Eplst. ad Dioffn., n. 0. n'était sa justice
tie des Gentils. Voilà, mes Frères, ce grand conseil de la sagesse de Dieu, conseil i3rofond, conseil inconnu [p. 10] aux plus hautes puissances du ciel, que le Père, dit ce saint martyr, n'avait connnuniqué ^ qu'à son Fils, ajoutons, et à l'Esprit éternel qui procède de l'un et de l'autre ; conseil qui s'est découvert dans les derniers temps, et qui a fait dire à l'Apôtre que la sagesse de Dieu a été manifestée par VÊglise aux célestes intelligences ^. Oui, les anges sont étonnés de ce secret admirable, de cet échange incompréhensible, qui fait que Dieu en même temps se venge ^ et s'apaise, exige et remet, punit nos péchés et les oublie, frappe son fils innocent pour l'amour des hommes coupables et pardonne aux hommes coupables pour l'amour de son fils innocent. Mais nous, que cette grâce regarde, nous ne devons pas seulement l'admirer avec les anges; plutôt nous devons penser à quoi elle nous oblige envers notre aimable Sauveur ; et je vous prie. Chrétiens, de vous y rendre attentifs.
[P. 11] Je ne puis mieux, ce me semble, vous représenter cette obligation que par l'exemple d'un criminel à qui le Prince accorde sa grâce. Regarde, Chrétien*, ce criminel, qui, enfermé dans une prison'', n'attend plus que la dernière heure ^, qui ne sait s'il est vivant ou mourant, et ce ne croit point à sa propre vie, non crédit vitœ suœ », comme dit l'Écriture sainte' ; ou ^ bien s 'étant échappé, il se fie à peine ^ à soi-même ; fugitif, errant, vagabond, il croit que tout ce qui luit le décèle, que tout ce qui parle l'accuse, que tout ce qui remue machine sa perte : au milieu de cet effroi et de ces alarmes, pendant qu'il ^*^ ne sait où se retirer,
1. Bossuet allait supprimer ces 8. Addition plus récente (Koël mots, qui paraissaient refuser au 1669) ;((* Il est condamné, il est lié, Saint-Esprit l'égalité absolue avec il voit à ses côtés l'exécuteur armé le Père et le Fils. Au lieu de les re- du funeste tranchant qui doit dans trancher, il les corrige en les com- un moment abattre sa tête. » — Un plétant. renvoi, qui rattache ceci à la rédac-