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1 ^A BONTl^. ET RTCUEUR DE DIEU.
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l'envoyé du Pcrc, qui ne fait rien que ce qu'il lui voit faire, n'ait pris les mêmes pensées.
Et sans en aller chercher d'autres preuves dans la suite de sa sainte vie. l'évangile que je vous ai proposé nous en donne une bien évidente. Mon Sauveur s'approche de Jérusalem ; et. considérant l'ingratitude extrême de ses citoyens envers lui, il se sent saisi de douleur, il laisse couler des larmes : « Ah ! si tu savais, s'écrie-t-il, ce qui t'est présenté pour la paix ! » Mais, hélas! tu es aveuglée : Sicognovisses^ ("). Oui ne voit ici les marques d'une véritable [p. 5] compassion? C'est le propre de la douleur de s'interrompre elle-même. « Ah ! si tu savais, » dit mon Maître : puis, arrêtant là son discours, plus il semble se retenir, plus il fait paraître une véritable tendresse ; ou plutôt, si nous l'entendons, ce « Si tu savais, » prononcé avec tant de transport, signifie un désir violent ; comme s'il eût dit : « Ah ! plût à Dieu que tu susses ! » C'est un désir qui le presse si fort dans le cœur, qu'il n'a pas assez de force pour l'énoncer par la bouche comme il le voudrait, et ne le peut exprimer que par un élan de pitié. Ainsi donc la voix de ton Pasteur t'invite à la pénitence, ô ingrate Jérusalem : trop heureuse, hélas ! que tes malheurs soient plaints d'une bouche si innocente, et pleures de ces yeux divins, si ton aveuglement te pouvait permettre de profiter de ses larmes. Mais comme il prévoit que tu seras insensible aux témoignages de son amour, il change ses douceurs en menaces, et : « Viendra le temps, poursuit-il, que tu seras entièrement ruinée par tes ennemis. » Pour quelle raison ? « Parce que tu n'as pas reconnu l'heure dans laquelle je t'ai visitée. » C'est la cause de leurs misères. Par où nous voyons que ce discours de mon Maître n'est pas une [p. 6] simple prophétie de leur disgrâce future. Il leur reproche le mépris qu'ils ont fait de lui ; il leur fait entendre que son affection méprisée se tournera en fureur ; que lui-même, qui daigne les plaindre, les verra périr sans être touché de pitié, et qu'il les poursuivra par les mains des soldats romains, ministres de sa vengeance.
Voilà dans le même discours le Sauveur miséricordieux et
a. Luc, XIX, 42.
le Sauveur inexorable; et c'est ce que je prétends vous faire considérer aujourd'hui avec l'assistance divine ('). Ce que mon Maître a fait une fois au sujet de Jérusalem, tous les jours il le fait à notre sujet, ingrats et aveugles que nous sommes : il invite et menace, il embrasse et rejette ; premièrement doux, après implacable. Je vous représenterai donc aujourd'hui, pour l'explication de mon texte, les larmes et les plaintes du Sauveur qui nous appellent à lui ; puis la colère du même Sauveur qui nous repousse bien loin de son trône : Jésus déplorant nos maux, à cause de sa [p. 7] propre bonté ; Jésus devenu impitoyable, à cause de l'excès de nos crimes. Écoutez premièrement la voix douce et bénigne de cet Agneau sans tache ; et après vous écouterez les terribles rugissements de ce lion victorieux, né de la tribu de Juda : c'est le sujet de cet entretien .
