‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 3)Chapitre 95 sur 532 · Première rédaction : Disons rédactions · texte numérisé non relu

Première rédaction : Disons rédactions

donc avec le Sauveur... 5. Edit. : de le servir et ensuite de

4. Correction (plus récente) :*que le posséder en esprit. — Sept mots nous inspire cette nature. — Edit. : sur dix sont effacés au manuscrit.

hommes qui prient ^, à peine trouverons-nous un seul chrétien. Qui s'avise de faire des vœux et de demander des prières pour obtenir sa conversion ? Démentez-moi, Chrétiens, si je ne dis pas la vérité^. Ces affaires importantes qu'on recommande de tous côtés dans les sacristies sont toutes affaires du monde ; et plût à Dieu du moins qu'elles fussent justes^, et que, si nous ne craignons pas de rendre Dieu ministre de nos intérêts, nous appréhendions du moins ^ de le faire complice ^ de nos crimes ! Nous voyons régner en nous sans inquiétude des passions qui nous tuent, sans jamais prier Dieu qu'il nous en délivre. S'il nous arrive quelque maladie ou Cjuclque affaire fâcheuse, c'est alors que nous com.mençons à faire des neuvaines à tous les autels et à fatiguer véritablement le cieP par nos vœux. Car qu'estce qui le fatigue davantage que des vœux et des dévotions si intéressées ? Alors on commence à se souvenir qu'il y a des malheureux dans les prisons et des pauvres qui meurent de faim et de maladie dans quelque coin ténébreux '^ . Alors, charitables par intérêt et pitoyables par force, nous donnons peu à Dieu pour avoir beaucoup ; et, [p. 20] très contents de notre zèle, qui n'est qu'un empressement pour nos intérêts, nous croyons que Dieu nous doit tout, jusqu'à des miracles, pour satisfaire nos désirs ^ et notre amour-propre. O Père éternel % tels sont les adorateurs qui remplissent vos églises ! O Jésus, tels sont ceux qui vous prennent pour médiateur de leurs passions ! Ils vous chargent de leurs

1. Yar, : parmi tant d'hommes qui en outre les mots suivants : « Quelprient. les dévotions lui sont plus à charge ?

2. Addition marginale, au crayon ; quels vœux le fatiguent plus ? » récrite à l'encre, vers 1669. 7. Yar. : dans des gi'eniers. — La

3. Yar. : et Dieu veuille qu'elles correction est de date incertaine, soient justes... 81 Yar. : nos passions. — Correc-

4. Yar. : du moins nous appréhen- tion plus récente, d'après l'écriture, dions. — Deux chiffres, au crayon, mais déjà tracée au crayon, à une indiquent l'ordre que nous suivons. date impossible à déterminer.

Il est vrai que Bossuet ne les a 9. Au crayon (date incertaine),,

peut-être apposés qu'en se relisant puis à la plume (vers 1669). De

plus tard. même ce qui suit, jusqu'à: « 0 ! que

5. Yar, : de le vouloir complice. nous pourrions dire...! — Première

6. Note ou correction marginale, rédaction (plus brève): 0 Jésus, plus récente : « * charger le ciel... tels sont les adorateurs qui remplis- Qui lui est plus à charge que les sent vos églises. 0 ! que vous pourdévotions intéressées ? )) — La même riez dire... !

note, d'abord au crayon, contenait

SIR LE Cl^LTE DU A DIEU. 121

affaires, ils vous font entrer dans les intrigues qu'ils méditent pour élever leur fortune, et ils veulent que vous oubliiez ^ que vous avez dit: J^ai vaincu Je monde ~ . Ils vous prient de le rétablir, lui que vous avez non seulement méprisé, mais vaincu. O ! que nous pourrions dire avec ^ raison ce que l'on disait autrefois : ce La foule vous accable : Turhse te comprimunt ^ ! » Tous vous pressent ; aucun ne vous touche, aucun ne vient avec foi pour vous prier de guérir les plaies cachées ^ de son âme. Cette troupe qui environne vos saints tabernacles est une troupe de Juifs mercenaires qui ne vous demande qu'une terre grasse et des rivières de lait et de miel, c'est-à-dire des biens temporels ; comme si nous étions encore dans une Jérusalem terrestre ^, parmi les ombres de Moïse, et non dans les lumières et sous l'Ëvangile de celui dont le royaume n'est pas de c-e monde !

O enfant du Nouveau Testament, ô adorateur véritable, ô Juif spirituel et circoncis dans le cœur, chrétien détaché de l'amour du monde, viens adorer en esprit ; viens demander à Dieu la conversion et la liberté de ton cœur qui gémit, ou plutôt qui ne gémit pas, qui se réjouit parmi tant de captivités '^ ; viens affligé de tes crimes, ennuyé de tes erreurs ^, détrompé de tes folles espérances, dégoûté des biens périssables, avide de l'éternité et affamé de la justice et du pain de vie. [p. 21] Expose-lui toutefois avec confiance, ô fidèle adorateur, expose avec confiance tes nécessités même corporelles. Il veut bien nourrir ce corps qu'il a fait et entretenir l'édifice qu'il a lui-même bâti ; mais cherche premièrement son royaume, attends sans inquiétude qu'il te donne le reste ^ comme par surcroît ^° ; et bien loin de lui demander qu'il contente tes convoitises,

1. Ms. : que vous oubliez. dans le texte les rédactions succes-

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