‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 3)Chapitre 73 sur 532 · Var. : le bien. cunes bornes au cours de sachante · texte numérisé non relu

Var. : le bien. cunes bornes au cours de sachante

4. Var. : qu'elle lui soit unie par... et de l'étendre sur tous les hommes.

5. Edit. : suprême. — Effacé. Res- Celui qui aime par humeur, ou par te d'une première rédaction : ce sous passion, ou par intérêt, rétrécit son l'empire suprême de Dieu. » cœur par nécessité, et il en exclut

T). Deux mots soulignés, mais non bien plus de personnes qu'il n'est remplacés. La conjonction, qui est capable d'y en [renfermer]. »

nous-mêmes, il faut être capables de lui désirer et même de lui procurer le même bien que nous désirons ? Et pour pouvoir s'élever à une si haute et si pure disposition, ne faut-il pas avoir détaché son cœur des biens particuliers, où nous pouvons être divisés par la partialité et la concurrence, pour retourner par un amour chaste au bien [p. 7] commun et général de la créature raisonnable, c'est-à-dire Dieu, qui seul suffit à tous par son abondance, et que nous possédons d'autant plus que nous travaillons davantage à en faire part aux autres ? Celui donc qui aime Dieu d'un cœur véritable, comme parle l'Écriture sainte ^, est capable d'aimer cordialement, non seulement quelques hommes, mais tous les hommes, et de vouloir du bien à tous avec une charité parfaite. Mais celui au contraire qui n'aime pas Dieu, quoi qu'il die^ et quoi qu'il promette, il n'aimera que lui-même ; et ainsi tout ce qu'il aura d'amour pour les autres ne peut jamais être ni pur, ni sincère, ni enfin assez cordial pour mériter qu'on s'y fie.

En effet, cette attache intime que nous avons à nousmêmes, c'est la ligne de séparation, c'est la paroi mitoyenne entre tous les cœurs, c'est ce qui fait que [p. 8] chacun de nous se renferme tout entier dans ses intérêts et se cantonne en lui-même, toujours prêt à dire avec Caïn : « Qu'ai-je affaire de mon frère ? Num custos fratris mei sum ego ^ ? » C'est pourquoi l'apôtre saint Paul, parlant de ceux qui s'aiment eux-mêmes '^, dit qu^ ce sont des hommes sans affection et ennemis de la paix ^. Car il est vrai que notre amour-propre nous empêche d'aimer le prochain comme la loi le prescrit. La loi veut que nous l'aimions comme nous-même[s], sicut teipsum, parce que, selon la nature et selon la grâce, il est notre prochain et notre semblable, et non pas notre inférieur ; mais l'amour-propre, bien mieux obéi, fait que nous l'aimons pour nous-mêmes, et non pas comme nousmêmes; non dans un esprit de société pour vivre avec

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