Var. : on n'est pas heureux. 4. Eccli., xx i
2. Var. : emporté. — Première ré- 5. Var. : qu'il puisse trouve)- en ce daction : « Le fol, dit-il, éclate en lieu de mort. — Anciennes édit. : son ris. » — Les surcharges multi- qu'il puisse avoir trouvé sur la terre, pies sont ici assez confuses ; notre en ce lieu de mort... (Texte et vatexte diffère un peu de celui de riante additionnés.)
M. Gazier, beaucoup de celui des 6. Var.: pour lesplus grands biens,
autres éditeurs. 7. Vai-. : voir.
3. Latin en marge. Quand une 8. Var. : possédée. — Senth\'ûe?it page est mise au net, rien n'empêche vrai, est une sm-charge au crayon, de croire que l'auteur écrit en marge Elle n'est pas effacée. Le trait qui le un texte qu'il se propose de réciter, traverse est celui qui avait pour but si toutefois il entre aisément dans le de si;pprimer les mots plus grands mouvement de la phrase. de la ligne précédente.
sont-ce pas les plaisirs déréglés ^ qui ont conseillé tous les crimes ? Car quel en est le principe universel, sinon qu'on se plaît où il ne faut pas ? Donc la raison nous oblige à nous défier des plaisirs, flattem^s pernicieux, conseillers infidèles, qui ruinent tous les jours en nous les âmes, les corps ^, la gloire, la fortune, la religion et la conscience.
Enfin il faut méditer combien la joie est durable : car Dieu, qui est la vérité même, ne permet j)as à l'illusion de régner longtemps. Il se plaît ^ « d'anéantir dans sa cité sainte toutes ces félicités imaginaires, et, pour punir l'erreur volontaire de ceux qui ont pris plaisir à être trompés, fait succéder des maux trop réels à la courte imposture de leurs rêveries ^ : Y élut somnium surgentium, Domine, in civitate tua imaginem ipsornm ad nihilum rédiges^. »
[P. 21] Concluons donc *^, Chrétiens, que si la félicité est une joie, c'est une joie fondée sur la vérité, gaudium de veritate, comme la définit saint Augustin '. Telle est la joie des bienheureux, non une joie seulement, mais une joie solide et réelle, dont la vérité est le fond, dont la sainteté est l'effet, dont l'éternité est la durée.
1. Var. : les mauvais plaisirs. — rédactions .siaccessives du manuscrit, Dans la fin de cet alinéa, nous sui- dont l'une doit être considérée comvous l'ordre adopté par Deforis. Il me la variante, et l'autre constitue est conforme aux renvois contenus le texte véritable.
dans le manuscrit. M. G-azier les in- 4. Var. : d'un songe agréable. —
terprète autrement. Mais les idées Anciennes édit. : d'anéantir dans sa
s'enchaînent moins bien, semble-t-il, cité sainte toutes les félicités imagi-
si on place tout d'abord avec lui : naires, comme un songe s'anéantit
(( flatteurs pernicieux... conscience. quand on se réveille, et qui... —
Car quel en est...? » C'est une première rédaction effacée.
2. Yar. : qui ont ruiné les âmes. Cette page du manuscrit (p. 20) est les corps. . . — Bossuet, ajoutant « en la confusion même ; et tout à l'heure nous, )) rendrait nécessaire aujour- nous avions une mise au net ! d'hui la correction des éditeurs: 5. Ps. LXii, 20 (En marge). Nous « l'âme, le corps. » ne blâmons cependant pas les édi-
r>. Édit. G-azier : « C'est lui, dit le teurs d'avoir conservé ce texte dans
Roi-Prophète, qui se plaît, pour pu- le discours, parce qu'il vient bien à
nir V erreur volontaire de ceux qui ont la fin d'une période.
pris plaisir à être trompés, d'anéantir 6. Entre les pages 20 et 21 du ma-
dans sa cité sainte toutes les félici- nuscrit est intercalé un lambeau
tés imaginaires, et qui, pouf punir d'un sermon plus ancien. Voy. t. IV.
