Yar. : la cruelle. 2. S. Aug., Serm. CCCLI, n
science. Voilà ce qu'a fait la mort de Thomas, voilà la seconde merveille qu'elle a opérée, la conversion des persécuteurs : la dernière dépend en partie de nous ; c'est, mes Frères, que notre zèle pour la sainte Église soit autant échauffé comme il est instruit par l'exemple de ce grand homme.
Troisième Point.
A la mort de Thomas, le clergé d'Angleterre commença à reprendre cœur : le sang de ce martyr ranima et réunit tous les esprits pour soutenir, par un saint concours, les intérêts de l'Église. Apprenons aussi à l'aimer et à être jaloux de sa gloire. Mais, Messieurs, ce n'est pas assez que nous apprenions du grand saint Thomas à conserver soigneusement son autorité et ses droits : il faut qu'il nous montre à en bien user, chacun selon le degré où Dieu l'a établi dans le ministère ; et vous ne pouvez ignorer quel doit être ce bon usage que je vous demande, si vous écoutez un peu la voix de ce sang. Car considérons seulement pour quelle cause il est répandu, et d'où vient que toute l'Église célèbre avec tant de dévotion le martyre de saint Thomas. C'est qu'on voulait lui ravir ^ ses privilèges, usurper sa puissance, envahir ses biens ; et ce grand archevêque y a résisté.
Mais si l'on ne se sert de ces privilèges que pour s'élever orgueilleusement au-dessus des autres, si l'on n'use de cette puissance que pour faire les grands dans le siècle; si l'on n'emploie ces richesses que pour contenter de mauvais désirs, ou pour se faire considérer par une pompe mondaine, est-ce là de quoi faire un martyr ? Ltait-ce là un digne sujet pour donner du sang et pour troubler tout un grand royaume ? N'est-ce pas pour faire dire aux politiques impies, que saint Thomas a été le martyr de l'avarice ou de l'ambition du clergé, et que nous consacrons sa mémoire parce qu'il nous a soutenus dans des intérêts temporels ?