Marc, X, 32. 3. Matth., xx
2. On pent être tenté de faire de 4. Edit. : refusaient, ce mot une variante, et de le rem- ■ 5. Matth., xx, 22. placer par éloigner. Mais cette sur- 0. Luc, ix. 3L
charge appartient, ce semble, à une 7. Première rédaction : etcefut...
première rédaction effacée : « deux — Dans l'addition interlinéaire (à
disciples l'abordèrent, et comme s'ils la sanguine), que est oublié,
eussent voulu éloigner (var.: dissi- 8. Matth., xvr,2L per) ces idées funèbres... »
Sermons de Eossnet. — Y. 16
Et au contraire, ne voyez-vous pas que le Sauveur veut faire entendre au:* apôtres, et non seulement à eux, mais encore à nous, à nous qui avons été baptisés en sa croix et en sa mort, qu'il n'y point d'espérance d'avoir part à ses grandeurs, si nous n'entrons généreusement dans la société de ses souffrances ?
La voilà, M [essieurs] , cette parole c^ue les apôtres n'entendaient pas, et qu'ils ne voulaient pas entendre : c'est qu'il faut souffrir, c'est qu'il faut mourir, c'est qu'il faut être crucifiés avec Jésus-Christ. O ! qu'ils l'ont entendu [e] ^ depuis, lorsqu'ils s'estimaient si heureux d'être maltraités pour son nom ! Mais nous, mes Frères, l'entendons-nous, nous, cette parole fondamentale du christianisme ? Chrétiens, enfants de la croix et des plaies ^ de Jésus-Christ, qui n'approchez jamais de sa sainte [p. 33] table sans communiquer à sa mort et à ses blessures ^, songez-vous qu'il n'y a point de salut pour vous, si vous ne souffrez avec lui ! O ! que ce discours est véritable, mais aussi qu'il est dur aux sens ! Ils ne veulent point ^ qu'on l'approfondisse; et que j'appréhende, mes F[rères], que vous ne craigniez de m'interroger sur cette parole ! Mais aussi n'attendrai- je pas que l'on m'interroge ; mais je vous dirai en finissant ce que Jésus-Christ et ses apôtres nous ont enseigné "" sur l'étroite obligation que nous avons tous de participer à sa croix.
Il y a deux sortes de peines qui exercent les enfants de Dieu, dont les unes résultent nécessairement de l'observation de ses saints préceptes, et les autres nous sont envo3^ées par une occulte disposition de son éternelle providence. Pesez donc, Chrétiens, avant toutes choses, que la vie chrétienne est laborieuse, parce que la voie du ciel est étroite, et les préceptes [p. 34] de l'Évangile
1. Il 5' a lieu ici de i?e demander cette réflexion Pe fond assez facilesi /■ n'est pas mis pour le, au neutre ment dans le texte : nons la laissons (cela). Toutefois la phrase suivante à Fendroit où l'avaient mise les anrend plus probable Thypotlièse d'un ciens éditeurs.
lapsus. 5. Ms. : enseignés {ei}se{çnez). —
2. Var. : douleurs infinies. Bossuet disait d'abord : <( ce que ii. Var. : plaies (avant la correc- Jé.sus-Ch]-ist nous a enseigné. » II
tion qui vient d'être signalée). ajoute : (» et ses apôtres. )) Puis en 4..\ddition mai-ginale. Nous étions changeant a eu ont, il se laisse entente de la reléguer dans les notes, traîner à faire accorder le ])artici]>e à l'exemple de Lâchât. Toutefois nctif avec le sujet.
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forts et vigoureux, qui vont à séparer l'homme de luiuiême, à le faire mourir à ses sens, à lui apprendre à crucifier sa propre chair. Car, si le Sauveur des âmes est entré dans sa gloire par sa croix, il a donné la même loi à. tous ceux qui marchent sous ses étendards : Si quelqu'un veut venir après moi^ qu'il se renonce soimêîïie, et qu'il porte sa croiœ tous les jours et me suive ^. A qui ^ dit-il cette parole ? est-ce aux religieux et aux solitaires ? Ouvrez l'Évangile, lisez : ce Dicehat autem ad omnes ^ : Et Jésus disait à tous. » Vous le voyez, c'est à tous qu'il parle, à vous, mes Frères, qui écoutez, aussi bien qu'à moi qui vous prêche. Il faut que nous entendions que la vie chrétienne est un travail sans relâche, parce qu'il faut à chaque moment nous arracher à ce qui nous plaît ; il faut craindre ce qui nous attire, pardonner ce qui [p. 35] nous irrite, souvent rejeter ''^ ce qui nous avance, et nous opposer nous-mêmes aux accroissements de notre fortune, car les moyens légitimes ordinairement sont bien lents, la voie de la vertu longue et ennu3^euse ; mais aussi les chemins abrégés sont infiniment dangereux.
Que les hommes aiment ici à être flattés ! Ils veulent que nous leur fassions un Évangile commode, qui joigne le monde avec Jésus-Christ. Ils consultent, ils font des questions sur la morale chrétienne. Tant que nous nous tenons sur les maximes générales de la régularité, ils écoutent tranquillement ; que si l'on vient au détail, si on commence à leur faire voir les obligations particulières, si on leur annonce en simplicité les salutaires rigueurs des voies étroites de l'Évangile ; si on commence à leur faire voir que ces moyens de profiter ne sont pas [p. 36] permis, que ce commerce est pernicieux et que qui aime le péril y périra ^ ; que ces grands divertissements qui semblent innocents sont très dangereux *^, parce qu'ils emportent une étrange dissipation, qui fait que l'homme s'échappe à lui-même; et