Jerem., il, 12. rétablie plus haut : (( Mais, ô aveu
3. Phrase ajoutée en 1669, dans le glement inouï ! ô stupidité insensée, remaniement de l'année précédente. de pécher pour se repentir ! ))
4. Ce 7nais oratoire est omis dans 7. La rédaction nouvelle se racles éditions. Bossuet l'emploie assez corde ici avec celle de 1665. fréquemment. — Première rédaction
un arrêt à la volonté ? Mais qu'un homme dise en luimême : Je me détermine à cette action, j'espère d'en avoir regret, et je m'en retirerais sans cette pensée ; qu'ainsi le regret prévu devienne, contre sa nature, et l'objet de notre espérance, et le motif de notre choix, c'est un aveuglement inouï, c'est mêler ensemble les contraires, c'est changer l'essence des choses. Non, non, ce que vous pensez n'est ni un repentir ni une douleur : vous n'en entendez pas seulement le nom, tant vous êtes éloignés d'en avoir la chose ! Cette douleur qu'on désire, ce repentir qu'on espère avoir quelque jour, n'est qu'une feinte douleur et un repentir imaginaire. Ne vous trompez pas. Chrétiens, il n'est pas si aisé de se repentir. Pour produire un repentir sincère \ il faut renverser son cœur jusqu'aux fondements, déraciner ses inclinations avec violence ^, s'indigner implacablement contre ses faiblesses, s'arracher de vive force à soi-même. Si vous prévoyiez ^ un tel repentir, il vous serait un frein salutaire. Mais le repentir que vous attendez n'est qu'une grimace ; la douleur que vous esjDérez, une illusion et une chimère ; [p. /i] et vous avez sujet de craindre que, par une juste punition d'avoir si étrangement renversé la nature de la pénitence, un Dieu méprisé et vengeur de ses sacrements profanés ne vous envoie en sa fureur, non le Feccavi ^ d'un David, non les regrets d'un saint Pierre, non la douleur amère d'une Madeleine, mais le regret politique d'un Saiil, mais la douleur désespérée d'un Judas, mais les regrets stériles d'un Antiochus ^ : et que vous ne périssiez malheureusement dans votre fausse contrition et dans votre pénitence impénitente.
Vivons donc, mes Frères, de sorte que la rémission des péchés ne nous soit pas un scandale. Rétablissons les choses dans leur usage naturel. Que la pénitence soit pénitence, un remède et non un poison ; que l'espérance soit espérance, un[e] ressource à la faiblesse,