‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 4)Chapitre 113 sur 296 · Var. une chair humaine · texte numérisé non relu

Var. une chair humaine

3. I.e jeune auteur veut dire simplement à la mortalité, i'rise à la Icllrc,

âv la mort. C'est pourquoi l'Apôtre se glorifie de la grande bcnignitc de notre Pontife : « Ah ! nous n'avons pas un Pontife, dit-il ("), qui soit insensible à nos maux : » No7i Iiabcnius {Pontîjïccni, qui non possit compati infirmitatibiis nostris\ : pour quelle raison ? « Parce qu'il a passé par toute sorte d'épreuves : » Tcntalwn pcr oninia.

\'ous le savez, chrétiens : parmi toutes les personnes dont nous plaignons les disgrâces, il n'y en a point pour lesquelles nous soyons émus d'une compassion plus tendre, que celles ciue nous voyons dans les mêmes afflictions (') dont quelque fâcheuse rencontre nous a fait éprouver la rigueur. Vous perdez un bon ami ; j'en ai perdu un autrefois : dans cette rencontre d'afflictions, ma douleur et ma compassion s'en échauffera davantage ; je sais par expérience combien il est sensible de perdre un ami. Ici je vous annonce une douce consolation, ô pauvres, nécessiteux, malades, oppressés, enfin cTénéralement misérables, quels que vous soyez : Jésus, mon Pontife, n'a épargné à son corps ni les sueurs, ni les fatigues, ni la faim, ni la soif, ni les infirmités, ni la mort : il n'a épargné à son esprit ni les tristesses, ni les injures, ni les ennuis, ni les appréhensions. O Dieu! qu'il aura d'inclination de nous assister, nous qu'il voit du plus haut des cieux battus de ces mêmes orages dont il a été autrefois attaqué ! Tentatnni per oninia ! Il a tout pris jusques aux moindres choses, « tout jusques aux plus grandes infirmités, [p. i8] si vous en exceptez le ^èçhè\)> Absque peccato [^)\ encore connaît-il bien par sa propre expérience combien est grand le poids du péché ; « il a daigné porter les nôtres à la croix sur ses épaules innocentes : » Peccata nostra ipse pertulit in corpo7'e smo super ligmun (^). On dirait « qu'il s'est voulu rendre en quelque

a. Hebr.^ iv, 15. — b. Ibid. — c. I Petr.^ 11, 24.

l'expression nécessité dépasserait sa pensée; et il lui arriverait bientôt, contrairement à son habitude, de se démentir. Il écrira en effet dans le sermon de \ Exaltation de la sainte Croix (1653) : « Lui qui commande ainsi qu'il lui plaît à la santé et aux maladies, il commandera à la vie de se retirer pour un temps de son divin corps. Il ne veut pas que la nécessité naturelle ait aucune part dans sa mort, parce qu'il en réserve toute la gloire à la charité infinie qu'il a pour les hommes. » {i""^ poijtt.)

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