‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 3)Chapitre 314 sur 532 · Ms. : apporter. (Lapsus) — Ad- 8. Is., xlyi · texte numérisé non relu

Ms. : apporter. (Lapsus) — Ad- 8. Is., xlyi

dition marginale, écrite avec préci- 9. Var. : (qui vous fuyez vous-

pitation. mêmes), écoutez doue, il est temps,

5. Au lieu de cette petite phrase, la voix qui vous rappelle à vous-mêles éditeurs donnent une premièi*e me[s] — à la solitude, rédaction effacée : « Si donc on lui 10. Var. : cette commotion de cerôte la réflexion, on lui ôte toute sa veau — le vertige et le tourment deforce, on la laisse découverte et à tête — et dont votre tête est toute l'abandon, pour être la proie du ébranlée — votre cerveau en est premier venu. C'est, mes Frères, ce ému. — Toutes ces surcharges (en que fait le monde : il sait... » marge, ainsi que la rédaction défi ni-

6. Var. : qui est au fond de notre tive) sont extrêmement confuses.

.de son prophète : a Si rêver tcnrii ni et quiescatis, salvi eritis : in silentio et in spe erit fortitudo vestra ^ : Si vous sortez de ce grand tumulte, et que vous preniez du repos, vous serez sauvés ^ ; et, en gardant le silence, vos forces commenceront de se rétablir^. :»

[P. 9] Le docte saint Jean Chrysostome a renfermé en un petit mot une sentence rem.arc[uable, quand il a dit ■* que, pour former les mœurs, et peut-être en pourrions-nous dire autant de l'esprit, il faut désapprendre tous les jours. En effet, mille faux préjugés nous ont gâté l'esprit "^ et corrompu le jugement ; et la source de ce désordre, c'est qu'aussitôt que nous avons commencé d'avoir quelque connaissance, le monde a entrepris de nous enseigner, [et] a joint "^ aux tromperies de nos sens celle [s] de l'opinion et de la coutume. C'est de là que nous avons tiré ces belles leçons : qu'il faut tout mesurer à notre intérêt ; que la véritable habileté, c'est de faire tout servir à notre fortune; qu'il faut venger les affronts : endurer, c'est s'attirer de nouveaux insultes ' ; cette grande modération^, c'est la vertu des esprits vulgaires ; la patience est le partage des faibles et la triste consolation de ceux qui ne peuvent rien ; dans une vie si courte et si malheureuse que la nôtre, c'est folie de refuser le peu de plaisir que la nature nous donne ! Voilà les [p. 10] grandes leçons que nous apprenons tous les jours dans les compagnies ; si bien que tous les préceptes de Dieu et de la raison demeurent ensevelis sous les maximes du monde.

Après cela, mes Frères, vous comprenez aisément la nécessité de désapprendre; mais, certes, pour oublier de telles leçons, il faut quitter l'école et le maître. Car considérez, je vous prie, de quelle sorte le monde nous

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