PREMIER POINT
Pour vous faire entendre par une doctrine solide combien est immense la miséricorde de notre Sauveur, je vous prie de considérer une vérité que je viens d'avancer tout à l'heure, et que j'ai prise de Tertullien. Ce grand homme nous a enseigné que Dieu a commencé ses ouvrages par un épanchement de sa bonté sur toutes ses créatures, et que sa première inclination, c'est de nous bienfaire. Et en vérité il me semble que sa raison est bien évidente ; car, pour bien connaître quelle est la première des inclinations, il faut choisir celle qui se trouvera la plus naturelle, d'autant que la nature est la racine de tout le reste. Or notre Dieu, chrétiens, a-t-il rien déplus naturel que cette inclination de nous enrichir par la profusion de ses grâces ? Comme une source envoie ses eaux naturellement, comme le soleil naturellement répand ses rayons, ainsi Dieu naturellement fait du bien. Étant bon, abondant, plein de richesse infinie [p. 8] par
I. lùitt.ii Sachez, ô fidèles, qu'étant, comme nous sommes, l'Isracl de Dieu et les vrais enfants de la race d'Abraham, nous héritons des promesses et des menaces de ce premier peuple. » — On n'a pas pris i^arde, rcmartiuc (landar. aux indications du manuscrit.« Bossuet n'effaçait point cette phrase, mais il la transportait à la fin du second point de son discours, où elle se retrouve, en ettct, avec (juelques changements. »
138 BONTlt ET RIGUEUR DE DIEU.
sa condition naturelle, il doit être aussi par nature bienfaisant, libéral, maoni^|quc^ Quand il te punit, 6 impie, la raison n'en est pas cii'lui inrnic ; il n(^ veut pas que personne périsse: c'est la m ilice, c'est ton ingratitude qui attire son indignation sur ta tcte. Au contraire, si nous voulons l'exciter à nous faire du bien, il n'est pas nécessaire de chercher bien loin des motifs : sa propre bonté, sa nature, d'elle-même si bienfaisante, lui est un motif très pressant, et une raison intime qui ne le quitte jamais. C'est pourquoi Tertullien dit fort à propos que « la bonté est la première, parce qu'elle est selon la nature » : Prio7' honitas, seciindum naturam ; et que la sévérité suit après, parce qu'il lui faut une cause : Scvcritas posterior, sccundtcm causam (^). Comme s'il disait : A la munificence divine, il ne lui faut point de raison, si on peut parler de la sorte; c'est la propre nature de Dieu : il n'y a que la justice qui va chercher des causes et des raisons : encore ne les cherche-t-elle pas, nous les lui donnons ; c'est nous qui fournissons par nos crimes la matière à sa juste vengeance. Par conséquent, comme dit très bien le même Tertullien, « ce que Dieu est bon, [p. 9] c'est du sien et de son propre fonds ; ce qu'il est juste, c'est du nôtre » : De smo optimns, de nostro justzts (^'). L'exercice de la bonté lui est souverainement volontaire ; celui de la justice, forcé : celuilà procède entièrement du dedans ; celui-ci, d'une cause étrangère. Or, il est évident que ce qui est naturel, intérieur, volontaire, précède toujours ce qui est étranger et contraint. Il est donc vrai, ce que j'ai touché dès l'entrée de ce discours, ce que je viens de prouver par les raisons de Tertullien, que « dans l'origine des choses. Dieu n'a pu faire paraître que de la bonté : » Deus a primordio (') tantuin bonus.
Passons outre maintenant, et disons : Le Sauveur Jésus, chrétiens, notre amour et notre espérance, notre pontife notre avocat, notre intercesseur, qu'est-il venu faire au monde ? qu'est-ce que nous en apprend le grand apôtre saint Paul (^) ? N'enseigne-t-il pas qu'il est venu pour renou-
a. Advers. Marcioii.^ II, 11. — b. De Resurr. cartt., 14. — c. Philipp.^ m, 21. M s. I. s. <il> initio.
