I Joan., V, 19. lait admirer la sag'acité de Deforis
2. Addition marginale, avec ren- qui a fort bien rassemblé les élévoi. La rédaction n'est qu'esquissée. nients épars d'un brouillon très Elle se complète par un fragment confus. Il a été moins heureux dans emprunté à la page précédente, et ce qui suit. Son texte est formé archiffré : 5. bitrairement,et nous cesserons d'être
3. Yar. : contte lui toutes ses ma- d'accord avec lui, parce qu'il ne selices. ra plus d'accord avec le manuscrit.
4. On rentre ici dans la ]jremière 5. Var. : l'univers — la terre — l'édaction, marquée du chiffre 6. le monde. Cf. in conspectu solis (II Seulement l'auteur a oublié d'effa- Rcg.. xil. 12) et Relation sur le cer AJais^ qui n'a plus ici de raison quiétisme, I, ô.
d'être. — Jusqu'à cet endroit, il fal-
des hommes ; de leur appui, de leur abandon ; de leurs vertus et de leurs vices. Tout est changeant, tout est infidèle ^ ; et Jésus-Christ nous en est un illustre exemple.
[Oui", mes Frères, tout se tourne en croix, et premièrement les amis. Ou ils se détachent par intérêt, ou ils nous perdent par leurs tromperies, ou ils nous quittent par faiblesse, ou ils nous secourent à contretemps, selon leur humeur, et non pas selon nos besoins ; et toujours ils nous accablent.
Le perfide Judas nous fait voir la malis^nité de l'intérêt, qui rompt les amitiés les plus saintes. Jésus l'avait appelé parmi ses apôtres ; Jésus l'avait honoré de sa confiance particulière et l'avait établi le dispensateur de toute son économie : cependant, ô malice du cœur humain ! ce n'est point ni un ennemi ni un étranger, c'est Judas, ce cher disciple, cet intime ami, qui le trahit, qui le livre ; qui le vole premièrement, et après le vend lui-même pour un léger intérêt : tant l'amitié, tant la confiance est faible contre l'intérêt ! Ne dites pas : Je vivrai bien avec mes amis. Qui les a traités plus bénignement que Jésus, la bonté et la douceur même ? Détestons donc l'avarice, qui a fait premièrement un voleur, et ensuite un traître même d'un apôtre, et n'ayons jamais d'assurance où nous voyons l'entrée au moindre intérêt.
C'est toujours l'intérêt qui fait les flatteurs; et c'est pourquoi ce même Judas, que le démon de l'intérêt possède, s'abandonne par même raison à celui de la flatterie. Il salue Jésus, et il le trahit ; il l'appelle son Maître, et il le vend ; il le baise, et il le livre à ses ennemis.
1. Édit. : tout se tourne en afflic- où elle rentre dans celle du Carême tion. — Cinq mots effacés aumaniis- du Louvre. C'est là qu'il prenait de crit. — Plus haut, à la fin de la quoi la compléter. Et ne serait-ce phrase précédente, on ajoutait: pas précisément parce que le manus- <( de leur probité et de leur injus- crit original de la Passion du Louvre tice. )) avait, à cette occasion, servi de
2. Le manuscrit passe ici de la brouillon, que Bossuet a pris la p. 6 à la p. 9. Il n'est pas probable précaution insolite de le faire transque les pages 7 et 8 aient été écrites crire par une main étrangère ? Nous et qu'elles se soient perdues. En avons dit (t. IV, p. 377) que cette effet, la moitié de la p. 6 est restée copie, d'après les corrections autoen blanc, ce qui prouve que l'auteur graphes, était de plusieurs années interrompt sa rédaction, au moment postérieure à 1662.
C'est l'image parfaite d'un flatteur, qui n'applaudit à toute heure à celui qu'il nomme son maître et son patron, que pour trafiquer de lui, comme parle l'apôtre saint Pierre : « Ce sont ceux-là, dit ce grand apôtre, qui, poussés par leur avarice, avec des paroles feintes trafiquent de vous : In avaritia fictis verhis de vohù negotiahuntiir ^. » Toutes leurs louanges sont des pièges; toutes leurs complaisances sont des embûches. Ils font des traités secrets dans lesquels ils nous comprennent sans que nous le sachions; ils s'allient avec Judas : Que me donner ez-vous ^ et je vous le mettrai entre les mains ^ ? Ainsi ordinairement ils nous vendent, et assez souvent ils nous livrent. Défions-nous donc des louanges et des complaisances des hommes. Regardez bien ce flatteur qui épanche tant de parfums sur votre tête : savez-vous qu'il ne fait que couvrir son jeu, et que, par cette immense profusion de louange C[u'il vous donne à pleines mains, il achète la liberté de décrier votre conduite, ou même de vous trahir sans être suspect ? Qui ne te haïrait, ô flatterie 1 corruptrice de la vie humaine, avec tes perfides embrassements et tes baisers empoisonnés, puisque c'est toi qui livres le divin Sauveur entre les mains de ses ennemis implacables ?
Mais, après avoir vu. Messieurs, ce que c'est que des amis corrompus, voyons ce qu'il faut attendre de ceux qui semblent les plus assurés. Faiblesse, méconnaissance, secours en paroles, abandonnement en effet "". C'est ce qu'a éprouvé le divin Jésus. Au premier bruit de sa prise, tous ses disciples le qviittent par une fuite honteuse \ O Cour, à qui je prêche cet évangile, ne te reconnais-tu pas toi-même dans cette histoire ? N'v reconnais-tu pas tes faveurs trompeuses et tes amitiés inconstantes ? Aussitôt qu'il arrive le moindre embarras, tout fuit, tout s'alarme, tout est étonné ; ou l'on garde tout au plus un certain dehors, afin de soutenir pour la forme quelque apparence d'amitié trompeuse et quelque dignité d'un nom si saint. Mais poussons encore plus loin, et voyons la faiblesse de cette amitié, lorsqu'elle semble le plus secourante. C'est le faible des