Ms. : formés {formez). Mais 9. Yar. : les Samaritains
fidèles, a dit dans notre évangile : « Vous adorez ce que vous ne connaissez pas, et nous adorons ce que nous connaissons ^ ; par où il nous prépare la voie à cette adoration en vérité que je dois tâcher aujourd'hui de vous faire entendre.
Concluons donc nécessairement qu'il faut connaître celui que nous adorons ; mais surtout il en faut connaître ce qui est nécessaire pour l'adorer, que je réduis, Chrétiens, à ces trois vérités principales : que Dieu est une nature parfaite et dès là incompréhensible ^ ; que Dieu est une nature souveraine; que Dieu est une nature bienfaisante. Voilà comme les trois sources et les trois premières notions qui portent^ l'homme à adorer Dieu : parce que nous sommes portés naturellement à révérer ce qui est parfait *, et que la raison nous enseigne à dépendre de ce qui est souverain, et que nos besoins nous enclinent ^ à adhérer à ce qui est bon.
[P. 5^°] Il faut donc connaître avant toutes choses que Dieu est incompréhensible et impénétrable, parce qu'il est parfait ^ ; et c'est par là que nous apprenons à séparer "^ de toutes les idées communes la très simple notion de ce premier Être, ce Beddam tihi vota mea, quœ distinocerunt labia wea ^ : Je vous rendrai mes vœux, dit le Roi-Prophète, que mes lèvres ont distingué [s] ; » c'est-à-dire, selon la pensée de saint Augustin \ qu'il faut adorer Dieu distinctement. Et qu'est-ce que l'adorer distinctement, sinon de le distinguer tout à fait de la créature et de ne lui rien attribuer du nôtre ?
Que ne peut-on dire de Dieu^ dit saint Augustin ^^ ; mais que peut-on dire de Dieu dignement ^^ ? Il est tout ce que nous pouvons penser de grand, et il n'est rien de