Yar. : outraFreante
lez ^ porter vos soupçons jusqu'aux oreilles importantes ; vous méditez même de les porter jusqu'aux oreilles du Prince ! Ha ! songez qu'elles sont sacrées, et que c'est les profaner trop indignement que d'y vouloir porter, comme vous faites, ou les injustes préventions d'une haine aveugle, ou les malicieuses inventions ^ d'une jalousie cachée, ou les pernicieux raffinements d'un zèle affecté.
Arrêtons-nous, donc, Chrétiens ; [p. 27] prenons garde comme nous parlons du prochain, surtout à la Cour, où tout est si important et si délicat. Ce demimot que vous dites, ce trait que vous lancez en passant, cette parole malicieuse qui donne tant à penser par son obscurité affectée, tout cela, dit le Sage, ne tombera pas à terre ^ : Sermo ohscurus in vacuum non ibit '^. A la Cour, on recueille tout, et ensuite chacun commente et tire ses conséquences à sa mode. Prenez donc garde, encore une fois, à ce que vous dites, retenez votre colère maligne et votre langue trop impétueuse. Car il y a un Dieu au ciel, qui nous ayant déclaré qu'il nous demandera compte à son jugement des paroles inutiles ", quelle justice ne fera-t-il pas de celles qui sont outrageantes et malicieuses ? Par conséquent. Chrétiens, révérons ses yeux et sa présence ; songeons qu'il nous sera fait dans son jugement comme nous aurons fait à notre prochain : si nous pardonnons, il [nous] pardonnera ; si nous vengeons nos injures, il nous gardera nos péchés ^, comme dit l'Ecclésiastique ^ : [p. 28] sa vengeance nous poursuivra à la vie et à la mort ; et ni en ce monde ni en l'autre, jam.ais elle ne nous laissera aucun repos. Ainsi n'attendons pas l'heure de la mort pour pardonner à nos ennemis ; mais plutôt pratiquons