Le texte écrit en premier lieu Justus^ etc
était : « Jiistuses, Domine, et rectum 3. Var. : sous sa main suprême.—
judiciumUium. Seigneur, vous êtes C'était une correction ; mais, au der-
'juste, et votre jugement est droit. » nier moment, l'auteur revient, avec
(Ps. cxviii, 1,37). L'exorde n'est pas raison, à sa rédaction primitive, de même écriture que le reste du
356 AVEXT DE SAINT-THOMAS-DU-LOJJVRE.
Le Sauveur paraîtra bientôt, plein de vérité et de grâce. Il vient apporter la paix, il vient exciter l'amour, il vient établir la confiance. Mais l'Église, qui est occupée, durant ce temps de l'Avent, à lui préparer ses voies, fait marcher la crainte devant [p. B] sa face, parce que, toujours instruite par le Saint-E.sprit et très savante en ses voies, elle sait qu'il veut ébranler les âmes avant que de les rassurer, et donner de la terreur avant que d'inspirer l'amour.
Entrons, Chrétiens, dans ses conduites : regardons Jésus-Christ comme juge avant que de le regarder comme sauveur. Vo3^ons-le descendre dans les nuées du ciel avec cette majesté redoutable, avant que de contempler cette douceur, ces condescendances, ces tendresses infinies pour le genre humain, qui nous paraîtront bientôt dans sa sainte et bienheureuse naissance.
Que si vous pensez peut-être que le jugement a deux parties, et que, si les méchants y sont condamnés au feu éternel, les bons aussi y sont recueillis dans un éternel repos, écoutez ce que dit Jésus-Christ lui-même : Celui qui croit, dit-il, 7ie sera point jugé ^ : il ne dit pas qu'il ne sera point [p. C] condamné, mais qu'il ne sera point jugé ; afin que nous entendions que ce qu'il veut nous faire comprendre principalement dans le jugement dernier ^, c'est sa rigueur implacable et cette tei'rible exécution de la dernière sentence qui sera prononcée contre les rebelles.
Qui me donnera. Chrétiens, des paroles assez efficaces pour pénétrer votre cœur, et percer vos chairs de la crainte de ce jugement ? O Seigneur, parlez vous-même dans cette chaire : vous seul avez droit d'y parler, et jamais on n'y doit entendre que votre parole. Mais, mes Frères, dans cette action, où il s'agit de représenter ce que Dieu fera de plus grand et de plus terrible, je m'astreins plus que jamais à le faire parler tout seul par son Écriture. Plaise à son saint et divin Esprit de parler au dedans des cœurs, pendant que je parlerai, etc. C'est la grâce que je lui demande par, etc. [^re.]