‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 3)Chapitre 48 sur 532 · P.Ç. XXXII · texte numérisé non relu

P.Ç. XXXII

haut de cette superbe grandeur par une sanglante défaite ^ .

Tremblons donc sous sa main suprême, et mettons en lui seul toute notre g-loire. La gloire que les hommes donnent n'a ni fondement ni consistance. Qu'y a-t-il~ de plus variable, puisqu'elle s'attache aux événements et change avec la fortune ? C'est pourquoi je souhaite à notre grand roi quelque chose de plus solide. Sire, je désire ^ d'une ardeur immense de voir croître par tout l'univers cette haute réputation de vos armes et de vos conseils ; et si ma voix se peut faire entendre parmi ces glorieuses acclamations, j'en augmenterai le bruit avec joie. Mais, méditant en moi-même la vanité des choses humaines, qu'il est si digne de votre grande âme d'avoir toujours devant les yeux, je souhaite à Votre Majesté un éclat plus [p. 26] digne d'un roi chrétien que celui de la renommée, une immortalité plus assurée que celle que promet l'histoire à votre sage conduite, enfin une gloire mieux établie que celle que le monde admire : c'est celle de l'éternité avec le Père, le Fils, et le Saint-Esprit. Amen.

1. Bossuet supprime ici d'autres exemples, que les éditeurs n'ont garde de laisser perdre. Leur zèle serait louable, s'ils les donnaient en note, et non dans le texte même :

« C'est lui qui fait frapper par son ange un Hérode, pour n'avoir pas donné gloire à Dieu (Act., xil, 23) ; qui renverse {vat: : confond) un Nicanor par une poignée de gens (( qu'il regardait comme rien, quos nullos existimaverat )), comme dit le texte sacré (II Machab., vin. 35) :

qui confond un Antiocbus avec son

armée, par laquelle il croyait pouvoir dominer aux flots de la mer:

Qui sibi videbatur etiam fluctibus maris imperare (Ibid., ix, 8). Et quand aurais-je fini, si j'entreprenais de vous raconter toutes les victoires de ce triomphateur en Israël et de ce monarque du monde V »

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