Yar. : et invincible. 4. Yar. : à redouter pa force su
2. Édit.: fait. — L'infinitif dépend prême. — Ce dernier mot condamné, encore de : qui sait. 5. Yar. : Enfin il mêle.... il con-
3. Yar. : et que nous prenions trarie... garde à n'abuser pas.
son! Ils ne considèrent pas s'il ^ leur [p. 31] est nuisible : il ne leur importe pas si cet acier coupe, c'est assez qu'il brille à leurs yeux, et ils ne songent qu'à se satisfaire ; ils ne regardent non plus si ce qu'ils demandent est à autrui ; il suffit qu'il leur plaise pour le désirer, et ils s'imaginent que tout est à eux. Que si vous leur résistez, vous voyez au même moment, et tout leur visage en feu, et tout leur corps ^ en action, et toute leur force éclater en un cri perçant, qui témoigne leur impatience. D'où vient cette ardeur violente et cette force, pour ainsi dire, de leurs désirs, sinon de la faiblesse et de l'imbécillité de leur raison ?
Mais, s'il est ainsi, Chrétiens, ô Dieu ! qu'il y a d'enfants à [p. 32] cheveux gris, et qu'il y a d'enfants dans le monde, puisque nous n'y voyons autre chose que des hommes faibles en raison et impétueux en désirs ! Quelle raison a cet avare qui veut avoir nécessairement ce qui l'accommode, sans autre droit que son intérêt ? Quelle raison a cet adultère, tant de fois maudit par la loi de Dieu ^, qui entreprend sur la femme de son prochain sans autre titre que sa convoitise ? Ne ressemblent-ils pas à des enfants, qui croient que leur volonté leur est une raison suffisante pour s'approprier ce qu'ils veulent? Mais il y a cette différence, que la nature, en lâchant la bride aux violentes inclinations des enfants, leur a donné pour frein * leur propre [p. 33] faiblesse ; au lieu que les désirs de l'âge plus avancé", encore plus impétueux, n'ayant point de semblables bornes^, se débordent aussi sans mesure, si la raison ne les resserre et ne les restreint'^. Concluons donc. Chrétiens, que la véritable raison et la véritable sagesse, c'est de savoir se modérer. Oui, sans doute, on sort de l'enfance, et l'on devient raisonnable à mesure qu'on sait dompter
1 . /Z, cela, c'est-à-dire ce qu'ils veu- précipitation ; d'où ce lapvsus : « par /ewi.— Édit.: si ce qu'ils recherchent. la loi de divin. » La plume hésite Ej^acé, aussi bien que (( ce qu'ils entre « la loi de Dieu » et « la loi demandent » (première rédaction). diviiie. »
2. Édit. : lenv petit corps. — L'ad- 4. Var. : pour bornes, jectif est condamné. 5. Yar. : plus mûr.
3. Neuf mots en surcharge, pour 6. Var. : de semblable digue. — affirmer avec plus d'énergie les Première rédaction (effacée) : lidroits de la morale en face de ceux mites.
qui l'outrageaient. — Ecrit avec 7. Var. : contraint.
Sermons de Bossiiet. — Y. 2
ce qu'il y a en soi de trop violent. Celui-là est un homme fait et un véritable sage, qui, comme dit le docte Synésius, ne se fait pas une obligation du soin de contenter ^ ses désirs, mais qui sait régler ses désirs suivant ses obligations, et qui, sachant peser mûrement combien [p. 34] la nature est féconde en mauvaises inclinations, retranche deçà et delà, comme un jardinier soigneux, tout ce qui est gâté et superflu, afin de ne laisser croître que ce qui est capable de porter les fruits d'une véritable sagesse.
Mais les arbres ne se plaignent pas quand on coupe l'excès ^ de leurs branches, et la volonté réclame quand on retranche ses désirs ; c'est pourquoi il est malaise que nous nous fassions nous-même[s] cette violence. Tout le monde n'a pas le courage de cette Anne, la prophétesse, de cette sainte veuve de notre évangile, pour faire effort contre soi-même, et mortifier par ses jeûnes et par ses austérités cette loi de péché qui vit en nos sens. C'est aussi [p. 35] pour cela, Messieurs, que Dieu vient à notre secours. La source de tous nos désordres, c'est que nous sommes trop attachés à nos volontés : nous ne savons pas nous contredire^, et nous trouvons plus facile de résister à Dieu qu'à nous-mêmes. Il faut nous arracher avec violence cette attache à notre volonté propre, qui fait tout notre malheur et tout notre crime. Mais *^ comment aurons-nous le courage de toucher nous-mêmes et d'appliquer de nos propres mains le fer et le feu à une partie si tendre^ et si délicate ? Je vois bien ^ mon bras gangrené, et je sais qu'il n'y a de salut pour moi qu'en le séparant du corps ; mais je ne puis pas le couper moi-mêijae : un chirurgien expjert me rend cet office, triste, à la vérité, mais nécessaire. Ainsi je vois bien que je suis perdu, si je ne retranche cette attache à ma [p. 36] volonté, qui fait vivre en moi tous
1. Var. : ne se fait pas une oblipa- l'opposition à nous-mêmes.
tion de contenter... — Il n'y a là 4. Première rédaction : Il faut
qu'une allusion lointaine au De. re- nous arracher cette attache à notre
gno^ Patr. gr., t. LXVI. col. 1063. volonté propre. Mais...
2. Édit. : quand on les coupe ^our ô. Var. : si sensible. retrancher et diminuer l'excès... — 6. Edit. : dit ce malade, — Trois Les cinq mots en italiques sont sup- mots retranchés au manuscrit, et primés. avec raison, car la suite les exclut.