Var. : ponr ressusciter leurs au midi. corps
la nature commencera à se remuer ; et la mer et la terre et les abîmes se prépareront à rendre leurs morts, qu'on croyait qu'ils eussent engloutis comme leur proie, mais qu'ils avaient seulement reçus comme un dépôt pour le remettre fidèlement au premier ordre. Car, mes Frères, ce Jésus, qui aime les siens, et les aime jusque à la fin^, prendra soin de ramasser de toutes les parties [p. 10] du monde leurs restes toujours précieux devant lui. Ne vous étonnez pas d'un si grand effet; c'est de lui qu'il est écrit qu'il poi'te tout Vunivers par sa parole très efficace ^. Toute la vaste étendue de la terre et les profondeurs des mers, et toute, l'immensité du monde n'est qu'un point devant ses yeux. L'univers ^ entier est sous sa main ; et lui, qui a bien su trouver nos corps dans le néant même d'où il les a tirés par sa parole, ne les laissera pas échapper à sa puissance au milieu de ses créatures. Car la matière de nos corps n'est pas moins à lui pour avoir* changé de nom et de forme. Ainsi, il saura bien ramasser les restes dispersés de nos corps, qui * lui sont toujours chers, parce qu'il les a une fois unis à une âme qui est son image, et qu'il a remplie de sa grâce ^. En quelque coin de l'univers que la loi des changements ait jeté ces restes précieux, et quand la violence de la mort les aurait poussés jusqu'au néant, [p. 11] Dieu ne les aurait pas perdu [s] pour cela : car a il appelle ce qui n'est pas avec la même facilité que ce qui est : Vocat ea quœ non sunt tanquam ea quœ sunt '^ » ; et Tertullien a raison de dire que ce le néant est à lui aussi bien que tout : Ejus est nihilum ipsum, cujus est totum^. »
Ayant donc ainsi rétabli les corps de ses bien-aimés dans une intégrité parfaite, il les réunira à leurs âmes saintes, et ils deviendront vivants ; il bénira cette union,