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2, Jumi., xil, 42, 4o. 4. Matth., x F, •25.
DE MADEMOISEl.l.K DE BEAI VAIS. 255
gloire, Jésus-Christ est trop nu et trop bas pour eux ; Jes lumières de l'Évangile, trop simples; la doctrine du christianisme, trop populaire. Ils n'estiment rien de grand c^ue ce qui fait grande figure dans le monde, et ce qui occupe une grande place. C'est pourcjuoi le propre de la gloire, c'est d'amasser autour de soi tout ce qu'elle peut (l'homme se trouve trop petit tout seul) : ou de grands domaines, ou de grands palais, ou des habits somptueux, ou une suite magnifique, ou les louanges et l'admiration publique. Il tâche de s'agrandir et de s'accroître comme il peut : il pense qu'il s'incorpore tout ce qu'il amasse, tout ce qu'il acquiert, tout ce qu'il gagne ; il s'imagine croître lui-même avec son train qu'il augmente, avec ses appartements qu'il rehausse, avec son domaine qu'il étend. Il ne peut augmenter sa taille et sa grandeur naturelle ; il y applique ce qu'il peut par le dehors, et s'imagine qu'il devient plus grand et se multiplie quand on parle de lui, quand il est dans la bouche de tous les hommes, quand on l'estime, quand on le redoute \ quand on l'aime, quand on le recherche, enfin quand il fait du bruit dans le monde. I^a vertu toute seule lui semble trop unie et trop simple. Ces esprits enflés trouvent Jésus-Christ si petit, si humble,, si dépouillé ! Ils ne peuvent comprendre qu'il soit grand, et ne savent comment attacher ces grands noms de Sauveui', de Rédempteur, et de Maître du genre humain, à cette bassesse et à cette pauvreté du Dieu-homme.
Voulez-vous être capable de connaître les grandeurs de Jésus-Christ ? Quittez toutes ces idées, plutôt vastes que grandes, plutôt pompeuses que riches, que la gloire inspire, dont la gloire remplit les esprits, ou plutôt dont elle les enfle, car l'esprit ne se remplit pas de choses si vaines. Il faut savoir que Dieu seul est tout ; que tout ce que nous amassons autour de nous, pour nous faire valoir et nous rendre recommandables, n'est pas une marque de notre abondance, mais plutôt de notre disette, qui emprunte de tous côtés. Dieu seul est grand ; et toute la grandeur consiste à lui plaire, à être à luiy à le posséder, à faire sa volonté sainte, et ne se glorifier