‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 3)Chapitre 465 sur 532 · Yar. : Que dirai-je...? (1665 et · texte numérisé non relu

Yar. : Que dirai-je...? (1665 et

2. Yar. (1665) : Les pécheurs nous savent bien dire qu'il ne faut que le repentir pour être capable d'approcher de cette fontaine de grâces. — Yoy. t. lY, p. 672, 67B, la suite de la rédaction de 1665. C'est ici qu'ont eu lieu les principaux remaniements de ce manuscrit, en 1668 d'abord, puis en 1669.

3. La rédaction de 1668 différait principalement par l'ordre des phrases : (( Considérez, mes Frères, quel est votre aveuglement. Yous rendez la bonté de Dieu complice de votre endurcissement : c'est ce péché contre le Saint-Esprit, contre la grâce de la rémission des péchés.

Dieu n'a plus rien à faire pour vous retirer du crime.Yous poussez à bout sa miséricorde. Que peut-il faire que de vous appeler, que de vous attendre, que de vous tendre les bras, que de vous offrir le pardon ? C'est ce qui vous rend hardis dans vos entreprises criminelles. Que faut-il

donc qu'il fasse ? Et sa bonté étant épuisée et comme surmontée par votre malice, lui reste-t-il antre chose que de vous abandonner à sa vengeance ? Et puis dites-moi, mon Frère, vous qui vous confiez si aveuglément à ce repentir futur, voulez- vous pas considérer que Dieu a bien promis le pardon au repentir, mais qu'il n"a pas promis de donner du temps pour ce sentiment nécessaire ? Eh bien ! poussez à bout la bonté divine... »

4. Première rédaction (à la sanguine), tracée sur l'ancien manuscrit avant que l'auteur se décidât à y introduire un feuillet nouveau (f^ 181, avec moitié de marge) :

(( Pécher contre le Saint-Esprit, contre la grâce de la rémission des péchés. Pénitence conduit à l'impénitence finale. » — Quelques autres idées étaient aussi indiquées à la suite de la péroraison. Nous les donnerons aux endroits auxquels elles se rapportaient par destination.

la bonté divine : montrez-vous fermes et intrépides à perdre votre âme, ou plutôt, insensés et insensibles, hasardez tout ^, risquez tout; faites d'un repentir douteux le motif d'un crime certain ! Mais ne voulez- vous pas entendre combien est étrange, combien insensée, combien monstrueuse cette pensée de pécher pour se repentir? a Obstupescite, cœli, super lioc^ : O ciel, Ô terre, étonnez-vous d'un si prodigieux égarement ! » Les aveugles enfants " d'Adam ne craignent pas de pécher, parce qu'ils espèrent un jour en être fâchés 1 J'ai lu souvent dans les Écritures que Dieu envoie aux pécheurs l'esprit de vertige et d'étourdissement ; mais je le vois clairement dans nos excès. Voulez-vous vous convertir quelque jour, ou périr misérablement dans l 'impénitence ? Choisissez, prenez parti. Ce dernier est le parti des démons. S'il vous reste donc quelque sentiment de christianisme, mais ^ quelque soin de votre salut, quelque pitié de vous-mêmes, vous espérez vous convertir ; et si vous croyiez que cette porte vous fût fermée, vous n'iriez pas au crime avec l'abandon où je vous vois. Se convertir, c'est se repentir : vous voulez donc contenter cette passion, parce que vous espérez vous en repentir. Qui jamais a ouï parler d'un tel prodige ? Est-ce moi qui ne m'entends pas, ou bien est-ce votre passion qui vous enchante ? Me trompé-je dans ma pensée, ou bien êtes-vous aveugle et troublé de sens dans la vôtre ? Quand est-ce " qu'on s'est avisé de faire une chose parce qu'on croit s'en repentir quelque jour ? C'est la raison de s'en abstenir, sans doute. J'ai bien ouï dire souvent : Ne faites pas cette chose, car vous vous en repentirez, etc. ^. [p.^] Le repentir "^ qu'on prévoit n'est-il pas naturellement un frein au désir, et

1. Première rédaction (à la fin du (1668): quelque soin de vous-mêmanuscrit) : Hasardez votre âme, me[s].

risquez votre éternité! Quelle fer- 5. Cette phrase et la suivante sont

meté, quel courage ! quelle stupidité de 1669.

insensée ! (e?ar.: quelle insensibilité 6. Les anciens éditeurs interca-

prodigieuse !) laient ici la phrase que nous avons

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