‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 3)Chapitre 88 sur 532 · Yar. : grand. 8. Ps. Lxv · texte numérisé non relu

Yar. : grand. 8. Ps. Lxv

5. Yar. : nous penchent à nous 9. Enarr. in Ps. LXV, n. 19. attacher à ce qui est bon; 10. Tract, xiii f?? Joan., n. 5.

6. Cinq mots faisant partie d'une 11. Yar.: dire dignement de Dieu? addition marginale avec renvoi. — En marge le latin : Omnia pos- Yoici le reste, trop informe pour sunt dici de Deo, et nihil digne dicientrer dans le texte: « et comme tur {mn. : potest digne dici) de Deo

ce que nous pouvons penser de plus grand ; parce que sa perfection est si éminente que nos pensées n'y peuvent atteindre, et que nous ne pouvons pas même dignement comprendre jusques à quel point il est incompréhensible ^.

[P. 6] Cette profonde pensée de la haute incompréhensibilité de Dieu est une des causes principales qui nous portent à l'adorer. Nous aimons Dieu, dit saint Grégoire de Nazianze ^, parce que nous le connaissons" ; mai^ nous l'adorons, poursuit-il, parce que nous ne le comprenons pas ; c'est à dire : ce que nous connaissons de ses perfections fait que notre cœur s'y attache comme à son souverain bien ; mais, parce que c'est un abîme impénétrable, que nous ne pouvons sonder, nous nous perdons à ses yeux *, nous supprimons devant lui toutes nos pensées, nous nous contentons d'admirer de loin une si haute majesté, et nous [nous] laissons pour ainsi dire engloutir ^ par la grandeur de sa gloire : et c'est là adorer en vérité ^.

1 . Note, au bas de la page, dont Deforis tire une phrase, pour l'introduire dans le texte : C( Pœnituit me quod constitueritn regem Saul. — Cum id de Deo sit ind{çnum, aliqiiid dici arhitraretur^ si aliquid dignum ■hiveniretur quod de illo diceretur (Deforis rectifie ainsi : Ego vero cum hoc de Deo dicitur, indignum aliquid dici arhitrarer si...), Cumve7-o{m.s :

autem) verba omnia., quibus humaiia colloquia conseruntur {vas. : conferuntur). illius sempiterna virtus et divinitas \^7nirabiliter aîque] incunctanter excédât., qiiidquid de illo humaniter (ms. : hxmanitus) dicitur, quod etiam hominibus aspernabile videatur, ipsa humana admonetur infirmitas., etiam illa qnce ccngruenter in Scripturis sacris de Deo dicta existimat (ms. : dicta esse existimantur)., humanœ capacitati aptiora esse quam divivœ sublimitati, ac per hoc etiam ipsa transcendenda esse sereniore {ms:

saniore) intellectu., sicut ista qualicumque transcensa sunt (Lib. II de divers. Qiiœst. ad Simpl., quaest. ii, n.1).

Bossuet lui-même dira plus tard de (( cette haute incompréhensibilité de Dieu » qu'elle est « un attribut divin, et l'un des plus augustes )) ;

et il ajoutera : (( On ne sort donc jamais tellement des attributs de Dieu qu'on n'y rentre d'un autre côté, et peut-être plus profondément.... Dieu semble nous échapper, quand il se communique plus obscurément et que, par là, il nous fait entrer dans son incompréhensible profondeur. Alors, comme toute la vue semble être réduite à bien voir qu'on ne voit rien, parce qu'on ne voit rien qui soit digne de Dieu, cela paraît un songe à l'homme animal ; mais cependant l'homme spirituel se nourrit. » {Lettre à 3/'«« de Baradat, du 25 octobre 1693. Correspondance, t. VI, p. 44.)

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