vêler toutes choses en sa personne, pour ramener tout à la première origine, pour reprendre les premières traces de Dieu son Père, et réformer toutes les créatures selon le premier plan, la première idée de ce grand ouvrier ? C'est la doctrine de saint Paul en une infinité d'endroits de ses divines Epîtres ; et partant, n'en doutons pas, le Fils de Dieu est venu sur la terre revêtu de ces premiers sentiments de son Père : c'est-à-dire, ainsi que je l'ai exposé [p. lo] tout à l'heure, de clémence, de bonté, de charité infinie. C'est pourquoi, nous expliquant le sujet de sa mission (en saint Jean, chapitre m) :« Dieu n'a pas envoyé son Fils au monde, ditil (''), afin de juger le monde ; mais afin de sauver le monde. »
Mais n'a-t-il pas assuré, direz-vous, que son Père « avait remis tout son jugement (''') en ses mains (') ?» et ses Apôtres n'ont-ils pas prêché par toute la terre, après son ascension triomphante, que « Dieu l'avait établi juge des vivants et des morts (') ? » « Néanmoins, dit-il ('^), je ne suis pas envoyé pour juger le monde. » Tout le pouvoir de mon ambassade ne consiste qu'en une négociation de paix : et plût à Dieu que les hommes ingrats eussent voulu recevoir l'éternelle miséricorde que je leur étais venu présenter ! [e ne paraissais sur la terre que pour leur bienfaire ; mais leur malice a contraint mon Père d'attacher la qualité de juge à ma première commission. Ainsi sa première qualité est celle de Sauveur ; celle de juge est, pour ainsi dire, accessoire; et d'autant [qu'il] ne l'a acceptée que comme à regret, y étant obligé par les ordres exprès de son Père, de là vient qu'il en a réservé l'exercice à la fin des siècles ; et [en] attendant, il reçoit miséricordieusement tous ceux qui viennent à lui ; il s'offre de bon cœur à eux, pour être leur intercesseur auprès de son Père. Plnfin telle [ [). ii] est sa charge, et telle sa fonction : il n'est envoyé que pour faire miséricorde.
Et à ce propos, il me souvient d\\n [)etil mot dr saint Pierre, par lequel il dépeint fort bien le Sauveur à Cornélius
a. Joan., m, 17. -- h. Ibid.^ V, 22. — c. Act.^ X, 42. — d. Joati., Xir, 47. 1. Première rédaction effacée ; es mains de son Fils.
140 PONTl* FT RK;UF.UR DE DIEU.
(aux Actes. \) : « Ji':sus de Nazareth, dit-il, homme approuvé cl(^ l)i(Mi, qui i)as.sait hieiifaisant et guérissant tous les oppressés : » Pcytraii<iiil bcucfaciendo.et sanando ornncs oppressas a diabolo {^'). O I)i(^u! les belles paroles, et bien dignes de mon Sauv(nir! La folle éloquence du siècle, quand elle veut élev(M- quelqu(^ valeureux capitain(% dit qu'il a parcouru les provinces moins par ses pas (jue par ses victoires ('). Les panégyriques sont pleins de semblables discours. Et qu'est-ce à dire, à votre avis, parcourir les provinces par des victoires ? N'est-ce pas porter partout le carnage et la pillerie? Ah! que mon Sauveur a parcouru la Judée d'une manière plus bien aimable! Il l'a parcourue moins par ses pas que par ses bienfaits. Il allait de tous côtés guérissant les malades, consolant les misérables, instruisant les ignorants, annonçant à tous avec une fermeté invincible la parole de vie éternelle, que le Saint-Esprit lui avait mise à la bouche : Pertransiit benefacicndo. Ce n'était pas seulement les lieux où il arrêtait, qui se trouvaient mieux de sa présence : autant de pas, autant de vestiges de sa bonté. Il rendait remarquables les endroits par où il passait, parla profusion de ses grâces. En cette bourgade, il n'y a plus d'aveugles ni d'estropiés : [p. 12J sans doute, disait-on, le débonnaire Jésus a passé par là.
