‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 3)Chapitre 57 sur 532 · La Première vérité. Dieu.. 6. In Ps. cvi, n. ô · texte numérisé non relu

La Première vérité. Dieu.. 6. In Ps. cvi, n. ô

2. Anciennes édit. : et confondu. 7. Le texte que nous adoptons, — Ce second participe est effacé. différent de celui de M. G-azier, est

3. Ms. : qui aura-t-il... V — De une surcharefe marginale au crayon, xaêrne, plus loin. écrite hors de sa place, c'est-à-dire

4. Édit. (avant M. Gazier) : com- la dernière. — Première crrrection ine nécessaire. (en marge) : que nous aimions si

5. Texte latin en marge. Un signe, constamment (var. : puissamment) ■du reste fort équivoque, paraît indi- ces amis trompeurs qui nous abanquer l'intention de le faire entrer donnent si vite. — Eédaction primidans la trame du discours. Ainsi tive : que nous ayons un amour si placée, en fin de période, une cita- ferme pour ces (var.: des) plaisirs tion est bien à sa place. Nous ne dont le naturel est si volage (var. : changeons donc rien ici à lïnterpré- d'un naturel si volage).

tation de nos prédécesseurs.

telle force pour nous entraîner, et nous une extrême impuissance ^ pour les retenir ' ; enfin que notre attache soit [p. 15] si violente, et leur fuite cependant si précipitée ? Pleurez, pleurez, ô prodigue ! car qu'y a-t-il de plus misérable que de se sentir comme forcé par ses habitudes vicieuses d'aimer les plaisirs, et de se voir si tôt '^ après forcé, par une nécessité fatale, de les perdre sans retour et sans espérance ?

Que si, parmi tant de sujets de nous affliger, nous vivons toutefois heureux et contents, c'est alors, c'est alors, mes Frères, qu'au défaut de notre misère, notre propre repos nous doit faire horreur. Car ce n'est pas en vain qu'il est écrit : Illuminez mes yeux, ô Seigneur, de peur que je ne m'' endorme dans la mort^. Ce n'est pas en vain qu'il est écrit : Ils passent leurs jours en paix, et descendent en un moment dans les enfers ^. Ce n'est pas en vain qu'il est écrit, et que le Sauveur a prononcé dans son Évangile : Malheur à vous qui riez, car vous pleurerez ^ ! En effet, si ceux qui rient parmi leurs péchés peuvent toujours conserver leur joie et en ce monde et en l'autre, ils l'emportent contre Dieu, et bravent sa toute-puissance. Mais, comme Dieu est le maître, il faut nécessairement que leurs ris se changent en gémissements^ éternels; et ils sont d'autant plus assurés de pleurer un jour qu'ils pleurent [p. 16] moins maintenant. Ouvrez donc les yeux, ô pécheurs ! et voyez sur le bord de quel précipice vous vous êtes endormis, parmi quels flots et quelles tempêtes vous croyez être en sûreté, enfin parmi quels malheurs et dans quelle servitude vous vivez contents ! O ! qu'il vous serait peutêtre utile que Dieu vous éveillât d'un coup de sa main, et vous instruisît par quelque affliction ! Mais, mes Frères, je ne veux point faire de pareils souhaits, et je vous conjure au contraire de n'obliger pas le Tout- Puissant à vous faire ouvrir les yeux ^ par quelque revers : pi'évenez de vous-même [s] sa juste fureur; crai-

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