On dirait aujourd'hui tv mysticisme^ ou cette mysticité
2. Ms. qu'il énerverait... qu'il effacerait. — Distraction, à ce qu'il semble.
3. Ms. envolerait (enuoieroit). — Voy. Remarques su?' la g7'ammaire... (Introd.)
4. Diciit., quasi., esquelles... tous ces archaïsmes qui vont disparaître, concourent avec l'écriture et l'orthographe à fixer la date de cette œuvre.
tenir de ces choses : écoutez non point mes pensées, mais trois admirables raisonnements du grand apôtre saint Paul. dont il pose les principes dans le texte que j'ai alléo^ué, et en tire les conséquences dans les paroles suivantes : « Jksus est mort, dit-il, et c'est au péché qu'il est mort, » inorhnis est peccato i^) : si donc nous voulons participer à sa mort, il faut que nous mourions au péché : c'est notre première partie. Ji^;sus étant mort a repris une nouvelle vie, et cette vie n'est plus selon la chair, mais entièrement selon Dieu, « parce qu'il ne vit que pour r)ieu : » qtiod aittem vivit, vivit Deo ('') : il faut donc que nous passions à une nouvelle vie, qui doit être toute céleste : voilà la deuxième. Jésus étant une fois ressuscité, « ne meurt plus, la mort ne lui domine plus : » jam non morittir, mors illi nitra non doniinabitîir (') : si donc nous voulons ressusciter avec lui, il faut que nous vivions éternellement à la grâce, et que la mort du péché ne domine plus en nos âmes : c'est par on finira ce discours. Le Sauveur est mort, mourons avec lui ; il est ressuscité, ressuscitons avec lui ; il est immortel, soyons immortels avec lui. Tâchons de rendre ces vérités sensibles par une simple et naïve exposition de quelques maximes de l'Évangile; et faisons voir en peu de mots, avant toutes choses, quelle nécessité il y a de mourir avec le Sauveur.
PREMIER POINT
D'où vient que l'apôtre saint Paul ne parle que de mort et de sépulture, quand il veut dépeindre la conversion du pécheur, et pourquoi a-t-il toujours à la bouche qu'il fuit mourir au péché avec Ji':sus-CiikisT (U crucific^r le vieil homme, et tant d'autres semblables discours (jui d'abord [p. 6| paraissent étranges? Car s'il ne veut dire autre chose sinon que nous devons (') changer nos méchantes inclinations, pour quelle raison se sert-il si souvent d'un(î façon de parler (jui semble si fort éloignée ? et ce changcmient d'affections étant si commun dans la vie. humaine, comuKMit ne Tex-
(i. Ro?n., vr, 10. - Ms. pccrato niortum t'st. — b. îhiiL <-. //'/</., n. l. V(tr. que nous sommes obliges tle (hanger...
primo-t-il i^as m termes plus familiers? C'est ce qui me fait croire que ces sortes d'f^xpressions ont quelque sens plus caché ; et sans doute il ne lésa pour ainsi dire affectées qu'afin de nous inviter à en pénétrer le secret. Or (') pour :iv(^ir une pleine intelligence de l'intention de l'Apôtre, je me sens obligé à vous représenter deux considérations imi)ortantes : par la prc^niére je vous ferai voir, avec l'assistance divine, pour quelle raison la conversion du pécheur s'appelle! une mort, et elle sera tirée d'une propriété du péché ; par la seconde, je tâcherai de montrer que nous sommes obligés de mourir au péché avec le Sauveur, et celle-ci sera prise de la qualité du remède ; de ces deux considérations, il en naîtra une troisième pour l'instruction des pécheurs.
