. : tout plein, primitif présentait avec celui-ci de ô. Var. : appelle, légères différences : « Mais j'ajou- 0. III (Ms. : II) Reg.^ Il, 3. ferai. Chrétiens, qu'encore... assez 7. Ces quatre derniers mots souheureux que la vérité aille à eux... lignés, c'est-à-dire condamnés. Mais pour monter à cette hauteur.,, la cette correction se rapporte, ce semchercher elle-même, et en suivre ble, à une première rédaction ainsi toutes les traces. Aussi est-ce pour conçue : (( qne nul ne se joue à voucette raison que Dieu nous disait loir tourner votre esprit et... » En tout à l'heure : Je descendrai, et Je ajoutant, au dernier moment : « ne verrai. Il faut pour ainsi dire des- soit si osé que de... », l'orateur recendre du trône et sortir de sa propre prend ce qu'il avait sacrifié. En grandeur, de laquelle rien n'ap- marge, au crayon. : entendre.

VOUS donner des impressions contraires à la vérité. Entendez distinctement tout ce que vous faites, et connaissez tous les ressorts de la grande machine que vous conduisez ' ; afin, dit-il. que le Seioneur soit [p. 20] avec vous et confirme toutes ses promesses touchant la félicité de votre règne : Ut confirmet Dominus sermones mos ^.

C'est ce que dit le sage David au sage Salomon, son successeur ; et il sera beau de voir de quelle sorte ce jeune prince profita de cet avis. Aussitôt qu'il eut pris en main les rênes de son empire, il se mit à considérer profondément que cette haute élévation ''' où il se voyait a^ ce malheur attaché, que, dans cette nmltitude infinie qu'il voyait s'empresser autour de lui ■", il n'y en avait presque aucun qui ne pût avoir quelc[ue intérêt de le surprendre. Il vit donc combien il est dangereux de s'abandonner tout entier à une aveugle confiance ; et il vit aussi que la défiance jetait l'esprit dans l'incertitude et fermait d'une autre manière la porte à la vérité *^. Dans cette perplexité et pour tenir le milieu entre ces deux périls également grands, il connut qu'il n'y avait rien de plus nécessaire que de se jeter humblement entre les bras de Celui auquel seul on ne peut jamais s'abandonner ' trop, et il [p. 21] fit à Dieu cette prière ** : ce Seigneur Dieu, vous avez fait régner votre serviteur en la place de David, mon père ; et moi, je suis un petit enfant, qui ne sais ni par où il faut commencer, ni par où il faut sortir ' des affaires : Ego antem sum puer

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