Var. : illusion. te. Les éditeurs l'ont négligée
4. Var. : artificiels. C. fn Ps. xxxil, Enarr. il, n. 2. .'). Va?'. : auteur. — Cette phrase
secundum voluntatem Dei ; ailleurs : Ceux qui veulent tout ce que Dieu veut. Ceux-là sont droits, ceux-là sont justes. Il ne faudrait point ici d'explication : ceux qui ont des oreilles chrétiennes entendent cette vérité. La volonté de Dieu est droite par elle-même. Elle est ellemême la droiture, elle est la règle primitive et originale. Nous ne sommes pas la droiture, nous ne sommes pas la règle, car nous serions impeccables : ainsi, n'étant pas droits par nous-mêmes, nous le devenons. Chrétiens, en nous unissant à la règle, à la sainte volonté de Dieu, à la loi qu'il nous a donnée, non étonnés par ses menaces, mais saintement délectés par son équité et charmés par sa beauté et par sa droiture ^.
[P. h] Si vous craignez seulement les menaces de la loi, sans aimer sa vérité et sa justice, quoique vous ne rompiez pas ouvertement, vous n'êtes pas d'accord avec elle dans le fond du cœur. Elle menace, elle est redoutable : vous, à ces menaces vous donnez la crainte : que faites-vous pour son équité? L'aimez-vous? ne l'aimez-vous [pas] ? La regardez-vous avec plaisir ou avec une secrète aversion, ou avec froideur et indifférence ? Que sont devenus vos premiers ^ désirs, vos premières inclinations ? La crainte n'arrache pas un désir, elle en empêche l'effet, elle l'empêche de se montrer, de lever la tête ; elle restreint ^ les branches, mais non la racine. Elle contraint, elle bride, elle étouffe, elle supprime; mais elle ne change pas. Le fond du désir demeure ; je ne sais quoi qui voudrait, ou que la loi ne fût pas, [p. f ] ou qu'elle ne fut pas si droite, ni si rude, ni si précise ; ou que celui qui l'a établie fût moins fort ou moins clairvoyant. Mais cette intention ne se montre pas.
1. Première rédaction, donnée ici par ses menaces, mais charmé par dans les éditions, en y retranchant sa beanté et par sa droiture, ce qui était littéralement répété Faites droits, mes chers Frères, le? dans celle qu'on vient de lire, qui sentiers de notre Dieu : aimez pureest écrite en margre du manuscrit : ment, aimez saintement, aimez con- «... c'est le pur amour,c"est la chaste stamment et vous serez droits. » — et intime attache de l'Épouse pour Puis cette phrase effacée : f( Ceux l'Époux sacré, c'est cette céleste ^l"i «^t des oreilles chrétiennes délectation d'un cœur qui se plaît entendent bien ce langage, et a dans la loi de Dieu, qui s'y soumet chanté leur dit dans le cœur quelle d'une pleine et entière volonté, non ^""^ la véritable droiture. » par la crainte de la peine, mais par 2. '\ ar. : mauvais, l'amour de la justice, non efti'ayé )>. Yar. : empêche. — coupe.
Vous n'entendez donc pas quel secret venin coule dans les branches, quand la racine de l'intention n'est pas ôtée, quand le fond de la volonté n'est pas changé ^ ?
Je sais qu'il y a de la différence entre la crainte des hommes et celle qu'on a d'un Dieu vengeur ; que comme on peut espérer de tromper les hommes, et qu'on sait qu'on leur peut du moins soustraire le cœur, la crainte est plus pénétrante sous les yeux de Dieu. Mais, comme elle est toujours crainte, elle ne peut agir contre sa nature ; elle ne peut attirer, ni gagner, ni par conséquent arracher à fond les inclinations corrompues.
Si f aller e posses, quîd non fecisses ? Ergo et concupiscentîam [twam] vialam non amor tollit, sed timor premit'^. — Non, je ne le ferais pas. — Qui vous en empêcherait ? Ce ne serait pas la crainte, car nous supposons qu'on ne vous voit pas ; ce serait donc quelque attrait interne, quelque bien caché, quelque plaisir innocent et chaste...
Faites donc, mes Frères, vos sentiers droits. Un commencement de dilection : Dîligere incipiunt . . . , ac propterea moventur adversus peccata per odium aliquod ac detestationem ". C'est le motif de votre haine, c'est de ce commencement d'amour que doit [naître] votre aversion. Une aversion par une inclination contraire. Il faut que cette plante divine ne soit [pas] seulement semée, mais qu'elle ait commencé de prendre racine [p. d] dans l'âme, avant qu'elle reçoive la grâce justifiante ; autrement elle en serait incapable. Il faut un commencement de droiture et de justice dans le cœur. Mais il la faut ensuite cultiver de sorte qu'elle étende ses branches partout, qu'elle remplisse tout le cœur, afin que vous puissiez cueillir des fruits de justice.
De là doit naître une autre crainte ; non la crainte de, l'adultère qui craint le retour de son mari, mais la crainte d'une chaste épouse qui craint de le perdre. De là encore une autre droiture. Marcher dans la loi de Dieu avec une nouvelle circonspection ; craindre une
1. Cette obiection et la réponse 2. S. Aug-., Serm. CLXix, n. 8. —
sont une addition marginale. — Ms. : De Verb. Apost., xv (ordre
Mp. : changée. — Plus haut : a vos ancien).
premiers désirs, vos premiers incli- S..Concil. Trid., Sess. VI, cap. vi,
nations. )) (Lapsus.) de Justifie.
faiblesse expérimentée ; s'attacher plus étroitement à la justice une fois perdue ; honorer la bonté divine par la crainte des tentations et des périls qui nous environnent.
Toute créature ^ a un instinct pour se conserver. Créature nouvelle. Le bruit nous effraye : cet éclat menace de quelque ruine ou de quelque force étrangère, qui vient contre nous avec violence ; la nature nous apprend souvent à craindre à faux. Et certes, au milieu de tant de périls, et les périls nous pressant de tant d'endroits, et ayant, comme nous avons, si peu de connaissance ^ pour les prévoir, qui veut être en sûreté doit souvent craindre même sans péril. Si vous n'avez point cette crainte, je doute que votre changement soit sincère et votre conversion véritable.
1 . M. Lâchât rejette en note, fort l'espace libre au bas de la dernière
mal à propos, cette conclusion du page serait insuflBsant, même poxw
discours. Si l'auteur l'a écrite en une 'simple esquisse, marge, c'est qu'il prévoyait que 2. Ms. : si peu de connaissances.