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Ainsi nous ne devons pas nous persuader que les sceptres mêmes, ni les couronnes, soient les plus illustres présents du Ciel. Car jetez les yeux sur tout l'univers et sur tous les siècles ; voyez avec quelle facilité Dieu a prodigué de tels présents indiil'érennnent à ses ennemis et à ses amis. Regardez les superbes monarchies des Orientaux infidèles : voyez que Jésus-Christ regarde du plus haut des cieux l'ennemi le plus déclaré du christianisme, assis en la j^lace du grand Constantin, d'où il menace impunément les restes de la chrétienté, qu'il a si cruellement ravagée \ Que si Dieu fait si i^eu d'état de ce que le monde admire le plus, apprenons donc, Ch [rétiens] , à ne lui demander rien de mortel : demandons-lui des choses qu'il soit digne de ses enfants de demander à un tel père, et digne d'un tel père de les donner à ses enfants. C'est [p. 36] insulter à la misère que de demander aux petits de grandes choses ; c'est ravilir la majesté [que] de demander au Très-Grand de petites choses. C'est son trône, c'est sa grandeur, c'est sa propre félicité qu'il nous veut donner ; et nous soupirons encore après des biens périssables ! Non, mes Frères, ne demandons à Dieu rien de médiocre ; ne lui demandons rien moins que lui-même. Nous éprouverons qu'il est bon autant qu'il est juste, et qu'il est infiniment l'un et l'autre.
Mais vous, Sire, qui êtes sur la terre l'image vivante de cette majesté suprême, imitez sa justice et sa bonté, afin que l'univers admire en votre personne sacrée un roi juste et un roi sauveur à l'exemple de Jésus-Christ, un roi juste qui rétablisse les lois, un roi sauveur qui soulage les misères. C'est ce que je souhaite à Votre Majesté, avec la grâce du Père, du Fils, et du Saint-Esprit. /lme«.
Première rédaction du premier point 2 : [p. 3] « Si je voulais remonter jiisques au principe, il faudrait vous dire, Messieurs, que c'est en Dieu premièrement que se trouve la justice, et que c'est de cette haute origine qu'elle se répand parmi les hommes. C'est là que j'aurais à vous exposer, avec le grave Tertvdlien, que « la divine bonté ayant fait tant de créatures, la justice divine les a ordonnées et rangées chacune en sa place: Omnia ut honitas aoncepit, sic justitia distinxit. » (Advers. Marcion., lib. II, n. 12. — Note marginale: Le même: Bonitas operata est mundvm,