‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 3)Chapitre 275 sur 532 · Selon la remarque de ^r.Gazier, 5. Matth., xix · texte numérisé non relu

Selon la remarque de ^r.Gazier, 5. Matth., xix

ce mot de Bossuet vissait Tiirenne. fi. S. Gregov.. In Evant/. .hom.y.2,?K

■et peut-être aussi Condé.qui étaient 7. Bossuet a barré de deux traits,

dans l'auditoire. pour les reprendre plus loin, p. 352,

2. Cette phrase et la suivante sont les idées qu'il avait d'abord jetées ici •écrites en marge. et dont Def oris s"est emparé pour un

3. S. Chrys^'st., In Matth. hom. lon^ développement de sa façon. ■XXVII. Voici le passage de Bossuet: ({Quand

4. Cet alinéa, en marge. tout est heureux, se contrarier soi-

O Croix aimable, ô Croix si ardemment désirée et enfin trouvée si heureusement ! Ut per te me recipiat qui per te moriens me redemit ^ !

Quand ^ est-ce que l'Église a vu des chrétiens dignes de ce nom ^ ? C'est lorsqu'elle était persécutée, lorsqu'elle lisait à tous les poteaux des sentences épouvantables contre ses enfants, et qu'elle les voyait dans tous les gibets, et dans toutes les places publiques, immolés pour la gloire de l'Évangile. Durant ce temps,, mes Sœurs, il y avait des chrétiens sur la terre ; il y avait de ces hommes forts, qui, nourris dans les proscriptions et dans les alarmes continuelles, s'étaient fait une glorieuse habitude de souffrir pour l'amour de Dieu. Ils croyaient que c'était trop de délicatesse à des disciples de la croix que de rechercher le plaisir et en ce monde et en l'autre. Comme la terre leur était un exil, ils [n'] estimaient ^ rien de meilleur pour eux que d'en sortir au plus tôt. Alors la piété était sincère, parce qu'elle n'était pas encore devenue un art ; elle n'avait pas encore appris le secret de s'accommoder au monde, ni de servir au négoce des ténèbres. Simple et innocente qu'elle était, elle ne regardait que le ciel, auquel elle prouvait sa fidélité par une longue patience. Tels étaient les chrétiens de ces premiers temps : les voilà dans leur pureté, tels que les engendrait le sang des martyrs, tels que les formaient les persécutions !

Maintenant une longue paix a corrompu ces courages mâles, et on les a vus ramollis depuis qu'ils n'ont plus été exercés"'. Le monde est entré dans l'Église. On a voulu joindre Jésus-Christ avec Bélial ; et de cet indigne mélange, quelle race enfin nous est née ! Une race mêlée et corrompue, des demi-chrétiens, des chrétiens mondains et séculiers ; une piété bâtarde et falsifiée, qui est

même. Il faut craindre ce qui nous saint Victor (t. II. p. oGo-oGô).

attire, pardonner ce qui nous irrite, 3. Cf. plus haut, p. 58, pote (5.

rejeter souvent ce qui nous avance, 4. Première rédaction : C( ils esti-

et nous opposer nous-mêmes aux maient que le meilleur pour eux

; accroissements de notre fortune. » était d'en sortir au plus tôt.)) Bos-

1. Légende de l'office de saint suet, substituant dans l'interligne André. rien de (meilleur) que, a omis d'ajou-

2. Cet alinéa et les deux suivants ter n,' avant estimaient. sont la reproduction presque litté- 5. Exercés, tourmentés., raie d'un passage ilw panégyrique de

toute dans les discours et dans un extérieur contrefait. O piété à la mode, que je me ris de tes vanteries et des discours étudiés que tu débites à ton aise pendant que le monde te rit ! Viens que je te mette à l'épreuve. Voici une tempête qui s'élève, voici une perte de biens, un insulte, une disgrâce, une maladie. Quoi ! tu te laisses aller au murmure, ô vertu contrefaite et déconcertée ! tu ne peux plus te soutenir, piété sans force et sans fondement ! Va, tu n'étais qu'un vain fantôme ^ de la piété chrétienne ; tu n'étais qu'un faux or, qui brille au soleil, mais qui ne dure pas dans le feu, mais qui s'évanouit dans le creuset. La piété chrétienne n'est pas faite de la sorte : le feu l'épure et l'aiïermit. Ha ! s'il est ainsi. Chrétiens, si les souffrances sont nécessaires pour soutenir l'esprit du christianisme. Seigneur, rendez-nous i les tyrans ; rendez-nous les Domitians et les Nérons.

Mais modérons notre zèle, et ne faisons point de vœux indiscrets : n'envions pas à nos princes le bonheur d'être chrétiens, et ne demandons pas des persécutions c[ue notre lâcheté ne pourrait souffrir. Sans ramener les roues et les chevalets sur lesquels on étendait nos ancêtres, la matière ne manquera pas à la patience. La nature a assez d'infirmités, les affaires assez d'épines, les hommes assez d'injustice [s], leur [s] jugements assez de bizarreries, leurs humeurs assez d'importunes inégalités; le monde assez d'embarras, ses faveurs assez^ d'inconstances, ses rebuts assez d'amertumes, ses engagements les plus doux assez de captivités. Que si tout est prospère, si tout nous rit, c'est à nous à nous rendre nous-mêmes nos persécuteurs ~.

Sans cesse combattre son cœur. O ! qu'il est difficile, pendant que tout le monde nous accorde tout, de se refuser quelque chose ! Qui, ayant en sa possession une personne très accomplie qu'il aurait aimée, vivrait avec elle comme avec sa sœur : c'est une aussi forte résolu-

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