Et en effet, chrétiens, quelle contrée de la Palestine n'a pas expérimenté mille et mille fois sa douceur ? Et je ne dout(î pas qu'il n'eût été chercher les malheureux jusques au l)out du monde, si les ordres de son Père ne l'eussent arrêté en Judée. Vit-il jamais un misérable qu'il n'en eût pitié ? Ah ! que je suis ravi, quand je vois dans son Evangile qu'il n'entreprend presque jamais aucune guérison importante qu'il ne donne auparavant quelque marque de compassion ! Il y en [a] mille beaux endroits dans les Evangiles. La première grâce qu'il leur faisait, c'était de les plaindre en son âme avec une affection véritablement paternelle ; son cœur écoutait la voix de la misère qui l'attendrissait, et en même temps il sollicitait son bras à les soulager.
a. Act., X, 38.
I. Plin. Secund., Pa;irj^., xiv : Onn otbein ierTarinnnon pedibus magis quam laitdibus feragiarcs.
BONTÉ ET RIGUEUR DE DIEU. 14 l
Que ne ressentons [-nous] du moins, ù fidèles, quelque peu de cette tendresse ! Nous n'avons pas en nos mains ce grand et prodigieux pouvoir pour subvenir aux nécessités de nos pauvres frères ; mais Dieu et la nature ont inséré dans nos âmes je ne sais quel sentiment qui ne nous permet pas de voir souffrir nos semblables, sans y prendre part, à moins que de n'être plus hommes. Mes frères, faisons (') donc voir aux pauvres que nous sommes touchés de leurs misères, si nous n'avons dépouillé toute sorte d'humanité. Ceux qui ne leur donnent qu'à regret, que [p. 1 3] pour se délivrer de leurs importunités, ont-ils jamais pris la peine de considérer (') que c'est le Fils de Dieu qui les leur adresse; que ce serait bien souvent leur faire une double aumône, que de leur épargner la honte de nous demander; que toujours la première aumône doit venir du cœur? je veux dire, fidèles, une aumône de tendre compassion. C'est un présent qui ne s'épuise jamais; il y en a dans nos âmes un trésor immense et une source infinie; et cependant c'est le seul dont le Fils de Dieu fait état. Quand vous distribuez de l'argent ou du pain, c'est faire l'aumône au pauvre; mais quand vous accueillez le pauvre avec ce sentiment de tendresse , savez-vous ce que vous faites.'^ vous faites l'aumôneà Dieu : «J'aime, dit-il, mieux la miséricorde que le sacrifice (''). » C'est alors que votre charité donne des ailes à cette matière pesante et terrestre, et par les mains des pauvres, dans lesquelles vous la consignez, la fait monter devant Dieu comme une offrande agréable. C'est alors que vous devenez véritablement semblables au Sauveur Jésus, qui n'a pris une chair humaine qu'afin de compatir à nos infirmités avec une affection plus sensible. .
Oui certes, il est vrai, chrétiens : ce qui a fait résoudre le Fils de Dieu à se revêtir d'une chair semblable à la nôtre, c'est le dessein qu'il a eu de ressentir pour [p. i 4 | n(nis une compassion véritable; et en voici la raison, prise de. l'h^pitre aux Hébreux, dont je m'en vais tâcher de vous exposer la
a. Mat th., IX, 13.
I. Var. au nom de Uieu, faisons voir aux pauxics que leurs misères nous touchent.
Var. bon^xnt-ilhi Ijicti.
