S. Aug.. Serm. CLXiv. n 8. (t. III, p. 672 et
2. De Civit. Lei, lib. XIX, cap. 4. Ps. CXLIV, 9. XII. - 5. Luc, VI, 36.
3. Cf. le sermon snx VAnnoncia- 6. Matth., y, 45. tion. dans le Carême des Carmélites 7. Levit., xi, 44.
majesté de son eni]3ire. Soyons des dieux, il nous le permet, par l'imitation de sa sainteté, de sa justice, de sa vérité, [de sa] patience, de sa miséricorde toujours bienfaisante. Quand il s'agira de puissance, tenonsnous dans les bornes d'une créature, et ne portons pas nos désirs à une ressemblance si dangereuse.
Voilà, mes Sœurs, la règle immuable que nous devons suivre i^our imiter Dieu. Mais , ô voies corrompues des enfants d'Adam ! ô étrange corruption du cœur humain ! nous renversons tout l'ordre de Dieu. Nous ne voulons pas l'imiter dans les choses où il se propose pour modèle, nous entreprenons de le contrefaire dans celles où il veut être unique et inimitable, et que nous [ne] pouvons prétendre sans rébellion. C'est sur ^ cette souveraine indépendance que nous osons attenter; c'est ce droit sacré et inviolable que nous affectons par [p. 7] une audace insensée. Car, comme Dieu n'a rien audessus de lui qui le règle et qui le gouverne, nous voulons être aussi les arbitres souverains de notre conduite, afin qu'en secouant le joug, en rompant les rênes, en rejetant ^ le frein du commandement qui retient notre liberté égarée, nous ne relevions point d'une autre puissance et soyons comme des dieux sur la terre. Et n'estce pas ce que Dieu lui-même reproche aux superbes, sous l'image du roi de Tyr ? Ton cœur, dit- [il], s'est élevé, et tu as dit : Je suis un dieu, et « tu as mis ton cœur comme le cœur d'un dieu : Dedisti cor tuimi quasi cor dei ^. » Tu n'as voulu ni de règle ni de dépendance. Tu as marché sans mesure et tu as livré ton cœur emporté à tes passions indomptées. Tu as aimé, tu as haï, selon que te poussaient tes désirs injustes, et tu as fait un funeste usage de ta liberté par une superbe transgression de toutes les lois. Ainsi notre orgueil [p. 8] aveugle, nous remplissant de nous-mêmes, nous érige en de petits dieux. Eh bien ! ô superbe, ô petit dieu, voici le grand Dieu vivant c^ui s'abaisse pour te confondre. L'homme se fait Dieu par orgueil, et Dieu se fait homme par condescendance. L'homme s'attribue faussement la grandeur de Dieu, et Dieu prend véri-