Var. : desseins. de, qui leur a sans doute paru trop
3. En partie souligné, mais non elliptique. Ils n'ont pas vu qu'elle remplacé, ni condamné d'une façon est d'autant plus vive.
souveraineté qui, supérieure infiniment à celles que nous voyons, n'a besoin, pour se soutenir, d'aucun secours tiré du dehors ^, et qui contient toute sa puissance dans sa seule volonté. Il ne fait que jeter un regard, aussitôt toute la nature est épouvantée et prête à se cacher dans son néant. J'ai regardé^ dit le prophète Jérémie ^, et voilà que, devant la face du Seigneur, la terre était désolée et ne semblait que de la cendre; j'ai levé les yeux au ciely et il avait perdu sa lumière; fai considéré tes montagnes, et elles étaient ébranlées terriblement^ et toutes les collines se troublaient, et les oiseaux du ciel étaient [p. 9] dissipés^ et les hommes n'osaient paraître, et les villes et les forteresses étaient renversées, parce que le Seigneur était en colère. Le prophète ne nous dit pas, ni qu'il fasse marcher des armées contre ces villes, ni qu'il dresse des machines contre leurs murailles. Il n'a besoin que de lui-même pour faire tout ce qui lui plaît, parce que son empire est établi, non sur un ordre politique, mais sur la nature des choses, dont l'être est à lui en fonds et en tout droit souverain, lui seul les ayant tirées^ du néant. C'est pourquoi il prononce dans son Écriture avec une souveraine hauteur : <( Tous mes conseils tiendront, et toutes mes volontés seront accomplies : Consilium meum stabit, et omnis voluntas mea fiet '^. »
Donc, pour adorer Dieu en vérité, il faut connaître qu'il est souverain. Et à voir comme nous prions, je dis ou que notre esprit ne connaît pas cette vérité ^, ou que notre cœur dément notre esprit. Considérez, Chrétiens,de quelle sorte vous approchez de la sainte majesté de Dieu pour lui faire votre prière. Vous venez à Dieu plein de vos pensées, non pour entrer humblement dans l'ordre de ses conseils^, [p. 10] mais pour le faire entrer dans vos sentiments ^. Vous prétendez que lui et ses saints épousent vos intérêts, sollicitent pour ainsi dire vos affaires, favorisent votre ambition. Dans l'espérance de ce secours ^, vous lui promettez de le bien servir, et vous voulez qu'il vous achète à ce prix, comme si vous