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XXVI. correction au cravon noir

DE LA Ql^INQUAGÉSIME. 245

mundiim dïligunt [p. 38] aliquando satiantur^. Modérons-les donc plutôt dans la source même. Quiconque ^ ne résiste pas à ses volontés, il est injuste au prochain, incommode au monde, outrageux à Dieu, pénible à luimême. Que ce soit plutôt la raison qui réduise ^ nos volontés précipitées, qu'une malheureuse nécessité qui ajoute au désir d'avoir la rage de n'avoir pas. Si la vertu est un fardeau, celui que le monde impose est beaucoup plus dur; et le joug de Jésus-Christ n'est pas seulement le plus honnête, mais encore le plus doux et le plus léger : Onus meum levé '^ .

Mais pendant que vous vous ferez à vous-mêmes une sainte violence pour mortifier en vous les mauvais désirs et dompter vos passions déréglées, ne croyez pas, ô enfants de Dieu, que ce bon Père vous laisse^ en repos de son côté. Autrefois, durant la loi de Moïse, il promettait les fruits de la terre à ceux qui marchaient [dans] ses commandements ^ . Il n'en est pas de la sorte sous celui qui a dit dans son Évangile que so7i royaume n^est pas de ce monde \ [p. 39] Au contraire, depuis qu'il s'est livré lui-même à la mort, et à la mort de la croix, comme une victime volontaire, il veut que nous cro^dons ^ malgré tous nos sens, que les souffrances sont une grâce et les persécutions une récompense. Personne^ dit le Fils de Dieu, ne quittera les avaritages du monde pour moi et pour VÉvangile, qu'il ne reçoive le centuple dès le temps présent, avec des persécutions , et dans le siècle à venir la vie éternelle^. Pour la peine d'avoir tout quitté, vous recevrez d'autres peines ^°. Tous n'en-

1. 8. Aug., Epist.CGXX^ad Boni/., 3. Var. : retienne. — Texte des n. 6. — Ms. : Facilius resecantur ah éditions.

amatorïbus Deicupiditates istœ qu^im 4. Matth. xi, 30.

a mundi amatoribus aliquando sa- 5 y^^, • qu'il vous laisse

tiantur. (Pensée reproduite de mé- ^ y^^/ [ ■ gardaient' ses com-

moire, avec des synonj-mes substi- niandements.

tues aux termes de i auteur, ) „ y o/?

2. Les éditeurs placent cette phra- '• i?^^-' "^^ ' se (addition marginale) immédiate- "■ ^^^- '• croyons, ment après le latin. Ce n'est pas ^- Marc, x, 29, 30.

chose indifférente : car il en résulte 10. La citation, avec la réflexion

que ce ne sont plus les passions eu- qui l'accompagne, est une addition

piditates istœ, mais nos volontés marginale. Elle venait d'abord un

qu'on nous exhorte à modérer a dans peu plus bas, et le latin était rap-

la source même. » La source de nos porté en marge : Qui non accipiat

volontés ! ce n'est pas très intelli- (ms. : accipiet) centies tantum, nunc

gible, à ce qu'il semble. in tempore [^oc],... cum persecutio-

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tendent pas cette parole ; mais qui a des oreilles pour écouter, qu'il écoute ; qui a le cœur ouvert à l'Évangile, qu'il entende ses ^ vérités, et qu'il adore leur salutaire " rigueur. Oui, je le dis encore une fois, les grandes prospérités ordinairement sont des supplices, et les châtiments sont des grâces. « Car qui est le fils, dit [p. 40] l'Apôtre ^, que son père ne corrige pas? car le Seigneur châtie miséricordieusement les enfants qu'il aime. Demeurez '^ donc sous sa discipline. Que s'il néglige de vous corriger, poursuit le grand Paul, c'est donc qu'il ne vous tient pas pour des enfants légitimes, mais pour des enfants d'adultère : Ergo aduJteri^ [et] non fiUi estis. » S'il vous épargne la verge et la correction, craignez qu'il ne vous réserve au supplice.

Il n'est pas à propos que tout nous succède : il est juste que la terre refuse ses fruits à qui a voulu goûter le fruit défendu. Après avoir été chassés du paradis, il faut que nous travaillions avec Adam, et que ce soit par nos fatigues et par nos sueurs que nous achetions " le pain de vie. Quand tout nous rit dans le monde, nous nous y attachons trop facilement ; le charme est trop puissant et l'enchantement est trop fort. Ainsi, mes Frères, si Dieu nous aime, croyez qu'il ne permet pas que nous dormions à notre aise dans ce lieu d'exil. Il nous trouble ^ dans nos vains divertissements, il interrompt le cours de nos imaginaires félicités, de peur que nous ne nous laissions entraîner aux fleuves [p. 41] de Babylone, c'est-à-dire au courant des plaisirs qui passent. Croyez donc très certainement, ô enfants de la nouvelle alliance, que, lorsque Dieu vous envoie ^ des afflictions, c'est qu'il veut briser les liens qui vous tenaient attachés au monde, et vous rappelle ^ à votre patrie. Le soldat est trop lâche qui veut toujours être

nibus, et in sccnlo futuro vitam œter- ris : Ainsi demeurez donc... nayn (Marc, x, 29, BO.) 5. Var. : mangions.

1. Bossuet avait d'abord éci'it se.-<. 6. Lâchât et les éditions moder- Ensuite il a biffé et écrit au-dessus: nés : (( Tl nous trouve... » — Cette CCS et enfin tracé un s sur le c. faute n'est pas dans Defoi'is.

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