Verreur volontaire de ceux qui ont p. 607 ; et la notice, p. 605 (carême
pris plaisir à être trompés^ fait suc- de Saint-Thomas-du-Louvre : Sut
céder des maux trop réels à la cour- V- Amour des plaisirs).
te imposture d^-léurs rêveries : Ve- 7. Con/ess., lib. X, cap xxiil. lut... — La redite correspond à deux
POUR LA TOUSwSAINT. 501
[P. 22] Mais ^, mes Frères, ce n'est pas à moi de publier ces merveilles, pendant que le Saint-Esprit nous représente si vivement la joie triomphante de la céleste Jérusalem par la bouche ^ du prophète Isaïe ^ : (( Je créerai, dit le Seigneur, un nouveau ciel et une nouvelle terre, et toutes les angoisses seront oubliées et ne reviendront jamais : Oblivioni traditse sunt angustiœ priores et non ascendent super cor. » « Mais vous serez ravis, et votre âme nagera dans la joie"^ durant toute l'éternité dans les choses que je crée : Gaudehitis et eœultahitis usque in sempiternum in his quae ego creo. » c( Car je ferai que Jérusalem sera dans le ravissement, et que son peuple sera tout en joie'' : Quia ecce ego creo Jérusalem exultationem, et popidum ejus gandium. » c( Et moi-même, je me réjouirai en Jérusalejn, et je triompherai de joie dans la félicité de mon peuple : Et exultabo in Jérusalem, et gaudeho in populo meo ^ . » Voilà de quelle manière le Saint-Esprit nous représente la joie de ses enfants bienheureux \ Puis, se tournant à ceux qui sont [p. 23] sur la terre, à l'Église
1. Bossuet retranche ici. par un pensées, elles ne doivent figurer
simple trait marginal au crayon, un qu'en note.
alinéa tout entier. Les éditeurs, mê- 2. Var. : le Saint-Esprit les repré-
me M. Gazier, l'ont maintenu. Ton- sente si vivement par la bouche,
tefois un détail était significatif : 3. Is., LXV, 16 et seq.
l'auteur a reporté les premiers mots: 4. Var. : vous vous réjouirez et
(( Telle est la j'oie des bienheureux, n votre âme tressaillira d'allégresse.
en tête de la phrase précédente, afin 5. Yar. ; que Jérusalem sera toute
de conclure d'une façon plus conci- transportée d'allégresse et que son
se. On n'en continue pas moins une peuple sera dans le ravissement
seconde fois : « Telle est la joie des (texte des anciennes éditions). —
bienheureux^ dont la plénitude est Première rédaction : Car je ferai
infinie, dont les transports sont in- Jérusalem transportée et son peuple
concevables et les excès tout divins tout en joie. — Littéralité de tra-
(ms. : tous divins). Loin de notre duction jugée excessive par Bossuet
idée les joies sensuelles qui trou- lui-même.
blent la raison et ne permettent pas G. Ces textes sont en marge.Mais,
à l'âme de se posséder {anciennes comme rien n'indique ici qu'ils ne
édit. : en sorte qu'on n'ose pas dire doivent pas être prononcés, nous les
qu'elle jouisse d'aucun bien, puisque, laissons à la place que leur ont assi-
sortie d'elle-même, elle semble n'être gnée les précédents éditeurs,
plus à soi pour en jouir : passage 7. Note marginale : Mais nous
retranché avant le remaniement). Ici, avons part (édit. Gazier : Mais nous
elle est vivement touchée dans son avons plus : — on peut être tenté de
fonds le plus intime, dans la partie lire ainsi un mot confus ; mais ce
la plus délicate et la plus sensible : n'est autre chose, croyons-nous, que
toute hors d'elle, toute à elle-même, le mot part, récrit ensuite plus lisi-
possédant Celui qui la possède, la blement). Église, quoique éloignée
raison toujours attentive et toujours de la face de Jésus-Christ, votre
contente. — Si belles que soient ces époux... — Inachevé.
militante, il les invite en ces ternies a prendre part aux transports de la sainte et triomphante Jérusalem : Réjouissez-vous, dit-il, avec elle, ô vous qui V aimez; réjouissez-vous avec elle d^une grande joie, et sucez avec elle la mamelle de ses consolations, afin que vous abondiez en délices ^, parce que le Seigneur a dit : Je ferai couler sur elle un fleuve de paix, et ce torrent se débordera avec abondance ; toutes les nations de la terre y auront part; et avec la même tendresse qu^une mère'^ caresse son enfant, ainsi je vous consolerai, dit le Seigneur^.
[P. 24] Quel cœur serait insensible à ces divines tendresses ? Qu'a le monde '^ de comparable ? Mais, s'il se vante de donner des joies, il n'ose pas même promettre de vous donner du repos "^ : c'est l'héritage des saints, c'est le partage des bienheureux ; et c'est par où je m'en vai[s] conclure.
1. Anciennes édit. : avec elle par une foi vive la mamelle de ses consolations divines, afin que vous abondiez en délices spirituelles. — Bossuet efface avec soin tous les mots ajoutés au texte même du prophète.