‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 3)Chapitre 46 sur 532 · Matth., Y, 16. elle ne regardait que le ciçl, auquel · texte numérisé non relu

Matth., Y, 16. elle ne regardait que le ciçl, auquel

6. Belle addition marginale, de elle prouvait sa pureté {var.: fidé- 1669, qu'on regrette de ne pouvoir lité)par l'humilité et la patience. » introduire dans le texte de 1666 : 7. In Matth. Nom. Lxxr.

« * C'est ainsi qu'elle était faite, 8. Yar. : * gâter (1669).

lorsqu'elle sortait toute récente 9. Yar. :* corrompre (1669).

•d'entre les mains des apôtres, formée 10. Edit. : ces excès.

Fulgence ^, encore que ce soit un orgueil damnahle que de mépriser ce que Dieu commande, c'est une audace bien plus criminelle ^ de s'attribuer à soi-même ce que Dieu donne ^ ; et si par le premier de ces attentats nous tâchons à ^ nous soustraire à son empire, il semble que nous entreprenions par le second de nous égaler à lui ^. [P. 23] C'est, Messieurs, ce que Dieu lui-même reproche aux hommes orgueilleux en la personne du roi de Tyr, lorsqu'il lui adresse ces paroles par la bouche de son prophète JÉzéchiel : « Voici ce qu'a dit le Seigneur Dieu : Ton cœur s'est élevé démesurément, et tu as dit : Je suis un dieu ; et quoique tu ne sois qu'un homme mortel, tu t'es fait un cœur de dieu par ton audace insensée: Dixisti : Deus ego sum..., cum sis homo et non deus^ et dedisti cor tuum quasi cor dei ^. » Peut-être aurez-vous peine à comprendre que l'esprit humain soit capable d'un si prodigieux égarement. Mais, mes Frères, ce n'est pas en vain que le Saint- Esprit parle en ces termes ; et il n'est que trop véritable que celui qui se glorifie en lui-même se fait en effet le cœur d'un dieu. Car la théologie nous enseigne que, comme Dieu est la source ' et le centre de toutes choses, comme il est le seul sage et le seul puissant, il lui appartient, Chrétiens, de s'occuper de lui-même, de rapporter tout à lui-même, de se glorifier en ses conseils et de se confier en son bras ^ et en sa force. Quand donc une créature s'admire dans sa vertu, s'aveugle dans sa puissance, se plaît dans son industrie, s'occupe enfin toute entière de ses propres perfections, elle agit à la manière de Dieu, et, malgré sa misère et son indigence, elle imite la plénitude de ce premier Être. En effet, [p. 24] cet homme capable^ qui règne dans un

Page 1