‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 3)Chapitre 468 sur 532 · Var. : comme la perfection d'un. 3. Yav. : si doiicement · texte numérisé non relu

Var. : comme la perfection d'un. 3. Yav. : si doiicement

2. Var. : de sa vie, c'est-à-dire dès 4. Var. : et peut-être, qu'elle est conçue. 5. Var. : les grandes utilités.

vez tirer, aussi bien que les divers abus qui en corrompent ^ la pratique, j'entrerai d'abord en matière et, sans vous ennuyer par un long exorde, je partagerai mon discours en deux parties : la première établira les solides et inébranlables fondements ^ de cette dévotion ; la seconde vous fera voir les règles invariables qui doivent en diriger l'exercice^.

[P. 2] Ne me dites pas, Chrétiens, que cette idée est trop générale et que vous attendiez cpelque chose qui fût plus convenable à * une si grande solennité. L'utilité des fidèles^ est la loi suprême de la chaire; et je vous accorderai sans peine que je pouvais prendre un sujet plus propre à la fête que nous célébrons, pourvu aussi que vous m'accordiez qu'il n'y en a point de plus salutaire ni de plus propre à l'instruction de mes auditeurs ^. Écoutez donc attentivement ce c^ue j'ai à vous exposer touchant la dévotion pour la sainte Vierge : voyez quel en est le fondement, et quel en est l'exercice.

Premier Point.

[P. 3] Personne, dit le saint Apôtre % ne peut poser d^ autre fondement que celui qui a été mis, c^ est-à-dire Jésus-Christ. Soit donc ce divin Sauveur le fondement immuable de notre dévotion pour la sainte Vierge, parce que, en ejïet, tout le genre humain ne peut assez honorer cette Vierge mère ^ depuis qu'il a reçu Jésus- Christ par sa fécondité bienheureuse. Élevez vos esprits, mes Frères, et considérez attentivement combien

1. Première rédaction (effacée) : raniment dans tous les mj-stères qui qui peuvent en corrompre. s'accomplissent en elle, je veux

2. Première rédaction : les fonde- tâcher de vous inspirer, dès ce ments solides et inébranlables. premier pas, des sentiments conve-

3. Passage retranché au ma- nables à la piété chrétienne, et de nuscrit, maintenu dans les éditions : former vos dévotions sur les maxi- (( Cette doctrine vous {édit. : nous) mes de l'Évangile. »

servira à honorer chrétiennement la 4 Édit. : plus propre et plus contres sainte Vierge, non seulement venable à. — Les trois pemiers mots, dans la fête de sa Conception, mais d'abord ajoutés, ont été retranchés encore dans toutes celles que la j^^; dernier moment, sainte succession de l'année ecclé- 5 y^^. . ^^^^ enfants de Dieu. siast.que ramené de temps en temps ^^^^ • . ^^ pourtant préféré par les a la piéte des fidèles. La conception . - i i. 'j-i. de Marie étant le premier moment précédents éditeurs, dans lequel nous commençons de "• var.: de ce ro3'al auditoire, nous attacher à cette divine mère, 7. I Cor., m, 11. pour de là l'accompagner persévé- 8. Yar. : l'honorer assez.

grande, combien éminente est. la vocation de Marie, que Dieu a prédestinée avant tous les temps pour donner par elle Jésus-Christ au monde. Mais il faut encore ajouter que. Dieu l'ayant appelée à ce glorieux ministère, il ne veut pas qu'elle soit un simple canal ^ d'une telle grâce, mais un instrument volontaire, qui contribue " à ce grand ouvrage, non seulement par ses [p. 4] excellentes dispositions, mais encore par un mouvement de sa volonté. C'est pourquoi le Père éternel envoie un ange pour lui proposer le mystère, qui ne s'achèvera pas tant que Marie sera incertaine"; si bien que ce grand ouvrage de l'Incarnation, qui tient depuis tant de siècles toute la nature en attente, lorsque Dieu est résolu de l'accomplir demeure encore en suspens jusqu'à ce que la divine Vierge y ait consenti; tant il a été nécessaire aux hommes que Marie ait désiré leur salut ! Aussitôt qu'elle a donné ce consentement, les cieux sont ouverts, le Fils de Dieu est fait homme et les hommes ont un sauveur. La charité de Marie a donc été en quelque sorte la source féconde d'où la grâce a pris son cours et s'est répandue avec abondance sur toute la nature humaine. Et comme dit saint Ambroise^, c'est de ses bénites entrailles qu'est sorti avec abondance cet esprit de sainte ferveur ^ qui, étant premièrement sui'venu en elle, a inondé toute la terre *^. Il a donc fallu. Chrétiens, que Marie ait concouru par sa charité à donner au monde son libérateur. Comme cette vérité est connue, je ne m'étends pas à vous l'expliquer ; mais je ne vous tairai pas une conséquence que peut-être vous n'avez pas [p. 5] assez méditée : c'est que, Dieu ayant une fois voulu nous donner ^

1. Var. : [par où] un tel bien ohtinnit plenitudinem tit essct propindécoule snr nous. quissima auctori gratiœ: ita quod

2. Yar. : il ne veut pas se servir etim qui est pleniis \omni'\ gratta d'elle comme d'un [simple instru- in se reciperet, et eum pariendo mentj ; il veut qu'elle contribue, quodammodo gratiam ad omnes de- — qu'elle coopère. rivaret. (III part., q. xxvii, art. 5.

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