Tout péché doit avoir son principe dans la volonté : mais dans l'homme il a une propriété bien étrange, c'est qu'il est tout ensemble volontaire et naturel. Les pélagiens, ne comprenant point cette vérité, ne pouvaient souffrir que l'on leur parlât de ce péché d'origine avec lequel nous naissons, et disaient que [p. 7] cela allait à l'outrage de la nature, qui est r(i:uvre des mains de Dieu. Ils n'entendaient pas que la source du genre humain étant corrompue, ce qui avait été volontaire seulement dans le premier père avait passé en nature à tous ses enfants. Qu'est-il nécessaire de vous raconter plus au long l'histoire de nos malheurs ? Vous savez assez que le premier homme, séduit par les infidèles conseils de ce serpent frauduleux, voulut faire une funeste épreuve de sa liberté ; et qu'usant inconsidérément de ses biens, ce sont les propres mots du saint pontife Innocent (''), il ne sut
n. Kpist. xxixad Concil. Carthag.^ n. 6.
I. / 'ar. J'en trouve trois raisons principales. Je tire la première d'une propriété que le péché a dans les hommes ; la seconde, de la qualité du remède par lequel nous en sommes guéris ; la troisième regarde une instruction du pécheur qui doit être changé. Par ces trois raisons je prétends vous faire voir, avec l'assistance divine, et que c'est a bon droit que la conversion des pécheurs s'appelle une mort, et que la mort du Fils de Dieu nous oblige de mourir au péché, et à quelle sainteté cette oljligation nous engage. Je les tirerai des vérités les plus communes et les plus connues du christianisme ; je vous prie de vous y rendre attentifs. — Sans effacer cette première rédaction, le jeune orateur y a substitué celle que nous donnons dans le texte.
pas reconnaître la main qui les lui donnait : de sorte que son esprit s'étant élevé contre Dieu, il perdit l'empire naturel qu'il avait sur ses appétits ; la honte ('), qui jusqu'à ce temps-là lui avait été inconnue, fut la première de ses passions qui lui décela la conspiration de toutes les autres. Il s'était enflé d'une vaine espérance de savoir le bien et le mal : et il arriva par un juste jugement de Dieu, que k( la première chose dont il s'aperçut, c'est qu'il fallait rougir : ;> Nihil primuin seiiserunt quant erubescejuhcm (''), dit Fertullien (^). Cela est bien étrange. Il remarqua incontinent sa nudité, ainsi que nous apprend l'Ecriture (''') : c'est qu'il commença à sentir une révolte à laquelle il ne s'attendait pas ; et la chair s'étant soulevée inopinément contre la raison, il était confus de ce qu'il ne [p. 8J pouvait la réduire. Mais je ne m'aperçois pas que je m'arrête peut-être trop à des choses qui sont très connues : il suffit présentement que vous remarquiez que nous naissons tous, pour notre malheur, de ces passions honteuses qui, étant suscitées par le péché, s'élèvent dans la chair, à la confusion de l'esprit. Cela n'est que trop véritable ; et voici le raisonnement que saint Augustin en tire après le Sauveur. « Oui naît de la chair est chair, » dit Notre-Seigneur en saint Jean (") : Quod uatîtm est ex carne, cai^o est. Que veut dire cela? La chair en cet endroit, selon la phrase de l'Ecriture, signifie ces inclinations corrompues qui s'opposent à la loi de Dieu: c'est donc comme si notre Maître avait dit plus expressément : O vous, hommes misérables, qui naissez de cette révolte, vous naissez par conséquent rebelles contre Dieu, et ses ennemis: Quod natum est ex carne, caro est : vous recevez en même temps et par les mêmes canaux et la vie du corps et la mon de l'âme : qui vous engendre vous tue; et la masse dont \'ous êtes formés étant infectée dans sa source, le péché s'attache et s'incorpore à votre nature. De là cette profonde ignorance, de là ces chutes continuelles, de là ces cupidités
a. De veland. Virg,, n. 11. — b. Crcncs., ui, 7. — c. Joan., ni, 6. — S. Au^., seim. CLXXiv, n. 9 ; — serm. ccxciv, n. 16.