Is., I, 6, trie des membres de phrase
attaché à la religion et protecteur de l'Éolise. Ainsi nous vous verrons toujours roi, toujours auguste, toujours couronné, et en ce monde et en l'autre. Et c'est la félicité que je vous souhaite, avec le Père, le Fils, et le Saint-Esprit.
ORAISOX FUNEBRE
REINE DE LA GRAND'BKETAGNE prononcée le 16 novembre 1669.
Entre le sermon d'ouverture de l'Avent de Saint-Germain et celui du premier dimanche, se place un discours dont le voisinage serait écrasant pour ceux d'un autre orateur, ou même pour ceux de Bossuet, si on les prenait dans les époques antérieures. La duchesse d'Orléans avait eu l'heureuse inspiration de le choisir pour faire l'oraison funèbre de sa mère.
Henriette de France était la dernière fille de Henri IV et de Marie de Médicis. Elle était née (25 novembre 1609) quelques mois seulement avant la mort tragique de son père. Elle fut mariée, dès sa seizième année, au roi d'Angleterre, Charles I*"^. L'espoir de ramener ce royaume à l'unité catholique avait décidé le pape Urbain VIII, après d'assez longues négociations, à accorder la dispense sur la disparité de culte. On put se flatter pendant quelque temps de la réalisation de cette espérance. D'abord déçue de ne trouver dans le roi qu'elle venait d'épouser qu'une bien petite partie des brillantes qualités qu'on lui avait représentées dans des descriptions de complaisance, mortifiée à tout propos par des sujets qui n'avaient que de l'antipathie pour sa nationalité et surtout pour sa foi religieuse, la jeune reine avait réussi cependant, malgré tous les obstacles, à acquérir bientôt un grand ascendant sur son époux, surtout après la chute du favori Buckingham. Les seize premières années de son mariage furent favorables, grâce à son influence, aux catholiques persécutés.
Mais l'esprit de révolte, que la royauté avait favorisé contre l'Église, allait maintenant s'attaquer à la royauté même. De 1641 à 1649, les partisans du Parlement eurent les armes à la main contre leur prince. La reine montra en cette occasion ses talents et son grand cœur. Organiser une armée de secours en Hollande, l'amener au roi malgré les tempêtes et malgré le canon des parlementaires ; raffermir les fidélités chancelantes, gagner de nouveaux partisans à la cause royale : c'est à quoi elle se dévoua en 1643, avec un courage et une habileté qui forcèrent quel(|ue temps le succès : « toujours à cheval, dit M'^^^ de Motteville, dans ses Mémoires, sans nulle délicatesse de femme, vivant avec ses soldats à peu près comme on peut s'imaginer qu'Alexandre vivait avec les siens. Elle mangeait avec eux à découvert, au