SUR LA GRAMMAIRE ET LE VOCABULAIRE. XXIII
Attractions, fréquentes ; ce sont des latinismes : € Etes-vous celui qui f^evez ^ venir? » {Cœci vident^ 1665, i^"^ exorde.) — « Vous êtes la première qui Vavez reçue. •j> {Vaines excuses..., 1660, r"" exorde.) — « Ce que je dis du Père et du Fils, je le dis encore du Saint-Esprit, qtà so7it trois choses et la même chose. » {Tri- 7iité, 1665, i*'' p.) — « Tout cela so7ît des biens effectifs, qu'un homme sage doit estimer tels. » {De VHonneur, 1658.) — Rancé écrivait plus tard à'Bossuet : « Tout ce que vous écrivez, Monseigneur, sont aidant de décisions. )> (Mars 1697.) — « Il nous a donné ses disciples, qui, étant la ■plus noble partie du peuple qu'il a racheté, est appliquée par lui-même et entièrement dévouée à coopérer par sa charité à la délivrance de tous les autres. » {S. Pierre Nolasque, 1665, exorde.) — C'est encore par attraction que cequitst remplacé quelquefois par qui :« Jean-Baptiste s'estime indigne de lui délier ses souliers, qui est le plus vil office d'un serviteur. » {Visitation, 1659, i*^"" p.) — « ...qui est la vraie disposition d'un chrétien. » {Sentiments..,, vers 1659.) — C'est sans doute par attraction que Bossuet a fait cette construction assez étrange : « Les pigeonneaux et les tourterelles, âétaicfit le sacrifice des pauvres. » {Purification, 1653.)
Aucun, aucuns. Le pluriel est fréquent : ^ Il ne se voulait laisser convaincre par aucuns discours. » {S" Croix, 1659, i'"' p.) — « Sa grâce se montre grâce en ce qu'elle n'est attirée par auctins mérites. » {Visitation, 1659, i" p.) — « Les injustes, pour l'ordinaire, sont plus forts, parce qu'ils ne se donnent aucunes homes. )} {Ambition, 1666.) — Ilya des traces d'hésitation cependant: ayant écrit : «... n'est ignorée d'aucuns des fidèles, » l'auteur effaçait Vs. {Pâques, 1660, 3'' p.)Au contraire, il ajoute, plus tard, dans un autre manuscrit :« Je veux croire Gyi^ aucuns àenxes auditeurs ;î<? sont si dépravés et si corrompus.» (7/(?r(2 est, 1669, i^'' p.) Dans un passage parallèle, il avait dit : « Je veux croire qu'il n'y a aucun de mes auditeurs qui soit si dépravé... » {Tune videbunt, 1665, i*^'" p.) — « Il ne faut pas croire que le monarque du monde... endure dans son empire C[\i'a7{cu7i y ait le commandement sans sa commission particulière. » {Devoirs des rois, 1662, i^-" p.)
Aucunement gardait le sens positif : tin peu : « Maux qui, tout cruels qu'ils sont, sont aucunement supportables ». {Cœci vident, 1653, i^" point). — « Il attendait que la faim les rendît aucunement supportables. » {Postul. Bernardirte, 1656, 2^ point.)
Audience : 1° action d^écouter : « Le monarque qui nous honore de son audience. > {Providence, 1662, 2^ p.) — « Sire, elle est digne de votre audience. » {Mort, 1662, 1*='' p.) Cf Rosaire, 1651, 2*= p. — 2" auditoire : «... Que je m'abstiens de nommer par le respect de cette audience... » {Bonté et rig. de Dieu, 1652, 2"= p.) — « Des rencontres que l'honnêteté ne me permet pas de dire en cette audience.) {S. Ber?iard, 1653, i'^'' p.) — « S'il y a dans cette audie7ice... » {(2uasimodOy 1660, péror.) — Les deux sens (5''' Thérèse, 1657, II, 374,381). — « Représenter à cette auguste audience. » {Marie-Thérèse, 1683.) — Oui honore cette audience. » {Palatine, 1685.) Aussi, Voy. Non plus.
Autant répété. Au xvir siècle, on disait logiquement : « Autant que..., autant... ; quantum..., tajitu)n. Bossuet use de cette construction à toutes les éj)oques ; souvent avec une inversion dans le second membre : « Autant que leur opinion est 'wn\i\t,autant sont admirables les raisonnements que leur opposent les saints Pères. » {Bonté et rii^. de Dieu, 1652, 2"^ exorde.) — <i Autant qu'il respectait leur degré, autant a-t-il quelquefois repris leur personne. » (5". Bernard, 1653, 2*' p.) « Autant qicWs s'a])prochaient de Dieu par leur intelligence, autant s'en éloi<j^naient-ils par leur orgueil. » {A'oel, 1692, r' p.) — Sans inverion : « Autant (.[ue je vois d'infirmités en Notre-Seigneur, autant je me promets