doctrine ; et rendez-[vous]. s'il vous plaît, attentifs. Si le 1^'ils de Dieu n'avait prétendu autre chose que de s'unir seulement à quekju'une de ses créatures, les intelligences célestes se présentaient, ce semble, à propos dans son voisinage, qui. à raison de leur immortalité et de leurs autres (jualités éminentes, ont sans doute plus de rapport avec la nature divine; mais, certes, il n'avait que faire de chercher dans ses créatures ni la orandeur, ni l'immortalité. Qu'est-ce qu'il y cherchait, chrétiens.'^ La misère et la compassion. C'est pourquoi, dit excellemment la savante Epître aux Hébreux : Non angclos apprehendit; sed semen Abrahœ apprehcndit (") : « Il n'a pas pris la nature angélique; mais il a voulu prendre, » servons-nous des mots de l'auteur ('), «il a voulu appréhender la nature humaine. » La belle réflexion que f^iit, à mon avis, sur ces mots le docte saint Jean Chrysostome (''). Il a, dit l'Apôtre, appréhendé la nature humaine ; elle s'enfuyait, elle ne voulait point du Sauveur : qu'a-t-il fait .Ml a couru après d'une course précipitée, « sautant les montagnes i^), » c'est-à-dire les ordres des anges, comme il est écrit aux [p. 1 5] Cantiques ; « il a couru, comme un géant, à grands pas et démesurés, » passant en un moment du ciel en la terre : Exultavit ut gigas ad curi^endam viam ('^). Là, il a atteint cette fugitive nature, il l'a saisie, il l'a appréhendée au corps et en l'âme : Semen AbraJiœ apprehendit. Il a eu pour ses frères, c'est-à-dire pour nous autres hommes, une si grande tendresse, « qu'il a voulu en tout point se rendre semblable à eux :» Debuit per omnia fratt'ibtcs similari (^). Il a vu que nous étions composés de chair et de sang : pour cela, il a pris, non un corps céleste, comme disaient les Marcionites ; non une chair fantastique et un spectre d'homme, comme assuraient les Manichéens ; quoi donc .'^ une chair tout ainsi que nous, un sang qui avait les mêmes qualités que le nôtre : Qitia pueri communicaverunt
a. Hebr., il, i6. — b. In Epist. ad Hebr., Homil. V, i. — c. Cant., n, 8. — d. Ps., xvni,6. — e. Hebr.^ ii, 17.
I. Se servir, autant que possible, des mots de P auteur, voilà la règle de Bossuet dans la traduction des Écritures. Nous avons vu en tête de ce sermon : « Du moins en ce tien jour : » et quidcm in hac die tîta.
carni et sanguini, et ipse similiter participavit (') nsdem ('*), dit le grand Apôtre aux Hébreux ; et cela pour quelle raison ? Ut misericors fieret ('^), « afin d'être miséricordieux, » poursuit le même saint Paul.
Eh quoi donc, le Fils de Dieu, dans l'éternité de sa gloire, était-il sans miséricorde? Non, certes; mais sa miséricorde n'était pas accompagnée d'une compassion effective; parce que, comme vous savez, toute véritable compassion suppose quelque douleur; et partant le Fils de Dieu, dans le sein du Père éternel, était également incapable de pâtir et de compatir: et lorsque [p. i6] l'Ecriture attribue ces sortes d'affections à la nature divine, vous n'ignorez pas [que] cette façon de parler ne peut être que figurée. C'est ce qui a obligé le Sauveur à prendre une nature (') humaine, « parce qu'il voulait ressentir une réelle et véritable pitié : » Ut misericors fieret. Si donc il voulait être touché pour nous d'une pitié réelle et véritable, il fallait qu'il prît une nature capable de ces émotions; ou bien, disons autrement, et toutefois toujours dans les mêmes principes : notre Dieu, dans la grandeur de sa majesté, avait pitié de nous comme de ses enfants et de ses ouvrages; mais depuis l'Incarnation, il a commencé à nous plaindre comme ses frères, comme ses semblables, comme des hommes tels que lui. Depuis ce temps-là, il ne nous a pas plaints seulement comme l'on voit ceux qui sont dans le port plaindre souvent les autres qu'ils voient agités sur la mer d'une furieuse tourmente; mais il nous a plaints comme ceux qui courent le même péril se plaignent les uns les autres , par une expérience sensible de leurs communes misères : enfin, l'oserai-jedire.'^ il nous a plaints, ce bon frère, comme ses compagnons de fortune, comme ayant eu à passer par les mêmes misères que nous; ayant eu, ainsi que nous, une chair sensible aux douleurs, et un sang capable de s'émouvoir, et une température de corps sujette, comme la nôtre, à toutes les [p. i 7 j incommodités de la vie et à la nécessité ()
a. Hebr.^ H, 14. — b. IbiiL, 17.