Serm . de Cantic. noro. post tract. peu intelligible
l'équipage embarrasse dans cette voie : je veux dire l'abondance, la commodité. Les vastes désirs du monde ne trouvent pas de quoi s'y étendre. Les épines qui l'environnent se prennent à nos habits et nous arrêtent, [p. 22] Tous les jours, il nous en coûte quelque chose, tantôt un désir, et tantôt un ^ autre ; comme dans un chemin difficile le train diminue toujours ; et tous les jours, dans un sentier si serré, il faut laisser quelque partie de notre suite, c'est-à-dire quelqu'un de nos vices, quelqu'une de nos passions, tant qu'enfin nous demeurions seuls, nus et dépouillés non seulement de nos biens, mais de nous-mêmes. C'est Jésus-Christ, c'est l'Évangile. Qui de nous, etc. ? Tous les jours plus à l'étroit ^, etc.
Ceux qui retournent en arrière : ils sont sur la voie, mais ils reculent plutôt que d'avancer. Entendons et pénétrons. Vous avez embrassé la perfection, vous avez choisi la retraite, vous vous êtes consacrée ^ à Dieu d'une façon particulière; vous avez banni les pompes du monde, vous avez appréhendé de plaire trop. Vous avez recherché les véritables ornements d'une femme chrétienne, c'est-à-dire la retenue et la modestie, retranchant les vanités et le superflu. La prière, la prédication, les saintes lectures ont fait votre exercice le plus ordinaire. Vous vous lassez dans cette voie^: vous ne [p. 23] sortez pas de la voie, vous ne vous précipitez pas aux péchés damnables, mais vous faites néanmoins un pas en arrière. Vous prêtez de nouveau l'oreille aux dangereuses flatteries du monde ; vous rentrez dans ses joies, dans ses jeux et dans son commerce ; vous prodiguez le temps que vous ménagiez ; vous ôtez à la piété ses meilleures heures. Si vous ne quittez pas votre modestie, vous voulez du moins qu'elle plaise, et vous ajoutez quelque chose à cette simplicité qui vous paraît trop sauvage. Ha ! cette voix intérieure du Saint-Esprit qui vous poussait dans le désert avec Jésus-Christ,