Lâchât: et rejetant... — Ou .3. Ezech., xxviii
tablement le néant de l'homme. Mais voici encore nn nouveau secret de la miséricorde divine. Elle ne veut pas seulement confondre l'orgueil, elle a assez de condescendance pour vouloir en quelque sorte le satisfaire. Elle veut bien donner quelque chose à cette passion indocile qui ne se rend jamais tout à fait. L'honnne avait osé aspirer à l'indépendance divine; on ne peut le contenter en ce point : le trône ne se partage pas, la majesté souveraine ne peut souffrir ni d'égal ni de compagnon. Mais voici un conseil de miséricorde qui sera [p. 9] capable de le satisfaire. L'homme ne peut devenir indépendant, Dieu veut bien devenir soumis. Sa souveraine grandeur ne souffre pas qu'il s'abaisse tant qu'il demeurera dans lui-même, cette nature infiniment abondante ne refuse pas d'aller à l'emprunt pour s'enrichir en quelque sorte par l'humilité; afin, dit saint Augustin, que Vhoimne, qui méprise cette vertu, qui V appelle simplicité et bassesse quand il la voit dans les autres hommes, ne dédaignât pas de la pratiquer quand il la voit dans un Dieu ^.
Et hoc vohis signum : O homme, tu n'as fait ^ que de vains efforts pour t 'élever et te faire grand. Tu peux bien t'emporter, mais non t'élever; tu peux bien t'enfler, mais non t 'agrandir. Viens chercher dans ce Dieu homme, dans ce Dieu enfant, dans ce Sauveur C[ui naît aujourd'hui, la solide élévation et la grandeur véritable. Cherchons, etc. ^. D'où vient qu'un Dieu se fait homme ? Pour nous faire approcher de lui, traiter [p. 10] d'égal avec 'lui. C'est pourquoi saint Augustin attribue la cause du mystère de l'Incarnation ce à une bouté; populaire : Populari cjuadam clementia '^ . » De même qu'un grand orateur plein de hautes conceptions, pour se rendre populaire et intelligible, se rabaisse par un discours simple à la capacité des esprits communs ; comme un grand environné d'un éclat superbe qui étonne le simple peuple et ne lui permet pas d'approcher, se rend populaire et familier par une facilité obli-
L Enarr. hi Ps. XXXTTI, n. 4. 4. Cont. Academ., lib. III,n. 42. •