‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 3)Chapitre 149 sur 532 · Var : ravai[en]t fort foulé. mutiles · texte numérisé non relu

Var : ravai[en]t fort foulé. mutiles

2 II Esdr., V, lô. (Ms. : II Nehem., 4. II Esclr., v. 10, 18.

V, 14, 15.) 5. Jbid., 19.

H. Anciennes édit. : les généraux ti. Yar. : qui ne veut pas qu'au-

ses prédécesseurs. — Les deux pre- cune chair se glorifie... miers mots sont supprimés, comme

vois dans tout le pouvoir humain ^ je ne sais quoi de très resserré, en ce que, si grand qu'il soit, il ne peut pas faire beaucoup d'heureux et se croit souvent obligé de faire beaucoup de misérables. Je vois enfin que c'est le malheur et la condition essentielle des choses humaines, qu'il est toujours trop aisé de faire beaucoup de mal et infiniment difficile de faire beaucoup de bien. Car, comme nous sommes ici au milieu des maux, il est aisé, Chrétiens, de leur donner un grand cours et de leur faire une ouverture large et spacieuse ; mais, comme [p. 34] les biens n'abondent pas en ce lieu de pauvreté et de misère, il ne faut pas s'étonner que la source des bienfaits ^ soit si tôt tarie. Aussi le monde, stérile en biens et pauvre en effets, est contraint de débiter beaucoup d'espérances, qui ne laissent pas néanmoins d'amuser les hommes. C'est en quoi nous devons reconnaître l'indigence inséparable de la créature, et apprendre à ne pas tout exiger des grands de la terre. Les rois mêmes ne peuvent pas faire tout le bien qu'ils veulent^; il suffit qu'ils n'ignorent pas qu'ils rendront compte à Dieu de ce qu'ils peuvent. Mais nous, qui voyons ordinairement parmi les hommes et la puissance et la volonté tellement bornées. Chrétiens, mettons plus haut notre confiance, a En Dieu seul est la bonté véritable : Nemo bonus, nisi solus Deus"^. » En lui seul abonde le bien, lui seul le peut et le veut répandre sans bornes ; et s'il retient quelquefois le cours de sa munificence à l'égard de certains biens, c'est qu'il voit que nous ne pouvons pas en porter l'abondance entière. Regardons-le donc comme le seul bon. Ce qui fait que nous n'éprouvons pas sa bonté, c'est que nous ne la mettons pas à des épreuves dignes de lui. Nous n'estimons [p. 35] que les biens du monde, nous n'admirons que les grandeurs de la fortune ; et nous ne voulons pas entendre que ce qu'il réserve à ses enfants est, sans aucune comparaison, plus riche et plus précieux que ce qu'il abandonne à ses ennemis.

1. Var. : dans le pouvoir humain. qu'ils veulent. (Un mot effacé : ce.)

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