Ms. : prévoyez
et non un appui à l'audace; que la douleur soit une douleur, que le repentir soit un repentir, c'est-à-dire l'expiation des péchés passés, et non le fondement des péchés futurs. Ainsi nous arriverons par la pénitence au lieu où il n'y a plus ni repentir, ni douleur, mais un calme perpétuel et une paix immuable. Au nom [du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit].
lundi, y décembre 1669.
Jusqu'en ces dernières années, avant que la fête de Tlnimaculée Conception de la sainte \"ierge eût été élevée au rite de première classe, la règle liturgique exigeait que, si elle tombait un dimanche, elle tût renvoyée au lendemain. En effet, elle coïncide toujours avec TA vent, et les dimanches de l'Avent, comme ceux du Carême, sont privilégiés. C'était donc à tort que les historiens de Bossuet et ses éditeurs modernes ^, remarquant que le 8 décembre était un dimanche en 1669, en avaient conclu que le sermon de ce jour avait été celui de la fête, et non une exhortation sur l'évangile du temps. La Gazette attestait pourtant que les choses s'étaient passées conformément à la règle, ce Le 9, fête de la Conception, dit-elle. Leurs Majestés entendirent la prédication de l'abbé Bossue! en la chapelle du château. »
La détermination que prend l'orateur de ne point « ennuyer par un long exorde », et d'abréger encore, au dernier moment, celui qu'il avait rédigé dans cet esprit, tient sans doute à ce qu'il avait fait entendre la veille un sermon en trois points. Celui-ci n'en aura que deux; ils seront consacrés à exposer les principes fondamentaux du culte de la sainte Vierge 2, si différent du culte dû à Dieu seul.
La date de ce sermon n'est pas contestée : l'erreur liturgique dont nous avons parlé a servi à l'établir; la conclusion s'est trouvée véritable, en dépit des prémisses. Le manuscrit ^ en témoignerait au besoin : il est identique à tous ceux de cette station.
Fecit mihî magna qui potens est. Le Tout-Puissant a fait pour moi de grandes choses. Luc, i, [49.]
La Sagesse divine conduit^ de loin ses desseins^, et une Mère de Dieu ne se forme pas tout d'un coup, ni par un seul trait de pinceau ^. Si Dieu a fait de si grandes choses pour élever la très sainte Vierge à une si haute
1. Floquet, Études, t. III, p. 373 ; à l'abbé Le Blastier, prêtre du dio- Lachat, t. VIII. p. 177, etc. cèse de Meanx, missionnaire aposto-
2. Un titre autographe, au crayon lique, qui l'avait édité incorrecte- (fo 29), porte ces mots : (( Dévotion ment da.ns Le Mois de Marie à Notre- Vierge. Ad Concept[ioncm'\. Dame des Victoires, conférences sur
3. Ms. fr. 12825, f-^s 29-5-1. In-4, la Mère admirable^ prîchées dans moitié de marge, à partir du second cette éfflise. Paris, 1855, in-8, p. 119. exorde. Le premier, deux pages 4. Var. : prépare.
sans marge, collection de ]\r. Jules 5. Var. : ouvrages.
Drouet, à Nancy. Il avait appartenu fi. De pinceau, addition au crayon .
dignité, il faut croire aussi, Chrétiens, qu'il en a fait de très grandes pour la préparer à cet honneur. Il semble qu'un si grand ouvrage n'a pu ni être porté trop loin, ni aussi commencé trop tôt ; et si nous savons entendre combien auguste est la qualité à laquelle Marie doit être élevée, nous comprendrons aisément que ce n'est pas trop de l'y disposer dès le premier moment de son être ^.
Cette puissante considération persuade sans peine aux fidèles que sa conception a été sans tache. J'ai souvent traité cette matière. Souvent j'ai donné mes soins et proposé mes raisons pour exempter cette conception de l'ancienne corruption de notre nature. Mais j'ai toujours remarqué que la piété de nos auditeurs prévenait nos preuves. Toujours nous les trouvons disposés d'eux-mêmes à penser de la sainte Vierge tout ce qu'on en peut penser de plus haut sans blesser la foi, et le seul nom de Mère de Dieu les porte et les incline si fortement ^ à cette pieuse créance que toutes les preuves que nous ramassons ne peuvent jamais égaler ce premier instinct de la dévotion publique.
C'est ce qui m'a fait penser que peut-être je ferais mieux de supposer avec vous cette vérité et d'employer ce discours à quelque instruction plus fructueuse et plus nécessaire. J'ai dessein de représenter quel doit être le véritable dévot de cette divine Mère, et j'espère que* vous jugerez que je ne m'éloigne pas tout à fait de l'intention de l'Église, si, pendant qu'elle nous fait voir la très sainte Vierge entre les mains du Tout- Puissant qui la forme, je travaille de mon côté à lui former ses enfants selon la règle de l'Évangile. Si vous approuvez ce dessein, demandez-en avec moi l'exécution par les prières de celle qui doit faire le sujet de cet en^ tretien, et disons-lui tous ensemble : Ave.
[P. 1] Dans le dessein que je me propose de vous donner aujourd'hui une instruction chrétienne touchant la dévotion envers la Vierge bienheureuse, et de vous découvrir à fond les utilités infinies ^ que vous en pou-