‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 3)Chapitre 17 sur 532 · Var. : difficultés. cap. v · texte numérisé non relu

Var. : difficultés. cap. v

4. Var. : la force. 8. Désastreuse, victime d'un déô. Var.: qu'il me veut donner pour sastre. Rare avec ce sens passif. On

me guérir. sait l'usage que Bossuet a fait du

6. Humeurs peccantes (de peccare, même mot avec le sens actif: « 0 nuit

pécher), défectueuses surtout au désastreuse ! ô nuit effroyable, où

point de vue de la qualité. D'après retentit tout à coup, comme un éclat

l'ancienne médecine, il y avait dans de tonnerre, cette étonnante nou-

le corps quatre liquides ou humeurs velle : Madame se meurt. Madame ('//î/7?iore.s) fondamentales : le sang, . est morte! » (Oraison J'unèbre de

la bile, la bile noire ou mélancolie, Madame.) la pituite ou flegme, La prédomi-

manité, à combien de maux es-tu exposée ! Nous sommes donnés en proie à mille cruelles infirmités : tout nous altère, tout nous incommode, tout nous tue; et vous diriez que quelque puissance ennemie ait soulevé contre nous toute la nature, tant il semble qu'elle prend plaisir à nous outrager de toutes parts ! Mais encore ne sont-ce pas là nos plus grands malheurs. Notre avarice, notre ambition, nos autres passions insensées et insatiables sont des maux et de très grands maux, mais ce sont des maux qui nous plaisent, parce que ce sont des maux qui nous flattent. O Dieu ! où en sommes-nous, et quelle vie est la nôtre, [p. 39] si nous sommes également persécutés de ce qui nous plaît et de ce qui nous afflige ? « Malheureux homme que je suis! qui me délivrera de ce corps mortel ? Infeliœ ego homo ! quis me liber ahit de corpore mortis hujus ? » Écoute, homme misérable : « Ce sera la grâce de Dieu par Jésus-Christ, notre Seigneur, gratia Deî [per Jesum CJirîstum Domînum nostrum^ ^. }> Il est vrai que tu éprouves deux sortes de maux ; mais Dieu a disposé par sa providence que les uns servissent de remède aux autres : je veux dire que les maux qui fâchent servent pour modérer ceux qui plaisent ; ce qui est forcé, pour dompter ce qui est trop libre ; ce qui survient du dehors, pour abattre ce qui se soulève et se révolte au dedans ; enfin les douleurs cuisantes, pour corriger les excès de tant de passions immodérées ; et les afflictions de la vie, pour nous dégoûter des vaines douceurs et étourdir le sentiment trop vif des plaisirs.

Il est vrai, la nature souffre dans un traitement [p. 40] qui lui est si rude ; mais ne nous plaignons pas de cette conduite : cette peine, c'est un remède ; cette rigueur qu'on nous tient, c'est un régime^. C'est ainsi qu'il vous faut traiter, ô enfants de Dieu, jusqu'à ce que votre santé soit parfaite, et que cette loi de péché qui règne ^ en vos corps mortels * soit entièrement abolie. Il importe que vous ayez des maux à souffrir, tant que

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