‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 3)Chapitre 412 sur 532 · Propagée par l'archevêque an- dans l'enfance · texte numérisé non relu

Propagée par l'archevêque an- dans l'enfance

glican Laud, qui prétendait même 7. Ceux-ci voulaient s'affranchir

l'imposer au reste des protestants de toute autorité ecclésiastique ou

anglais. civile, sous prétexte d'un o prétendu

4. Yar. : Tout cela n'était. — Déjà règne de Christ, » dont il sera quescorrigé en 1671. tion un peu ])lus loin.

point eu de bornes, parmi lesquels on voit les trembleurs ^, gens fanatiques, qui croient que toutes leurs rêveries leur sont inspirées ; et ceux qu'on nomme chercheurs ^, à cause que, dix-sept cents ans après Jésus- Christ, ils cherchent encore la religion, et n'en ont point d'arrêtée.

C'est, Messieurs, en cette sorte, que les esprits une fois émus, tombant de ruines en ruines, se sont divisés en tant de sectes. En vain les rois d'Angleterre ont cru les pouvoir retenir sur cette pente dangereuse en conservant l'épiscopat. Car que peuvent des évêques qui ont anéanti eux-mêmes l'autorité de leur chaire et la révérence qu'on doit à la succession, en condamnant ouvertement leurs prédécesseurs jusques à la source même de leur sacre, c'est-à-dire jusqu'au pape saint Grégoire et au saint moine Augustin, son disciple et le premier apôtre de la nation anglaise ? Qu'est-ce que l'épiscopat, quand il se sépare de l'Église, qui est son tout, aussi bien que du Saint Siège, qui est son centre, pour s'attacher, contre sa nature, à la royauté comme à son chef ? Ces deux puissances d'un ordre si différent ne s'unissent pas, mais s'embarrassent mutuellement, quand on les confond ensemble^ ; et la majesté des rois d'Angleterre serait demeurée plus inviolable, si, contente de ses droits sacrés, elle n'avait point voulu attirer à soi les droits et l'autorité de l'Église. Ainsi rien n'a retenu la violence des esprits féconds en erreurs ; et Dieu, pour punir l'irréligieuse instabilité de ces peuples, les a livrés à l'intempérance de leur folle curiosité, en sorte que l'ardeur de leurs disputes insensées, et leur religion arbitraire est devenue^ la plus dangereuse de leurs maladies.

Il ne faut point s'étonner s'ils perdirent le respect de la majesté et des lois, ni s'ils devinrent factieux,

l,Ouo'M«I'e?-6'. Disciples de George? ^*o?is (YTI. xlii-xlix), et c'est un

Fox, qui se livraient à d'étranges des points sur lesquels sera particu-

contorsions au moment où «l'insiDi- lièrement flétrie la conduite de

ration » les saisissait. l'apostat Cranmer.

2. Seelcers, secte de puritains, fon- 4. Ce singulier est un latinisme, dée par Henri Yane. dont nous avons rencontré des

3. Bossuet reviendra sur cette exemples fréquents, question dans V HiMoire des Varia-

rebelles et opiniâtres. On énerve la religion quand on la change, et on lui ôte un certain poids, qui seul est capable de tenir les peuples. Ils ont dans le fond du cœur je ne sais quoi d'inquiet qui s'échappe, si on leur ôte ce frein nécessaire ; et on ne leur laisse plus rien à ménager, quand on leur permet de se rendre maîtres de leur religion. C'est de là que nous est né ce prétendu règne de Christ, inconnu jusques alors au christianisme, qui devait anéantir toute la royauté ^, et égaler " tous les hommes ; songe séditieux des indépendants, et leur chimère impie et sacrilège : tant il est Vrai que tout se tourne en révoltes et en pensées séditieuses, quand l'autorité de la religion est anéantie ! Alais pourquoi chercher des preuves d'une vérité que le Saint-Esprit a prononcée par une sentence manifeste ? Dieu même menace les peuples qui altèrent la religion qu'il a établie, de se retirer du milieu d'eux, et par là de les livrer aux guerres civiles. Écoutez comme il parle par la bouche du prophète Zacharie ^ : Leur âme, dit le Seigneur, a varié envers moi, quand ils ont si souvent changé la religion, et je leur ai dit : Je ne serai plus votre pasteur; c'est-à-dire je vous abandonnerai à vous-mêmes et à votre cruelle destinée. Et vo3'ez la suite : Qne ee qui doit mourir aille à la mort; que ee qui doit être retranché soit retranché. Entendez-vous ces paroles ? et que ceucv qui demeureront, se dévorent les uns les autres. O prophétie trop réelle, et trop véritablement accomplie ! I^a Reine avait bien raison de juger qu'il n'y avait point de moyen d'ôter les causes des guerres civiles qu'en retournant à l'unité catholique, qui a fait fleurir durant tant de siècles l'Église et la monarchie d'Ane^leterre autant que les plus saintes Églises et les plus illustres monarchies du monde. Ainsi, quand cette pieuse princesse servait l'Église, elle croyait servir l'État, elle croyait assurer * au Roi des serviteurs en conservant à Dieu des fidèles. L'expérience a justifié ses sentiments ; et il est vrai que

1. Yar. : toute royauté. qnod succiditur. succidatnr.et reliqu'i

2. Égaler rendre égaux. dévorent )inusq>iixque cornem proximi

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