Les éditeurs ont lu ici : «... qu'il 4. Var. : confessé
a commencée ; car ces i:»ernicieuses 5. Var. : témoignage qui le rendit
préoccupations nous troublent telle- véritablement lils de ]a colombe et
ment la vue ^He« la lumière. ..?»<'t"!<»j; le fondement de l'Eglise, et qui
et nous enchantent de sorte...» — On changea Simon en Pierre. — La pre-
a ainsi deux C'tr (car ensuite, .car ces mière rédaction se bornait à ceci :
pernicieuses), qui se commandent : «... l'avait confessé, loi"squ'il avait
l'un tiré du texte primitif, l'autie de dit, au nom de tous : Vous êtes... »
l'addition marginale (la i)hrase Ap- Le reste est une addition marginale.
prenons...) De plus, on est obligé <i. Matth., xvi, liî.
DE LA QUINQUAGÉSIME. 233
Mais aussitôt qu'il conunence à parler des traitementsinhumains que lui feront les anciens du peuple et les Scribes, et de sa croix, non seulement ils n'entendent plus, mais encore ils le contredisent de toute leur force ^ :. « A Dieu ne plaise, Seigneur, disent-ils ; cela ne vous arrivera point: Ahsit a te, Doviine, non erit tibi lioc^ » ; jusqu'à s'en faire appeler Satan : Allez ^ Satan, dit Jésus à Pierre, vous m'' êtes " un scandale, parce que vos sentiinents ne sont pas selon Dieu, mais selon les hommes. Étrange effet de la prévention ! Les apôtres se sontélevés au-dessus du ciel et de toute la nature, pour contempler Jésus-Christ dans le sein de son Père céleste et découvrir le secret de sa génération éternelle ; et ils ne peuvent entendre le sacré mystère de ses humiliations. Et tau^tef ois, Chrétiens, [p. 15] n'est-il pas bien plus difficile de croire qu'un homme soit le fils de Dieu ^, que de croire C|u'un homme soit exposé aux accidents communs de l'humanité ? Le chemin n'est-il pas debeaucoup plus long et la chute bien plus étrange du ciel en la terre, du sein du Père céleste dans celui d'unecréature mortelle, que de là à la mort et au sépulcre ? Et néanmoins les apôtres ont bien entendu cette première démarche, et ils ne peuvent entendre que leur maître fasse la seconde. Ils ne peuvent s'imaginer ni qu'il souffre, ni qu'il meure. J'ai même remarqué que la résurrection choque leur esprit, parce que, pour ressusciter, il faut mourir ; et ils ne conçoivent pas que le Sauveur se rabaisse jusques-là : tant ils s'étai[en]t mis dans l'esprit " que tout devait être grand et magnifique dans le Fils de Dieu ! tant ils s'étaient rempli l'imagination des opinions judaïques touchant le règne poml)eux de leur Messie ! C'est pourquoi *', dans quelque évidence que Jésus-Christ leur puisse parler de [p. 16] sa croix et de ses souffrances, ils ne peuvent rien comprendre dans ses paroles ; et leur premier préjugé « est
1. Édit. : de toute leur force jus- 3. Var. : tu m'es, qu'à s'en faire appeler Satau. — 4. Yar. : soit Dieu.
Mais, avant ces derniers mots, il faut 5. Yar. : (avant les additions mar-
mettre la citation marginale : (( A ginales) : ... fasse la seconde. C'est
Dieu ne plaise... ; » d'après un renvoi qu'ils s'étaient mis dans l'esprit. très explicite. 6. Yar. : Ainsi.